Nous avons expliqué, dans des articles précédents, le concept de réincarnation et de transmigration de l’âme. Cependant, il n’est pas seulement possible qu’une âme s’incarne dans un corps humain : il est également possible que l’âme s’incarne, depuis l’âme du corps humain, dans le corps d’un animal. Ce phénomène s’appelle le Maskh ; nous le trouvons mentionné dans les religions orientales, ainsi que dans le Coran et dans de nombreuses narrations des Gens de la Maison (d’eux vient la paix).
Par exemple, dans le Saint Coran, il est dit :
« Puis, lorsqu’ils furent insolents à l’égard de ce qui leur avait été interdit, Nous leur dîmes : “Soyez des singes méprisés.” »
Le Saint Coran, chapitre 7 (Al-Araf), verset 166
Il existe des versets semblables où il est dit :
« Dis : “Vous informerai-je de quelque chose de pire que cela, quant à la rétribution venant d’Allah : ceux qui ont encouru la Malédiction d’Allah et Son Courroux, ceux qu’Il a transformés en singes et en porcs, ceux qui ont adoré le Taghut ; ceux-là sont de pire rang et bien plus égarés du Droit Chemin.” »
Le Saint Coran, chapitre 5 (Al-Ma’idah), verset 60
Et vous aviez déjà connu ceux d’entre vous qui transgressèrent au sujet du sabbat, et Nous leur dîmes : « Soyez des singes méprisés. »
Le Saint Qur’ran, chapitre 2 (Al-Baqarah), verset 65
La majorité des musulmans considèrent qu’il s’agit d’une transformation littérale et instantanée, par laquelle l’être humain se métamorphose en animal sous l’effet d’une malédiction de Dieu. En réalité, cependant, cela signifie qu’ils furent punis et que, dans leur incarnation suivante, leurs âmes habitèrent des corps de singes et de porcs.
Mon père m’a rapporté, d’Ali Bin Ibrahim, de son père, d’Ismail ibn Mahran, de Mohammed ibn Al-Hassan ibn A’alan, qui a dit : « J’ai interrogé Abu Al-Hassan (PSL) au sujet des mutants ; il (PSL) dit alors :
« Il y en a douze espèces, et il y a des raisons à cela. Ainsi, quant à l’éléphant, il fut métamorphosé parce qu’il était un roi adultère, sodomite. Et l’ours fut métamorphosé parce qu’il était un homme efféminé (qui invitait d’autres hommes à lui). Et les lièvres ont été métamorphosés parce qu’elle était une femme qui trahissait son mari et qui n’avait pas coutume de se laver des menstrues ni de l’impureté sexuelle.
Et la chauve-souris fut métamorphosée parce qu’elle avait coutume de voler les dattes des gens. Et Saheyl (une créature marine) fut métamorphosé parce qu’il levait des taxes (illégalement) au Yémen. Et Al-Zohra (une créature marine) fut métamorphosée parce qu’elle était celle par qui Harout et Marout furent ensorcelés. Et quant au singe et aux porcs, c’étaient des gens des Enfants d’Israël qui transgressèrent au sujet du sabbat.
Et quant au basilic commun (lézard de mer) et au lézard (de terre), c’étaient une secte des Enfants d’Israël : lorsque le repas descendit sur Issa (PSL), ils n’y crurent pas et s’égarèrent. Ainsi une secte tomba dans la mer, et une secte sur la terre. Et quant au scorpion, c’était un homme colporteur de scandales. Et quant à la guêpe, c’était un boucher qui volait sur le poids ».
