Le Taqlid est un système de croyance que l’on trouve en islam. Dans l’islam chiite duodécimain, il est considéré par beaucoup comme obligatoire pour les suivants d’imiter les savants et de leur obéir en toute chose.
C’est un système de croyance qui s’est formé au cœur même de l’islam chiite duodécimain. À part une minorité qui ne s’y conforme pas, les millions de chiites du monde entier s’appuient sur ce système pour comprendre comment vivre dans chaque aspect — depuis l’acquisition de la connaissance religieuse jusqu’à savoir même comment se saluer les uns les autres, et ce qui est permis ou non.
Les chiites duodécimains se sont soumis à cette innovation consistant à laisser leurs savants et leurs jurisconsultes prendre le contrôle de leur religion-ils leur ont donné l’autorité sur leurs biens, leurs jugements et leur vie même. Ils font cela sous le couvert de l’adoration de Dieu, croyant que ces savants sont les représentants de leur Imam Mahdi (PSL et sa famille).
Cependant, comme nous allons le disséquer plus loin, ce système est une innovation absolue.
Les successeurs après le prophète Mohammed (PSL et sa famille)
Après la disparition du prophète Mohammed (PSL et sa famille), le véritable successeur et vice-gérant qu’il avait désigné était l’Imam Ali Ibn Abi Talib. Toute sa vie, il avait exhorté la nation musulmane à se tourner vers l’Imam Ali (PSL) comme vers un phare de guidance. Un événement précis, connu comme l’événement de Ghadir Khum, donna à l’Imam Ali le statut indéniable de Gardien des musulmans après le prophète Mohammed (PSL et sa famille). Cependant, comme l’histoire l’a montré maintes et maintes fois, peu furent loyaux à la position de leur Gardien, et finalement beaucoup le trahirent.
Le Testament du prophète Mohammed (PSL et sa famille), tel qu’on peut le lire dans le livre Ghaybat Al Toosi, mentionne, nom par nom, chaque fils qui viendrait de la lignée d’Ali ibn Abi Talib pour les générations suivantes. Il mentionne les Imams nobles et justes qui ont guidé et assuré la sauvegarde de la véritable religion de Mohammed (PSL et sa famille), préservant la vérité malgré une oppression et des abus sévères.
Ces hommes infaillibles tenaient un rôle divin, tel que désigné par Dieu Lui-même. Être les gardiens absolus du peuple, avec l’autorité et la capacité d’assurer la justice dans la société.
C’est après la disparition du Douzième Imam, l’Imam Mohammed Al-Mahdi (PSL et sa famille), que les loups des ténèbres dressèrent leurs vilaines têtes.
Plutôt que de continuer à maintenir l’autorité de leur Imam et de mener des vies humaines de décence et de moralité, on présenta aux gens d’autres idées. Des idées innovantes – des concepts qui s’écartaient grandement des directives du Prophète. On les convainquit qu’il fallait faire quelque chose de nouveau.
C’est bien des années après l’entrée de l’Imam en occultation que diverses écoles de pensée commencèrent à apparaître, qui propagèrent l’idée, encore et encore, que la population chiite générale devait commencer à suivre les jurisconsultes comme chefs, gardiens et législateurs. Le degré d’insistance envers cette manière de penser grandit avec le temps.
L’introduction de l’« Ijtihad » dans l’islam chiite duodécimain
Les chiites de l’ère post-occultation se retrouvèrent à débattre avec les sunnites et, en tentant de les vaincre dans le débat, ils finirent par adopter des techniques qui n’avaient pas été introduites par Mohammed ni par la Famille de Mohammed.
C’est Allama Al-Hilli qui apporta véritablement à l’école de pensée chiite une manière absolue de voir le concept de Taqlid, en déclarant que la raison et la révélation divine sont toutes deux au même niveau l’une que l’autre. Il garantit que le juriste peut enseigner aux gens aussi bien les principes de la théologie que ceux de la jurisprudence.
Il décida qu’un savant pouvait user de son propre raisonnement — un processus appelé Ijtihad — et devenir ainsi un « Mujtahid », ou celui qui doit être suivi par d’autres moins instruits, puisqu’il peut prétendument mieux user de son propre raisonnement, spécifiquement en matière religieuse.
Il établit que suivre le Mujtahid dans sa religion est obligatoire. Afin de réussir dans le débat religieux en usant des outils du sunnisme, il introduisit des aspects de ce qu’on appelle la théologie rationnelle, et établit le système d’analyse des hadiths pour les écoles de l’islam chiite.
Ces événements à travers l’histoire sont l’œuvre d’étudiants faillibles du hadith. Il est étrange de noter que les actes de ces hommes étaient fondés sur leurs propres compréhensions, avec peu ou aucun signe clair d’un commandement direct des paroles de Dieu Lui-même, ni dans Son livre — le Coran — ni de Ses infaillibles élus.
Dans le monde d’aujourd’hui, le Taqlid est devenu un fondement systématique et structuré qui est au centre de la foi duodécimaine. Mais c’est une innovation avouée.
Et ainsi s’éleva une idée nouvelle, quelque chose de complètement différent de ce que le messager d’Allah avait apporté aux gens. C’était le Taqlid, l’imitation — mais non de leurs Imams infaillibles. C’était le Taqlid des savants.
Les savants ont un rôle important dans la société. Mais ce rôle n’a jamais été conçu comme une forme de direction par les Ahlul-Bayt (d’eux vient la paix), ni, en vérité, par aucun des enseignements d’aucune des religions de Dieu. De fait, ils ont des devoirs, mais ces devoirs furent lentement éclipsés par d’autres intentions. Comme l’a mentionné notre Imam Ahmed Al-Hassan (de lui vient la paix) :
« D’un autre côté, il y a le Samaritain (savant qui n’œuvre pas) qui essaie toujours de faire s’égarer la loi du Prophète d’Allah. Il n’essaie pas de promouvoir la vertu et d’empêcher le mal, ni le jihad pour l’amour d’Allah par la langue, ou par la main, si possible… »
Le Veau, Imam Ahmed Al-Hassan (de lui vient la paix), vol. 1, p. 5
Le Taqlid — sens et définition
La propagation d’une direction imposée au peuple, en le convainquant de se soumettre aveuglément à des opinions faillibles, devint de plus en plus sinistre, et s’enracina dans la société chiite.
