Aba Al-Sadiq13 min de lecture

Abdullah Hashem a-t-il fondé une secte ?

Texte lu en français

Qu’est-ce qu’une secte, et comment déterminer si les membres de la communauté d’Abdullah Hashem sont les membres d’une secte ?

Par Ailia Muhammad · Traduit de l’anglais

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Qu’est-ce que la religion, au fond ?

À sa racine, c’est une histoire. L’histoire d’un homme, d’un message et d’une mission. C’est la semence d’un peuple qui choisit de vivre autrement. Et avant de devenir cathédrales, mosquées, Écritures ou traditions, elle commence par un groupe souvent incompris. Marginal. Radical. Sectaire.

Pour comprendre notre présent — et notre avenir —, il nous faut revenir sur la façon dont naissent les religions, sur la façon dont on définit les sectes, et sur les raisons pour lesquelles les étiquettes que nous employons comptent plus que nous ne le croyons.

Comprendre les origines de la religion

Toutes les religions de l’histoire ont commencé par une confrontation — avec le récit dominant, avec le pouvoir, avec les normes admises. Cela a souvent commencé par un homme affirmant être envoyé par Dieu et demandant aux gens de le suivre.

Jésus et ses disciples n’appartenaient pas au courant dominant. Ils furent tournés en dérision, traqués et finalement martyrisés. Pourtant, le christianisme est aujourd’hui la plus grande religion du monde. Son commencement même relevait, selon les définitions modernes, de la « secte ». Ce n’est pas une anomalie : c’est un schéma.

Avant que les cathédrales ne s’élèvent et que les croix ne couronnent les horizons, le christianisme a commencé comme un groupe marginal. Une poignée de fidèles juifs du Ier siècle rompirent avec le courant religieux et politique dominant de leur temps. Ils obéirent aux enseignements d’un homme — Jésus de Nazareth — qui affirmait être envoyé par Dieu. Ils le suivirent non pour un bénéfice social ou pour leur sécurité, mais en dépit de la persécution. Rome voyait en eux une menace. Les autorités juives les tenaient pour des hérétiques. La société les jugeait dangereux.

Ils vivaient en communauté. Ils partageaient leurs ressources. Ils endurèrent le ridicule, l’emprisonnement et jusqu’à la mort. On les traita de fous, de traîtres, de rebelles — de sectaires. Et pourtant, ils ont fait naître l’une des plus grandes religions du monde.

Alors ils soudoyèrent des hommes pour dire : « Nous l’avons entendu proférer des paroles blasphématoires contre Moïse et contre Dieu. » Ils émurent le peuple, les anciens et les scribes. Ils se saisirent d’Étienne et l’amenèrent devant le sanhédrin. Ils produisirent de faux témoins, qui déclarèrent : « Cet homme ne cesse de proférer des paroles contre ce lieu saint et contre la loi. »Actes 6:11-13

Ce n’est pas une exception. C’est la règle. Toute religion véritable, à ses débuts, est non conforme. Elle dérange l’ordre établi. Elle appelle les gens à l’obéissance — non à une institution, mais à un messager. Toujours un homme. Toujours controversé. Toujours incompris.

Et tout véritable messager de Dieu a autre chose en commun : une désignation divine qui rend l’obéissance nécessaire.

Les sectes : un terme chargé, lesté d’histoire

Le mot « secte » est aujourd’hui surtout employé de façon péjorative, dépouillé de sa précision universitaire. On l’applique sans discernement à des mouvements politiques, à des communautés de fans de célébrités comme à des groupes religieux. Mais, sociologiquement, une secte est simplement un nouveau mouvement religieux (NMR) qui n’a pas encore acquis une acceptation majoritaire.

Historiquement, ces groupes ont été décisifs dans la formation des cadres moraux sur lesquels nous nous appuyons aujourd’hui. Des premiers chrétiens aux chefs religieux révolutionnaires, beaucoup ont commencé comme des « sectes » aux yeux de leurs contemporains.

La tragédie, c’est que qualifier un groupe de secte revient souvent à lui dénier toute capacité d’agir, à le diaboliser avant de le comprendre. Nous devons nous demander : le point de vue du profane suffit-il à juger de ce qui est une secte et de ce qui est une religion ? Sinon, quels critères devons-nous employer ?