Ilal Al-Shara’i’, Al-Shaikh Al-Saduq, vol. 2, partie 6, chapitre 239, hadith 1
Nous trouvons une autre narration où l’Imam Jafar Al-Sadiq (de lui vient la paix) dit :
« …Et quant au singe, c’étaient des juifs qui avaient transgressé le sabbat ; et quant aux porcs, c’étaient des chrétiens qui avaient demandé le repas (au Prophète Jésus, PSL) et qui, après qu’il fut descendu, s’acharnèrent à le démentir. »
Ilal Al-Shara’i’, Al-Shaikh Al-Saduq, vol. 2, partie 6, chapitre 239, hadith 2
Il est un autre verset où il est dit :
« Il n’est pas d’animal (qui vive) sur la terre, ni d’être qui vole de ses ailes, qui ne forme des communautés comme vous. » (Le Saint Coran, chapitre 6 (Al-An’am), verset 38) Le Connaissant a dit : « Cela signifie que chacun des animaux qui se meuvent sur la Terre et dans le Ciel étaient des nations avant vous. »
Al-Haft Al-Shareef, Al-Mufaddel ibn Omar Al-Jofi, tel que traduit par Abdullah Hashem Aba Al-Sadiq (de lui vient la paix), Porte 24, p. 113
Nous n’avons pas seulement le concept de Maskh en islam : nous avons aussi le contexte du Naskh, du Faskh et du Raskh.
Le Raskh est la transmigration de l’âme humaine d’un humain vers un objet inanimé, tel qu’un rocher ou une pierre ; et le Faskh est la transmigration de l’âme humaine d’un humain vers une plante ou un arbre.
Un exemple de Raskh se trouve dans le Coran, où il est dit :
« Et ils disent : “Quand nous serons ossements et particules effritées, serons-nous ressuscités en une création nouvelle ?” Dis : “Soyez pierres ou fer” »
Le Saint Coran, chapitre 17 (Al-Isra), versets 49-50
C’est un exemple clair de gens qui seront pierres et fer dans leur incarnation suivante
Nous tenons également à préciser que tout animal que vous voyez n’est pas un Maskh.
L’Imam (de lui vient la paix) a aussi dit : « Lorsque l’humain s’incarne en Maskh — disons un mouton ou un chat —, lorsque l’humain s’incarne en animal, rien n’est effacé de sa mémoire : il se souvient, afin que ce soit un châtiment pour lui. »
Le But des Sages, Abdullah Hashem Aba Al-Sadiq (de lui vient la paix), Porte 26 (Le Maskh et les merveilles du règne animal), p. 323
La justice
L’une des questions que posent les non-musulmans est de savoir pourquoi l’abattage et la consommation de viande sont permis ; et la vérité est que l’abattage de l’animal est en réalité le karma qui s’accomplit sur l’âme de cet animal. L’Imam Al-Sadiq (de lui vient la paix) l’explique dans le livre Al-Haft Al-Shareef :
« Et ce qu’Allah a envoyé sur les mécréants n’est dû qu’aux péchés venus du mécréant envers le croyant : humiliations, meurtres et égorgements. Et le croyant avait retenu sa langue devant le mécréant parce qu’il ne peut se défendre ; cela fut donc rendu obligatoire au mécréant, à cause de ce qui était venu de lui auparavant : mécréance, rejet et négation de la vérité et de ses gens.
Allah le châtie donc promptement par ce que vous voyez du supplice de son esprit et de son incarnation en tout ce qui diffère de l’image humaine : vaches, moutons, chameaux, bêtes, oiseaux et insectes. Et tout ce qui a un esprit/une âme, qui piétine, qui se meut, qui est égorgé et tué, et tout ce qui est monté et terrible, sont Maskh et Naskh.