Elle fit naître le prétendu fait que s’y soumettre était obligatoire. Eux, les savants, trouvaient des moyens d’insinuer que, sans imiter un savant, la prière et le jeûne du musulman, ou en vérité tout acte d’adoration accompli, ne seraient pas considérés comme acceptables par le Créateur tout-puissant. Cependant, il n’existe absolument aucune preuve scripturaire du prophète Mohammed (PSL et sa famille) ni de ses Ahlul-Bayt (d’eux vient la paix) pour étayer cette prétention.
C’était un concept nouveau, qui n’a jamais été encouragé par les Ahlul-Bayt (d’eux vient la paix). L’imitation a toujours été envers les vice-gérants de Dieu divinement désignés.
Avoir un messager divin, ou un prophète venu de Dieu, qui guiderait les gens vers la guidance et agirait comme un chef pour eux, est un système que Dieu a commencé dès le début de l’humanité avec la création d’Adam PSL.
Mais ce Taqlid était une nouvelle forme de prétendue adoration de Dieu — suivre des hommes faillibles, simplement parce qu’ils avaient acquis quelque compréhension de la religion par les textes et l’Écriture. Leur accorder une autorité complète sur le peuple.
Et cette forme de suivi va plus loin que simplement prendre conseil ou apprendre — les jurisconsultes de l’islam sont prétendument capables de tenir bien d’autres positions d’autorité.
Le savant Haeiri, dans son livre « Al Risala », a défini le Taqlid comme :
« Dans sa forme linguistique, la racine du mot Taqlid est “Qaladah”. C’est le collier porté au cou, tout comme lorsqu’une corde est attachée au cou d’un animal. De cette manière, les gens ignorants mettent le collier du Mujtahid autour de leur cou et le suivent en conséquence, et ne peuvent aller contre sa volonté. Dans son usage général, le Taqlid est l’adoption des déclarations d’un Mujtahid et d’agir selon elles sans demander aucune preuve. »
Ils admettent de leur propre langue combien les gens sont en degré inférieurs aux jurisconsultes, et doivent leur obéir.
Nous voyons cette étrange dévotion dans le comportement des chiites duodécimains envers leurs savants, leur accordant des titres tels que « Marja At-Taqlid », qui se traduit littéralement par « objet d’imitation ».
À notre époque, le titre dont ils se sont jugés dignes est « Ayatullah », signifiant littéralement un signe de Dieu.
N’est-il pas de bon sens de croire que les signes de Dieu sont Ses élus, Ses prophètes, messagers et Imams, et non de simples hommes faillibles qui ont acquis quelque connaissance ?
Les deux grands établissements du Taqlid aujourd’hui se partagent entre Sistani, le prétendu Grand Ayatullah, qui est considéré comme le plus instruit et le plus savant, et Khamenei, le successeur de Khumayni en Iran. Bien qu’il y ait aussi beaucoup d’autres savants que les chiites duodécimains suivent comme Mujtahids également.
Le fait est qu’il y a tant de prétendus Ayatullahs différents, et qu’ils ont rendu incombant aux gens d’être suivis. C’est désormais un faux principe de la théologie chiite duodécimaine que, pour être accepté par Dieu et agréé de Lui, il faut se choisir un Mujtahid, à suivre et auquel se soumettre.
Les implications de cela sont très grandes. Elles permettent à ces hommes de manipuler les mécanismes de la société comme ils l’entendent.
Et malgré leur prétendue tutelle à la fois sur le peuple et sur la religion, les conditions de la société, en particulier en Irak et en Iran à majorité chiite, sont loin d’être prospères ou progressistes.
Comment choisir votre savant selon le Mujtahid
Comment le chiite duodécimain choisit-il le savant qu’il va imiter ?
Même ici, les règles sont ambiguës, mais on leur dit de suivre « le plus savant ». Cependant, d’autres disent que cela à lui seul n’est pas un critère nécessaire.
Par exemple, Khamenei, le prétendu Guide suprême de l’Iran, a l’une des plus grandes suites de la communauté chiite aujourd’hui, en particulier à cause de sa prétendue représentation de l’Imam Mahdi (PSL et sa famille) et de la manière dont il gouverne une nation à majorité chiite.
Cependant, il est aussi largement admis qu’il n’est pas le savant le plus instruit, et que d’autres sont plus expérimentés dans le domaine de la jurisprudence. C’est sa position politique et son statut glorifié, en particulier parce qu’il est tenu pour le successeur de Khumayni, qui a établi la République islamique d’Iran, qui le promeuvent aux yeux des gens.
En dehors d’eux, il y a beaucoup d’autres savants que les chiites duodécimains peuvent choisir comme autorité sur les décisions de leur vie. Même pour prendre cette décision, ils sont censés être conduits par des experts supérieurs du domaine.
Parmi les savants populaires qui ont revendiqué le droit d’être des autorités sur le peuple figurent : Sayyid Mohammad Alavi Ali Hosseini Gorgani, Sayyid Mohammad Jawad Alavi Borojerdi, Sayyid Hashem Bathaei Golpayegani et Sayyid Ali Mohammad Dastgheib Shirazi — parmi beaucoup d’autres.
L’Ijtihad – l’arme innovée
Nous en venons aux implications que ce système a sur le monde d’aujourd’hui et à l’étendue réelle du contrôle qu’il détient.