Qu’ont en commun David Koresh, Taylor Swift et Donald Trump ? Si vous interrogez les médias, tous suscitent une dévotion de type sectaire. Des Davidiens à QAnon jusqu’aux foules de fans qui scandent des paroles de chansons en concert, le terme « secte » s’est bien éloigné de ses racines universitaires — pour entrer dans un registre de suspicion, de moquerie et de peur.

Mais qu’est-ce exactement qu’une secte, et quand cesse-t-on d’en être une ? L’étiquette porte-t-elle sur le danger — ou simplement sur le fait d’être différent ? Pour y répondre, il nous faut creuser en profondeur, non seulement dans les mouvements contemporains, mais dans l’histoire elle-même.

Avant d’assimiler tout groupe nouveau à un danger, examinons l’éventail de ce que l’on appelle aujourd’hui une « secte ».

Voyons quelques exemples :

● David Koresh et les Davidiens : une secte isolée dont l’histoire s’est achevée par un affrontement tragique à Waco, au Texas.

● QAnon : un mouvement politique avec une figure « messianique », un langage codé et une profonde défiance envers les institutions.

● Les « Swifties » : les fans de Taylor Swift, qui bâtissent une identité, des rituels et une communauté autour de la vie et de l’œuvre d’une vedette de la pop.

Comparez maintenant avec :

● Jésus et ses disciples : un groupe accusé de blasphème et de rébellion politique, persécuté pour avoir affirmé obéir à un homme qui se disait envoyé par Dieu.

Ces exemples sont-ils vraiment équivalents ?

Nouveaux mouvements religieux contre sectes destructrices

Les sociologues classent les groupes marginaux selon un système plus fin :

1. Nouveaux mouvements religieux (NMR) : souvent récents, petits et hors du courant dominant. Ils peuvent reposer sur des révélations nouvelles ou sur des relectures de révélations plus anciennes.

2. Sectes destructrices : des groupes qui recourent à la contrainte, étouffent la contestation, isolent leurs membres et s’organisent autour d’un contrôle autoritaire.

3. Religions établies : des mouvements jadis rebelles qui, avec le temps, deviennent des institutions.

La clé n’est pas le nombre. C’est l’éthique, la structure et la transparence.

On suppose souvent que les comportements dangereux sont le propre des groupes marginaux. Mais est-ce vrai ?

Aujourd’hui, de nombreux chrétiens et musulmans du courant dominant réagissent avec une hostilité violente à Abdullah Hashem Aba Al-Sadiq, le Qaim et guide spirituel de la Religion Ahmadie de la Paix et de la Lumière. Ils envoient des messages haineux, répandent des mensonges, incitent à la violence — et prétendent pourtant suivre Jésus et Mohammed. Leurs attaques ne sont souvent pas spontanées, mais alimentées par des savants : les clercs et les prédicateurs qui détiennent une autorité religieuse. Ces prétendus représentants de Dieu non seulement s’abstiennent de condamner ces actes, mais les encouragent souvent, directement ou indirectement.

Et nous demandons donc : n’est-ce pas là un comportement sectaire ? Haïr un homme qu’ils n’ont jamais rencontré, sans aucun argument raisonnable, simplement parce que leurs chefs le leur ont dit — c’est la définition même de l’obéissance aveugle et dogmatique. Cela reproduit exactement les dynamiques sectaires qu’ils reprochent aux autres. La différence, c’est que leur nombre les protège de l’étiquette.

Au cœur de toute foi authentique, il y a une affirmation : un messager a été envoyé par Dieu. Cela nous amène à la différence décisive — la notion de désignation divine.

De Moïse à Jésus et à Mohammed, aucun prophète n’a surgi sans avoir été désigné. Ce n’étaient pas des mystiques autoproclamés : ils furent nommés et annoncés par leurs prédécesseurs. Moïse nomma Josué. Jésus annonça le Paraclet. Le prophète Mohammed laissa des instructions claires au sujet de ses successeurs.

C’est ainsi que les croyants reconnaissent l’authenticité : non par le charisme, mais par un testament écrit, une prophétie et une désignation divine.

Jésus a dit, dans l’Évangile de Jean :

« Quand sera venu le Consolateur, que je vous enverrai de la part du Père… il rendra témoignage de moi. »Bible, livre de Jean, chapitre 15, verset 26

Ce Consolateur, ou Paraclet, était une figure à venir après Jésus — envoyée, et non autoproclamée.