Ce qui en est mangé est Naskh, et ce qui n’en est pas mangé est Maskh. Le châtiment s’est abattu sur lui, et une grande honte, comme il a été dit plus haut, telle que ce qu’il a éprouvé dans le Naskh : être égorgé et mangé ; et tout cela est justice de la part d’Allah le Tout-Puissant, car Allah a dit :
« Et en vérité Nous leur ferons goûter le châtiment le plus proche. » (Le Saint Coran, chapitre 32 (Al-Sajdah), verset 21)
C’est-à-dire les esprits/âmes des mécréants qui rejettent la vérité et ses gens. C’est l’achèvement de leur mécréance, lorsque Allah ôte leurs âmes/esprits des corps dans lesquels vous les voyez et les place dans les corps dégénérés du Maskh, selon les paroles d’Allah :
« Ô homme ! Qu’est-ce qui t’a trompé loin de ton Seigneur, le Tout-Miséricordieux ? Celui qui t’a créé, puis modelé, puis rendu harmonieux ? Il t’a placé dans la forme qu’Il a voulue. Mais non ! Vous niez plutôt ce qui est votre religion ! » (Le Saint Coran, chapitre 82 (Al-Infitar), versets 6-9)
La religion est le Prince des Croyants. »
Al-Haft Al-Shareef, Al-Mufaddel ibn Omar Al-Jofi, traduit par Abdullah Hashem Aba Al-Sadiq (de lui vient la paix), Porte 24, p. 113
Et dans Le But des Sages, Aba Al Sadiq a dit à l’Imam (de lui vient la paix) :
« Il y a un médecin chiite qui est un représentant de Sistani au Pakistan. Il dit qu’il a une question qu’il se pose depuis très longtemps, et que personne n’a pu y répondre de façon satisfaisante. La question est : pourquoi Dieu a-t-Il besoin que nous égorgions et sacrifiions des animaux pour Lui ? »
L’Imam (de lui vient la paix) dit : « Je vais répondre à cette question. La raison en est que ces animaux étaient autrefois des êtres humains. Et ils étaient mécréants en Dieu, et Dieu les a transformés en Maskh, les changeant en animaux tels que moutons, vaches, veaux et autres. Et les égorger en sacrifice à Dieu est une vengeance contre eux au nom du Grand Vengeur, et, d’un autre côté, c’est une grande miséricorde envers eux. L’égorgement lave ses péchés au nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux, et le croyant se rapproche de Dieu par cet acte. Et vous trouvez bien des fois l’animal dans un état de soumission durant l’égorgement, en particulier le mouton : lorsque vous placez le couteau sur sa gorge, il se soumet, parce qu’il sait que l’heure du jugement est venue ; et toutes les louanges sont à Dieu, Seigneur des Mondes. »
Le But des Sages, Abdullah Hashem Aba Al-Sadiq (de lui vient la paix), Porte 26 (Le Maskh et les merveilles du règne animal), p. 322
Il existe une autre raison pour laquelle un être humain se réincarnerait en animal.
Dans l’épisode intitulé « Dieu transforme-t-Il les gens en animaux ? », Aba Al-Sadiq (de lui vient la paix) a dit :
« Vous vous incarnerez en animal parce que vos actes et votre vie, telle qu’elle a été vécue en tant qu’être humain, ne vous demandent plus d’avoir un corps humain pour accomplir ce que vous tenez à accomplir. Ainsi, par exemple, si vous avez une personne qui n’est qu’un tueur de masse, qui veut tuer tout le temps, ou une personne qui veut seulement manger tout le temps, eh bien vous n’avez pas besoin d’un corps humain pour accomplir cela. Les corps humains étaient destinés à l’élévation spirituelle. Donc si vous n’allez pas vous servir de votre corps pour l’élévation spirituelle et que vous allez seulement vous en servir pour accomplir des plaisirs terrestres ou corporels, eh bien vous pouvez le faire ; Dieu estime que vous pouvez le faire avec un autre type de corps, un autre type de corps qui pourrait d’ailleurs vous convenir davantage pour atteindre vos objectifs. Car manifestement l’intellect ne vous intéresse pas, l’esprit ne vous intéresse pas, et seuls vous intéressent les désirs vils et les choses de cette nature ; vous pouvez donc faire cela. Vous pouvez manger autant que vous voulez, par exemple, dans le corps d’un porc, ou vous pouvez tuer autant que vous voulez dans le corps d’un lion, et ainsi de suite. »