En d’autres termes, quels droits la société chiite duodécimaine accorde-t-elle à ses Marjas ? Un Marja, ou jurisconsulte, peut :
- Régir les questions gouvernementales et s’engager en politique
- Rendre des verdicts auxquels ses suivants particuliers doivent se soumettre
- Agir comme juriste et fixer les lois de la Sharia sur la base de ses propres conclusions
- Changer les lois selon l’époque et la convenance
- Accepter le Khums (l’aumône obligatoire pour les chiites) – de fait, il est communément cru que le Khums ne peut être donné qu’à eux ou à ceux qu’ils autorisent à le recevoir
- Distribuer le Khums comme ils l’entendent
Il est évident que l’émergence de cette tolérance nouvellement acceptée envers une société gouvernée par des jurisconsultes religieux ne se voyait nulle part durant la vie des saints Ahlul-Bayt et Imams.
Et la raison en est évidente — que ces devoirs sont censés être accomplis par un messager infaillible du Créateur tout-puissant. Quelqu’un qu’Il a Lui-même désigné. L’idée qu’un savant faillible accomplisse ces grands devoirs est complètement illogique.
Au fil du temps, les savants décidèrent que leur connaissance prétendument supérieure leur avait permis de résoudre toute question exigeant une résolution divine au moyen d’un outil défectueux — ils useraient de leur propre raisonnement pour établir des jugements. Cela s’appelle Ijtihad.
L’Ijtihad est entré dans le monde chiite bien après le saint prophète Mohammed (PSL et sa famille) et, en vérité, après la disparition de l’Imam Mohammed Al-Mahdi. C’est un outil adopté qui est employé depuis des siècles par différents savants pour parvenir à ce qui est considéré, prétendument, comme des verdicts logiques et raisonnables (Fatawa).
La méthode consistant à user de l’Ijtihad (le raisonnement) pour formuler de nouvelles lois et de nouveaux jugements était, de fait, un outil que les sunnites employaient durant leurs débats avec les chiites, comme nous l’avons mentionné plus haut. Plutôt que de simplement s’en tenir fermement aux traditions des Ahlul-Bayt, des savants chiites comme Mufid et Hilli choisirent au contraire d’adopter ces outils dans leur système. De fait, comme mentionné plus haut, Hilli alla jusqu’à faire la prétention injuste qu’user du raisonnement logique pour conclure une décision en religion est tout aussi valide que la révélation divine qui serait inspirée aux Prophètes, Messagers et Imams (PSE).
Cela a lentement conduit à une religion formée d’hommes usant de leur propre compréhension, à la place d’une Écriture authentifiée ou d’une révélation à un Vice-gérant divinement désigné.
Pourtant, ils tentent de prouver que ces outils de raisonnement et d’analogie ont été garantis par les Ahlul-Bayt.
Fait intéressant, les Ahlul-Bayt eux-mêmes nous ont avertis dans leurs traditions contre cette innovation des temps de la fin, qui doit être rejetée :
L’Imam Ali (de lui vient la paix) a dit : « Et lui (l’Imam Mahdi) tirera vengeance de ceux qui émettent des Fatwas en religion sur ce qu’ils ne savent pas ; malheur donc à eux et à leurs suivants ; la religion était-elle incomplète et l’ont-ils complétée ? Ou était-elle tordue et l’ont-ils redressée ? Ou les gens étaient-ils sur le point de s’y opposer et s’y sont-ils accordés ? Ou les a-t-elle forcés à pratiquer la justice et ont-ils péché contre elle ? »
Ilzam Al-Nasib fi Ithbat Al-Hujjah Al-Gha’eb, Ali Al-Ha’eri, vol. 2, p. 197
Également,
{Ils ont pris leurs savants et leurs moines pour seigneurs en dehors d’Allah} (Le Saint Coran, At-Tawba : verset 31). L’Imam Al-Baqir (PSL) a interprété le verset ainsi :
« …Quant à leurs savants et à leurs moines, en vérité ils leur ont obéi et ont pris leurs paroles, et ils ont suivi ce qu’ils leur ordonnaient et se sont soumis à ce qu’ils appelaient ; ainsi ils les ont pris (les savants) pour dieux en leur obéissant, délaissant ce qu’Allah, Ses livres et Ses messagers ordonnaient ; ils l’ont donc rejeté (l’ordre), le laissant derrière leur dos, et ont suivi ce que les savants et les moines ordonnaient, et ils leur ont obéi et ont désobéi à Allah. En vérité, Il a mentionné cela dans notre livre afin que nous en tirions une leçon… »
Tafsir Al-Qommi, Ali Ibrahim Al-Qommi, vol. 1, p. 289
et,
{Ils ont pris leurs savants et leurs moines pour seigneurs en dehors d’Allah} (Le Saint Coran, At-Tawba : verset 31). L’Imam Al-Sadiq (PSL) a interprété le verset ainsi :
« Eux (les savants) ne les ont pas appelés à les adorer, et s’ils l’avaient fait ils ne leur auraient pas répondu ; mais ils leur ont rendu des choses licites et leur ont interdit des choses, et ils l’ont accepté ; ainsi ils furent leurs dieux au lieu d’Allah. »
Bihar Al-Anwar, Muhammad Baqir Al-Majlisi, vol. 9, p. 212, hadith 87
On ne peut s’attendre à ce que la vraie justice soit exercée au nom de Dieu lorsque le législateur n’est pas de Dieu Lui-même, et n’est qu’un jurisconsulte autoproclamé.
L’approche habituelle des jurisconsultes au sujet de l’idée du Taqlid est que les juristes ont plus de connaissance que le commun des gens, et que le public est donc obligé de les suivre en toute matière.