C’est la tradition dont nous héritons dans la Religion Ahmadie de la Paix et de la Lumière. Nous croyons en l’Imam Ahmed Al-Hassan, dont l’apparition en 2011 a été découverte par Abdullah Hashem Aba Al-Sadiq — notre maître et guide, qui ne s’est jamais proclamé autre chose que témoin de cette désignation divine.

Obéissance et désignation divine

L’obéissance est un mot tabou dans la vie moderne. Mais dans toutes les traditions religieuses, elle est l’essence de la foi. Noé appela son peuple à obéir. Moïse aussi. Jésus aussi. Mohammed aussi. Non parce qu’ils étaient des tyrans, mais parce qu’ils étaient des messagers de Dieu — et que leurs paroles n’étaient pas les leurs.

« Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, et tu observeras toujours ses prescriptions, ses lois, ses ordonnances et ses commandements. »Deutéronome 11:1

Mais comment savoir qu’un messager vient vraiment de Dieu ?

La réponse est à la fois spirituelle et structurelle. Elle réside dans la notion de désignation divine — l’idée qu’un messager n’est pas autoproclamé, mais choisi par Dieu et nommé par un prédécesseur. Dans le judaïsme, les prophètes validaient souvent ceux qui venaient après eux. Dans le christianisme, Jésus a déclaré que Jean-Baptiste était le précurseur. En islam, le prophète Mohammed a décrit la lignée des successeurs issus de sa famille.

Aucune foi légitime ne naît dans le vide. Le schéma est toujours le même : celui qui est envoyé par Dieu est annoncé, connu et reconnu par ceux qui ont des yeux pour voir. Et c’est pourquoi cet homme doit être obéi, afin que nous obéissions au Dieu qui l’a envoyé.

Sectes et religions nouvelles : les différences décisives

Revenons maintenant à la comparaison. Les sociologues identifient plusieurs signes qui caractérisent généralement les sectes destructrices : l’étouffement des questions, la censure des informations extérieures, la manipulation émotionnelle et le contrôle autoritaire. Comparons cela à notre propre mouvement.

L’appel de l’Imam Mahdi a commencé il y a un peu plus d’une décennie avec Abdullah Hashem, connu sous le nom d’Aba Al-Sadiq. Ce qui le distingue des chefs de secte n’est pas seulement ce qu’il enseigne, mais la manière dont il l’enseigne.

Il est transparent. Il accueille le questionnement sincère. Chaque jour, Aba Al-Sadiq reçoit une multitude de questions auxquelles il répond, non seulement de la part des croyants de cette religion, mais aussi de chercheurs de vérité sincères et de personnes qui voient en lui une source de guidance spirituelle, bien qu’elles n’aient pas encore prêté allégeance. Il insiste pour qu’aucun livre, article ou vidéo ne soit interdit. Ses fidèles sont encouragés à explorer, à lire des textes critiques, à poser les questions les plus difficiles. Quant à la censure, il n’y a pas de livres interdits dans notre religion. Il n’y a aucun contrôle de l’information — car la vérité ne craint pas l’examen.

Selon les mots d’Aba Al-Sadiq…

« Et nous croyons donc que ce n’est pas parce qu’il existe des manuscrits, des écrits historiques, que le corps principal des chrétiens a écartés, ou qu’il ne reconnaît pas, ou qu’il n’admet pas, que ceux-ci sont faux. Et nous, en tant que croyants, avons l’obligation de ne jamais nier quoi que ce soit que nous entendons attribuer à un prophète, à un messager, à un Imam ou à un guide venu de Dieu, tant que nous n’en avons pas lu le contexte et le contenu ; à moins que cela n’aille manifestement à l’encontre de quelque chose que nous savons être vrai, nous ne pouvons pas le nier. »

Les sectes sont anti-transparence. Elles isolent, censurent et manipulent. Nous faisons exactement l’inverse. Aba Al-Sadiq encourage la conversation ouverte, le questionnement critique, et insiste pour qu’aucun livre ni aucune idée ne soit interdit. Nous sommes prêts à tout lire, y compris les critiques de nos propres croyances. Car la vérité, enseigne-t-il, ne brille que plus fort sous l’examen. Cela seul devrait nous disqualifier de l’étiquette de secte destructrice.

La désignation divine n’est pas archaïque. Elle demeure le fondement de nombreux États religieux aujourd’hui :

● Royaume-Uni : la légitimité de la monarchie est fondée sur le droit divin.