Le Mujtahid Al-Hilli écrit dans son livre, Nihayat Al-Wusul Ela I’lm Al-Usul, vol. 5, p. 167 :
« L’Ijtihad signifie l’emploi de l’effort pour parvenir à une présomption au sujet d’un commandement de la Sharia, d’une manière qui ne soit pas blâmable pour négligence ou omission. »
Le Mujtahid Al-’Amili Al-Jiba’i dit :
« L’Ijtihad est l’effort et l’application d’un juriste afin de parvenir à une présomption au sujet d’un commandement de la Sharia. »
Cependant, c’est une approche très défectueuse. Nous savons que la religion et la foi ne sont pas toujours centrées sur la logique. Dieu a montré d’innombrables cas, dans le Coran, d’une foi émergeant de sources qui sont, pour les sens limités de l’homme, complètement illogiques. Des livres comme Usool Al-Kafi et Bihar Al-Anwar sont remplis de verdicts des Imams qui déconcertaient le commun des gens. Des conclusions furent atteintes par nos saints Imams que de simples hommes faillibles ne peuvent jamais espérer rencontrer en usant de l’Ijtihad, ou du raisonnement, comme outil. Parce que le raisonnement logique, dans la foi et même dans la jurisprudence, ne s’applique pas toujours. Il ne peut venir que par un messager, avec une révélation divine d’un Dieu Omniscient.
Un exemple en est une conversation entre l’infaillible Imam Ja’far Al- Sadiq (de lui vient la paix) et Abu Hanifa.
Abu Hanifa fut un jour interrogé par l’Imam au sujet de ses décisions dans l’établissement de jugements jurisprudentiels par sa propre pensée logique.
Afin de lui montrer combien la méthode de la pensée faillible est défectueuse en comparaison de la révélation divine, l’Imam (de lui vient la paix) l’interrogea sur quelques problèmes et il ne put répondre. Parmi les questions que l’Imam Ja’far Al-Sadiq (de lui vient la paix) posa, il y avait :
L’Imam Ja’far Al-Sadiq (PSL) demanda à Abu Hanifa : « Qu’est-ce qui est plus grave aux yeux de Dieu, l’adultère ou le meurtre ? » Il dit : « Le meurtre ».
Il (PSL) dit : « En vérité, Dieu a exigé deux témoins pour le meurtre et quatre pour l’adultère. Si cela reposait sur le raisonnement et la comparaison (qiyas), alors quatre témoins auraient dû être exigés pour le meurtre, parce qu’il est plus grave. »
Puis il (PSL) demanda : « Qu’est-ce qui est plus grand aux yeux de Dieu, les prières ou le jeûne ? »
Il répondit : « Les prières. »
Il (PSL) dit : « Le prophète Mohammed (PSL et sa famille) a ordonné à la femme en période de menstrues de rattraper les jours de jeûne manqués, mais non les prières manquées. Si cela reposait sur le raisonnement et la comparaison (qiyas), alors il aurait été obligatoire de rattraper les prières. »
Bihar Al-Anwar, Muhammad Baqir Al-Majlisi, vol. 10, p. 221, hadith 22
Cette comparaison de l’Imam Ja’far Al-Sadiq (de lui vient la paix) visait à prouver que, pour ce qui est d’établir des jugements divins, l’esprit humain n’est pas le bon outil. Plutôt, afin de se soumettre complètement à Dieu, l’humanité est obligée de suivre le système établi pour elle par un Créateur Omniscient — et non d’inventer le système par sa propre logique.
Les arguments en faveur du Taqlid
Les savants ont tenté de se prouver dignes de notre imitation, et de nous prouver obligés de les imiter, par quatre formes principales de preuve.
Le Coran, les paroles des Ahlul-Bayt, le raisonnement logique, et une quatrième — le consensus des jurisconsultes.
Le Coran
Ceux des savants qui essaient de prouver que cette innovation serait « un commandement authentique de Dieu » le tentent par les versets du Coran.
Par exemple, ils prétendent que les versets suivants sont un commandement de se soumettre aux jurisconsultes :
« Interrogez donc les gens du rappel si vous n’avez aucune connaissance. »
Le Saint Coran, Al-Anbiya : verset 7
« Et Nous n’avons envoyé avant toi que des hommes à qui Nous avons révélé [Notre message]. Interrogez donc les gens du rappel si vous ne savez pas. »
Le Saint Coran, An-Nahl : verset 43
Les jurisconsultes prétendent qu’ils sont les Gens du Rappel, ou les Ahlal Dhikr, et essaient d’employer ce verset pour prouver leur prétendue autorité sur le peuple, sur la base de leur connaissance limitée de la religion.
Cependant… les Ahlul-Dhikr sont-ils réellement les juristes ?
L’Imam Al-Baqir (de lui vient la paix) a dit ce qui suit au sujet des paroles d’Allah, le Très-Saint, le Très-Haut :
« Interrogez les gens du Dhikr si vous ne savez pas. » (Le Saint Coran, An-Nahl : 43 ; Le Saint Coran, Al-Anbya : 7) : que le Prophète (PSL et sa famille) a dit : « Je suis le Dhikr et les Imams sont les Gens du Dhikr. »
Et la parole d’Allah le Tout-Puissant : {C’est un Dhikr (Rappel) pour toi et pour ton peuple et vous serez interrogés.} (Saint Coran, Az-Zukhruf:44) ; l’Imam Al-Baqir (PSL) a dit : « Nous sommes son peuple et nous serons interrogés. »
Al-Kafi, Muhammad ibn Yaqub Al-Kulaini, vol. 1, p. 210, hadith 1
L’Imam Ali Al-Sajjad (de lui vient la paix) et l’Imam Muhammad Al-Baqir (de lui vient la paix) ont dit :
« Il vous incombe d’obéir à ceux à qui vous n’avez aucune excuse de ne pas obéir — l’obéissance à nous, les Ahlul-Bayt — car Allah a lié notre obéissance à Son obéissance et à l’obéissance de Son Messager, et Il a mentionné cela dans un verset de Son livre, octroyé à nous et à vous de la part d’Allah ; Il a donc rendu obligatoire l’obéissance à Lui-même, à Son messager et à ceux qui ont la charge, de la Famille de Son Messager, et Il vous a commandé d’interroger les “Gens du Dhikr” (Ahlul-Dhikr) ; et nous, par Allah, nous sommes les “Gens du Dhikr” ; personne ne le prétend hormis nous, sinon un menteur. Car Allah dit dans Son livre : {Allah vous a en effet révélé un “Dhikr”, et a envoyé un messager vous récitant les révélations d’Allah, rendant les choses claires afin qu’Il fasse sortir ceux qui croient et font le bien des ténèbres vers la lumière} (Le Saint Coran, At-Talaq : versets 10-11). Puis Il a dit : {Interrogez donc les Gens du Dhikr si vous ne savez pas} (Le Saint Coran, An-Nahl : verset 43). Nous sommes donc les Ahlul-Dhikr ; acceptez donc notre ordre et abstenez-vous de ce que nous interdisons, car en vérité nous sommes les portes par lesquelles Allah vous a commandé d’entrer dans les maisons ; par Allah, nous sommes les portes de ces maisons ; cela n’est à personne d’autre que nous, et personne d’autre ne dit cela, sinon nous. »
Mustadrak Al-Wasa’il, Al-Mirza Al-Nouri, vol. 17, p. 283, hadith 54
Un autre verset dont les savants qui n’œuvrent pas prétendent qu’il porte sur le Taqlid est :
« Ô vous qui avez cru, obéissez à Allah et obéissez au Messager et à ceux qui détiennent l’autorité parmi vous. »
Le Saint Coran, An-Nisa : verset 59
Dans le sermon aux compagnons de Hurr, l’Imam Al-Hussain (de lui vient la paix) clarifie :
« Nous, la maison de Mohammed, sommes plus dignes de l’autorité sur cette affaire, à votre égard, que ceux qui revendiquent ce qui n’est pas à eux. »
Bihar Al-Anwar, Muhammad Baqir Al-Majlisi, vol. 44, p. 377
Le hadith
Outre le fait d’essayer de tordre les versets coraniques pour les plier à leurs propres interprétations, nous voyons ces savants tenter la même chose avec les paroles des Ahlul-Bayt.
Par exemple, en citant ces paroles du Douzième Imam Mohammad Al-Mahdi (PSL et sa famille) :
« Quant aux événements qui se produiront à l’avenir, référez-vous (pour les réponses) à ceux qui rapportent nos paroles (Hadith), car en vérité ils sont ma preuve sur vous et je suis la Hujjah (Preuve) d’Allah. »
Kamal Al-Din wa Tamam Al-Ne’ma, Muhammad ibn Ali Babawayh « Al-Sadooq », vol. 1, p. 512, hadith 4
Ce hadith ne renvoie pas à des savants agissant comme juristes ou politiques au-dessus de nous, ni, en vérité, établissant de nouvelles lois. Il ramène plutôt les gens à savoir reconnaître les hommes de Dieu, ceux qui redisent les paroles de Son Prophète et de Ses Imams (PSE). De fait, cette parole prouve que c’est une innovation de suivre quiconque d’autre que les Ahlul-Bayt.
Quant aux paroles des Ahlul-Bayt prouvant que le Taqlid serait obligatoire ou recommandé, les preuves sont très limitées, et celles qui existent n’encouragent aucunement la soumission envers les savants.
Les Ahlul-Bayt ont établi le rôle des savants dans la société en soulignant qu’ils devraient encourager le bien et décourager les pratiques mauvaises. L’œuvre de ces Mujtahids, cependant, semble constamment consister à insister sur leurs fausses prétentions à l’autorité.
De fait, il y a des hadiths qui nous avertissent contre le fait de suivre un tel credo.
L’Imam Hasan Al-Askari (de lui vient la paix) a rapporté que l’Imam Ja’far Al-Sadiq (de lui vient la paix) a dit :
« … Quant à ceux, parmi les jurisconsultes, qui se gardent eux-mêmes, qui préservent leur religion, qui s’opposent à leur désir et qui obéissent à leur (Mawla) Maître, alors il appartient au commun des gens de les imiter… »
Bihar Al-Anwar, Muhammad Baqir Al-Majlisi, vol. 2, p. 88 ; Tafsir Imam Al-Askari (PSL), p. 300
Étrangement, ce hadith est employé par les savants pour prouver leur autorité absolue sur nous, et que nous sommes obligés de les suivre ; mais le hadith ne s’arrête pas là. Ils ont tendance à omettre le reste des paroles de notre Imam Ja’far Al Sadiq, qui continuent ainsi :
« …. et eux (les jurisconsultes) sont plus nuisibles aux faibles de nos chiites que l’armée de Yazid ne le fut à Hussain fils d’Ali (PSE) et à ses compagnons, car ils leur prennent leur vie et leur argent … Et ces savants mauvais, qui prétendent nous être loyaux et être hostiles à nos ennemis, font entrer le doute et le “Shubha” (ce qui ressemble à la vérité) chez les faibles de nos chiites ; ainsi ils les égarent et les empêchent d’atteindre la vérité réelle. »
Bihar Al-Anwar, Muhammad Baqir Al-Majlisi, vol. 2, p. 88 ; Tafsir Imam Al-Askari (PSL), p. 301
Cette seconde moitié invalide complètement les prétentions du Marja à détenir une tutelle absolue sur nous.
Comment pouvons-nous dire que notre Imam Mohammed Al-Mahdi (PSL et sa famille) n’est plus présent, alors qu’il est le guide toujours présent de l’humanité ? Et les prétentions faites dans l’extrait montré précédemment sont théoriques, pas même prouvées par le critère de Dieu, le Coran ou le Hadith. De fait, tout cela est la formation d’idées sur des idées d’hommes faillibles tentant de créer un système religieux avec leur propre esprit — un devoir que Dieu n’a jamais donné aux savants, à aucune époque.