● Le Vatican : un État gouverné par un pape divinement désigné.

Nous croyons que notre État à venir n’est pas différent — sinon qu’il commence comme une communauté d’égaux, liés par la foi dans le divin et par le service mutuel.

Le but de notre communauté n’est pas seulement de croire. Il est de bâtir un type nouveau de société : un État Juste Divin. Cet État repose sur des principes énoncés dans toutes les traditions sacrées :

● Une richesse répartie équitablement

● La liberté religieuse garantie

● L’inclusion comme un droit, non comme un privilège

● Le droit de se retirer respecté

● Les besoins humains — logement, nourriture, santé — comme des droits sacrés

Mais cela commence en nous — dans notre manière de vivre dès maintenant, dans notre communauté, avec une responsabilité partagée et un amour mutuel. Nous travaillons, mangeons, pleurons et grandissons ensemble. Nous sommes médecins, ingénieurs, étudiants et artistes. Nous avons quitté des vies confortables non par peur, mais par conviction. Nous ne sommes pas des prisonniers. Nous sommes des personnes libres qui ont choisi ce chemin.

La communauté sectaire d’Abdullah Hashem à Crewe

J’ai été autrefois une musulmane chiite du Pakistan. Je me suis installée au Royaume-Uni. J’ai étudié, j’ai vécu librement — mais quelque chose en moi faisait mal. Quand j’ai découvert ce mouvement, j’ai trouvé la vérité. J’ai trouvé la paix.

En 2011, l’apparition de l’Imam Ahmed Al-Hassan — le sauveur annoncé — fut découverte par Aba Al-Sadiq. Cette découverte produisit une onde de choc parmi un groupe dispersé de chercheurs du monde entier, nous rassemblant en Égypte.

J’avais 18 ans quand j’ai quitté tout ce que je connaissais. J’avais grandi chiite duodécimaine au Pakistan, puis j’étais partie au Royaume-Uni avec ma famille. J’avais la liberté, l’éducation, le confort — mais pas la paix. Alors je suis partie.

En Égypte, nous avons vécu comme les tout premiers disciples de Jésus — partageant la nourriture, le toit et les larmes. Nous sommes devenus une famille. Nous sommes devenus le reflet de l’esprit d’Abdullah Hashem. D’Égypte, nous sommes allés en Allemagne, puis en Suède, et enfin à notre propre siège, ici, au Royaume-Uni.

Nous avons grandi. Et nous sommes restés libres. Libres de partir. Libres de rester. Libres de croire ou non.

Nous sommes médecins, ingénieurs, artistes, étudiants. Nous n’avons pas perdu le contrôle de nos vies : nous l’avons repris, pour vivre selon la guidance divine.

Alors, que sommes-nous ? Sommes-nous une secte simplement parce que nous sommes peu nombreux ? Le fait est que des dizaines de milliers de personnes à travers le monde se reconnaissent comme membres de notre religion.

Parce que nous sommes nouveaux ? Notre existence repose sur des prophéties millénaires.

Parce que nous suivons un homme que nous croyons désigné par Dieu ? Mais tous les prophètes et messagers n’ont-ils pas été désignés par Dieu ?

Ou bien sommes-nous — comme les chrétiens du Ier siècle, ou les musulmans de l’Arabie du VIIe siècle — le commencement de quelque chose de sacré ?

Nous croyons en l’Éden. Au Royaume de Dieu. À la promesse faite par Jésus, accomplie à travers une chaîne de messagers qui parvient jusqu’à notre temps. Nous croyons être la continuation d’un schéma divin, et non l’invention d’un homme charismatique.

Aba Al-Sadiq ne s’est pas proclamé lui-même. Il a été désigné. Il a été nommé. Tout comme Moïse nomma Josué, comme Jésus annonça le Paraclet, et comme Mohammed laissa une guidance à travers les noms de sa famille.

C’est ainsi qu’a commencé toute religion véritable.

Ce n’est pas une communauté fermée. Nos portes sont ouvertes. Nos livres sont ouverts. Notre guide est accessible. Si vous voulez savoir qui nous sommes, venez voir.

Posez-nous des questions. Contestez nos croyances. Parlez avec Aba Al-Sadiq lui-même. Nous ne demandons pas une foi aveugle : nous demandons un engagement sincère. Car nous croyons que la vérité est comme la lumière : elle ne fait que gagner en force lorsqu’on l’expose.