La logique
De plus, lorsqu’il s’agit du raisonnement logique, on peut se rendre compte que tout le fondement du Taqlid est branlant, illogique, déraisonnable et mal fondé. Bâti sur de fausses prémisses et ne servant à rien d’autre qu’à ajouter à la confusion et à la division.
Nous avons, dans les paroles de l’Imam Al-Sadiq, une offrande d’inférence logique sur le caractère déraisonnable de l’obéissance à un maître faillible :
Al-Mufaddal demanda à l’Imam Ja’far Al-Sadiq (de lui vient la paix) : « Que je sois ta rançon, comment Allah peut-Il rendre obligatoire à Ses serviteurs l’obéissance à quelqu’un, puis lui voiler/cacher les mystères des cieux ? » Il (PSL) dit : « Allah est plus généreux et plus miséricordieux envers Ses serviteurs que de leur rendre obligatoire d’obéir à quelqu’un à qui les mystères des cieux ont été voilés, de jour ou de nuit. »
Bihar Al-Anwar, Muhammad Baqir Al-Majlisi, vol. 26, p. 109, hadith 1
Examinons deux exemples d’une situation où nous avons un homme faillible tentant d’établir la justice, et la différence entre lui et un Imam infaillible dans la prise de décisions.
L’Imam Al-Ridha (de lui vient la paix) a rapporté : « Umar ordonna de lapider un homme yéménite marié, accusé d’adultère à Médine. Alors le Prince des Croyants (PSL) dit : il ne doit pas être lapidé, car il est loin de sa femme, et sa femme est dans un autre pays ; mais il doit être fouetté. Umar dit : qu’Allah ne me fasse pas affronter un dilemme alors qu’Aba Al-Hasan (c’est-à-dire l’Imam Ali PSL) n’est pas là pour le résoudre. »
Bihar Al-Anwar, Muhammad Baqir Al-Majlisi, vol. 26, p. 109, hadith 1 ; Manaqib Aal Abi Taleb, Ibn Shahr Ashoub, vol. 2, p. 183 ; Mawsooa’t Al-Imam Ali ibn Abi Taleb (A.S.), Muhammad Al-Reyshahri, vol. 11, p. 26, hadith 5741
Rapporté de Muhammad ibn Amr ibn Sa’eed qu’une femme vint à Umar ibn Al-Khattab et confessa qu’elle avait commis l’adultère ; Umar ordonna donc qu’elle fût lapidée. Le Prince des Croyants (PSL) était présent, et il dit : « Demandez-lui comment elle a commis l’adultère. »
Umar le lui demanda donc, et elle dit : « J’étais dans une terre désertique, et j’avais extrêmement soif ; je trouvai une tente et dedans se trouvait un homme bédouin. Je lui demandai de me donner de l’eau, mais il refusa à moins que je me livre à lui. Je m’enfuis donc de lui, et ma soif devint si sévère que mes yeux larmoyaient et que ma langue était toute sèche. Lorsque la soif finit par me vaincre, je retournai vers lui, et il me donna de l’eau et me prit. »
Alors Ali (PSL) dit : « C’est de celle-là qu’Allah le Tout-Puissant a dit : {Mais quiconque est contraint [par la nécessité], sans la désirer ni transgresser [ses limites], il n’y a pas de péché sur lui} (Le Saint Coran, Al-Baqara : verset 173). Elle ne l’a pas désiré et n’a pas transgressé ; libérez-la. » Umar dit : « S’il n’y avait eu Ali, Umar aurait péri. »
Man La Yahdurhu Al-Faqeeh, Muhammad ibn Ali Babawayh « Al-Sadooq », vol. 4, p. 35-36, hadith 5025 ; Mawsooa’t Al-Imam Ali ibn Abi Taleb (PSL), Muhammad Al-Reyshahri, vol. 11, p. 25-26, hadith 5740
Le pouvoir absolu de gouverner au nom de Dieu, et comme visage de Dieu, appartient aux califes, messagers et Imams désignés par Dieu, à eux seuls. Sans cette sûreté de position, la loi et la structure de la société s’effondreraient, et l’injustice serait endémique.
Le consensus
Prendre le consensus des jurisconsultes comme preuve de la validité du Taqlid est une approche complètement non scientifique. Il est totalement déraisonnable de croire que, simplement parce que tous les jurisconsultes affirment que nous devons suivre les jurisconsultes, nous devons leur obéir.
En tant qu’enquêteurs sur la religion de Dieu, nous tentons maintenant de voir en quel sens les savants qui n’œuvrent pas rendent un service à la société, comme ils le prétendent.
Décomposons cela.
Le système du Wilayat Al-Faqih est censé unifier la communauté chiite en temps de confusion, surtout pour les questions jurisprudentielles. Les jurisconsultes disent qu’ils font cela parce qu’ils prétendent être les représentants de l’Imam Mahdi.
La religion est censée créer de la structure, surtout en matière de lois.
Mais avec tant de savants différents, donnant des opinions divergentes sur bien des questions, on voit se former un mélange de confusion. Des matières comme les lois du mariage, la distribution de l’aumône et bien d’autres aspects cruciaux de la vie sont dictées comme ces hommes faillibles l’entendent, puis tenues pour des lois d’un Dieu infaillible.
Donc, si le Taqlid est censé éviter la confusion et la contradiction dans la résolution de questions nouvelles par les lois, alors il ne remplit pas ce but. Il l’aggrave plutôt.
Prenons l’exemple de la désunion jurisprudentielle.
Nous observons les conclusions auxquelles sont parvenus certains savants chiites prétendument éminents au sujet de l’acte du Tatbir, ou autoflagellation.
« Il n’y a pas d’obstacle si cela ne cause pas de dommage, mais cela ne devrait pas être pratiqué aujourd’hui.«
Khumayni
Khoei, un savant très renommé des chiites, a formulé les choses un peu différemment…
« Si les saignées et le fait de se frapper avec des chaînes, qui sont pratiqués durant Muharram, causent un dommage sérieux, ou nuisent à la religion et à la confession ou les tournent en ridicule, alors cela est illicite. »
Khoei
Le savant Syed Sadeq Rouhani a un point de vue complètement différent, et déclare :
« J’aime les jeunes qui font le Tatbir, ou qui se frappent avec des chaînes, et je demande à Allah de me ressusciter avec eux. »
Syed Sadeq Rouhani
Tandis que le plus notable des savants qui n’œuvrent pas, Sistani, rend un jugement qui n’a aucune compréhension pratique ni position claire :
« Faire revivre les traditions husseinites est Mustahab (recommandé), mais il n’est pas permis de nuire au corps ni à la noble réputation de la foi. »
Sistani
Cela ne répond pas à la question, car le Tatbir est, par essence, un acte d’automutilation.
Et là encore, nous voyons une approche encore complètement différente de la question du Tatbir chez Ali Khamenei, le prétendu Guide suprême de l’Iran :
Le Tatbir est un acte fautif… Le Tatbir est aussi une tradition fabriquée… Ne le pratiquez pas, je ne l’approuve pas. Si quelqu’un fait quoi que ce soit pour afficher son désir de pratiquer le Tatbir, je serai profondément déçu de lui. »
Khamenei
C’est là un aspect central de la vie d’un chiite duodécimain. Comment la communauté peut-elle survivre avec tant de discorde et de désunion dans les verdicts ?
Les jurisconsultes prétendent qu’ils agissent comme adjoints du Vice-gérant de Dieu, l’Imam Mohammed Al-Mahdi (PSL et sa famille). Nous leur demandons donc : pourquoi tant de différences dans leurs compréhensions de la religion ?
Dieu n’a pas de système divin désordonné ou contradictoire.
Si les savants qui n’œuvrent pas venaient tous, ou même seulement certains, de la même source d’information, à savoir notre principal Imam Mahdi (PSL et sa famille), pourquoi voyons-nous tant de désordre ?
Pourtant, ils prétendent que les jurisconsultes sont les représentants du Douzième Imam Mahdi (PSL et sa famille).
Ils admettent eux-mêmes qu’ils ne peuvent pas prétendre être des représentants… et pourtant, dans le même souffle, prétendent qu’ils sont tous des représentants généraux.
Selon les mots de l’Imam Ahmed Al-Hassan (de lui vient la paix) sur cette question :
« Au contraire, certains des savants qui n’œuvrent pas, dont l’ignorant pense qu’ils sont les plus proches de lui (PSL), ne croiront pas en lui… »
Le Veau, Imam Ahmed Al-Hassan (de lui vient la paix), vol. 1, p. 63
Questions d’argent
Nous prenons une autre raison logique de leur côté quant au bénéfice que le Wilayat Al-Faqih apporterait à la société. Prenons l’exemple du Khums.
Khums : c’est un impôt religieux sur le revenu excédentaire, considéré comme une obligation pour les chiites, à payer jusqu’à hauteur de 20 pour cent.
C’est un montant d’aumône qui est censé être réparti dans la société par le Vice-gérant d’Allah, l’Imam Mohammed Al-Mahdi (PSL et sa famille).
Le Khums est donc censé être divisé en deux portions.
Il y a une portion qui appartient à Dieu, au Prophète et à sa proche famille.
Une autre portion doit aller à ceux qui, dans la société, le méritent et sont dans le besoin, spécifiquement ceux dont les lignées sont de la descendance du prophète Mohammed (PSL et sa famille).
Cependant, durant son occultation mineure, lorsque les gens décidèrent de garder leur Khums pour le donner à leur Imam lors de son apparition, afin qu’il le distribue comme il saurait le faire avec justice, les adjoints prétendus et faux de l’Imam légitime inventèrent un nouveau jugement. Ils prétendirent que ce jugement venait de lui et exigèrent qu’il fût répandu jusqu’au Mujtahid.
Dans le livre An Introduction to Shiʻi Islam: The History and Doctrines of Twelver Shiʻism, Yale University Press, 1985, l’auteur Moojan Momen le commente même, déclarant comment
« Le Khums devint une source majeure de revenu et d’indépendance financière du clergé dans les régions chiites. »
Non seulement c’est une forme de vol étonnamment injuste, mais ce système du Khums, qui avait été institué par les Ahlul-Bayt (PSE) pour assurer la stabilité financière de la société, ne porte aucun fruit. Les pauvres semblent devenir plus pauvres — les riches, malgré la présentation de leur Khums, deviennent plus riches.
Les savants de l’islam eux-mêmes semblent matériellement satisfaits, avec une abondance de richesse, des demeures dans des pays étrangers et des gardes de sécurité lourdement armés.
Selon un article de presse sur AlBayan.co.uk :
« …les statistiques disent que le revenu annuel d’un individu en Iran est de 17000 dollars, dont un cinquième va aux Marjas, soit 3400 dollars par individu. Si vous multipliez cela par 50 millions de chiites en Iran, cela fait 170 milliards de dollars par an. »
Citation d’Albayan.co.uk (https://albayan.co.uk/Article2.aspx?id=5725 – article en arabe)
Et cela, rien que pour l’Iran.
Les sommes qui affluent des chiites duodécimains du monde entier, de pays comme l’Iran et l’Irak, conduisent les Mujtahids à des gains se comptant jusqu’en milliards.
L’hypocrisie financière du monde chiite duodécimain est stupéfiante.
Avec les grands dômes de nos Imams incrustés de barres d’or pur, et année après année une rénovation améliorée de ces sanctuaires — qui sont désormais, par essence, des sites touristiques.
Et l’ironie de ce monde à l’envers et injuste dans lequel nous vivons, c’est le spectacle de ces sanctuaires embellis des Imams des Ahlul-Bayt, purs et justes, adorés par leurs prétendus chiites du monde entier, couvrant d’or massif le dôme de 89 pieds de haut de l’Imam Hussain, tandis que des mendiants circulent autour de ces mausolées d’or, implorant du pain ou quémandant juste assez d’argent pour acheter des médicaments. La société les a oubliés. Les prétendus représentants de notre Imam Mohammed Al-Mahdi (PSL et sa famille), les prétendus Ayatollahs, les ont oubliés. Et la pauvreté dévore les gens de l’intérieur, vivants.
L’ampleur du tourisme vers les sanctuaires d’Irak et d’Iran est immense. Pourtant, les chiites duodécimains, avec leur Khums allant année après année à l’industrie touristique, ne voient aucune amélioration dans la structure de l’inégalité de la société. Au contraire, les vices de la société, la prostitution, l’illettrisme, le sans-abrisme et la faim sont endémiques.
Où va cet argent ?
L’influence iranienne
Alors, quand les jurisconsultes ont-ils été autorisés à prendre un tel contrôle et une telle autorité sur la communauté chiite, comme ils le font aujourd’hui ?
Qu’est-ce qui a donné vie à ce concept et l’a institué comme une loi, par laquelle il a été prétendu que tous, dans la communauté chiite duodécimaine, devaient se conformer, comme à un jugement du Créateur tout-puissant ? Ce sont les événements qui ont mené à la Révolution iranienne de 1979.
En 1979, le monde assista à l’établissement de la République islamique d’Iran, menée par le prétendu Imam Khumayni. Après une lutte ardue pour leurs droits, les chiites de cette région parvinrent à chasser le tyran Muhammad Reza Shah.
Ce ne fut qu’après l’établissement de cet État prétendument islamique qu’une forme nouvelle et innovante de gouvernement commença, joignant ensemble jurisprudence et politique. Ce fut la naissance du Wilayat Al-Faqih, ou tutelle des juristes.
Dans un monde où les chiites étaient désormais capables d’établir un gouvernement à eux, ils se tournèrent vers les juristes, ignorant complètement les droits des Ahlul-Bayt et donnant leurs droits à des savants faillibles, à leur place et en leur absence.
Et nous présenterons ici cette déclaration, faite sans détour par le prétendu Guide suprême Khumayni, issue d’une série de conférences qu’il a données et qui fut plus tard compilée en un livre nommé Wilayat Al-Faqih :
« Le Marja a autant d’autorité que le Douzième (PSL). »
Khumayni, une série de conférences appelée Wilayat Al Faqih
C’est une question admise et indiscutable que le véritable Calife élu du peuple, dans l’école de pensée chiite, est l’Imam Mohammed Al-Mahdi (PSL et sa famille) – qu’il soit en occultation ou non.
Alors, dans quelle mesure est-il possible de tenir à cette croyance tout en se soumettant au concept d’une autorité absolue appartenant au juriste ?
Le prophète Mohammed (PSL et sa famille) a déclaré :
« …les savants de ce temps-là seront les savants les plus mauvais sous le ciel. La Fitna viendra d’eux et à eux elle retournera. »
Bihar Al-Anwar, Muhammad Baqir Al-Majlisi, vol. 2, p. 109, hadith 14 ; Al-Kafi, Muhammad ibn Yaqub Al-Kulaini, vol. 8, p. 308, hadith 479 ; Kanz Al-Ummal, Al-Muttaki Al-Hindi, vol. 11, p. 181, hadith 31135
C’est cette forme stratégique de politique gouvernementale qui a mené l’Iran là où il est aujourd’hui. Une nation d’adorateurs et d’idolâtres de savants faillibles, des gens qui ne peuvent cesser de chanter des poèmes sur ces jurisconsultes, les couvrant de louanges insupportables, comme s’ils tenaient la position du petit-fils de leur prophète Mohammed (PSL et sa famille) et étaient revêtus de son manteau d’autorité – comme, en vérité, ils le croient faussement.
C’est à cette fausse croyance en une représentation de l’Imam Mahdi que les savants accrochent leurs turbans. Il n’est donc pas difficile de comprendre, en conséquence, l’obéissance absolue éprouvée par le peuple envers les jurisconsultes. Les noms de jurisconsultes puissants, tels que Khamenei et Sistani, suffisent à déclencher chez leurs suivants une soumission volontaire à n’importe quel ordre.
Un exemple de ce suivi aveugle et de cet abus des lois humaines se voit dans la manière dont les savants et les clercs détournent certains jugements, comme ceux du mariage temporaire, à leur propre bénéfice, en offrant de très jeunes filles, démunies et désespérées, à des hommes riches, et en obtenant de bons honoraires en retour.
Cette industrie se trouve aussi florissante en Irak – une parodie de cupidité savante et de détournement des jugements religieux.
Jusqu’où la marée doit-elle monter avant que les suivants du Taqlid puissent admettre de bon gré qu’ils ont cessé de croire que l’Imam Mahdi est le guide toujours présent que Dieu nous a envoyé ? Ou ont-ils atteint le point où ils rejettent cela en totalité ?
Assurément, un aspect crucial de la foi chiite est l’apparition du Vice-gérant, la présence du Guide. La terre même s’effondrerait sur elle-même sans la présence de ce Vice-gérant infaillible d’Allah.
Cette innovation post-occultation a acquis la préséance qu’elle a parmi les gens par la propagande, et une partie de ce programme fut les écrits de Khomeini et des savants qui le suivaient. C’est en les lisant que nous comprenons plus profondément l’état d’esprit qui a tordu des textes originels pour tenter de convaincre les gens de se soumettre à un nouveau maître.
Dans le livre Wilayat e Faqih, de l’Ayatullah ‘Ali Mishkini, un élève de Khumayni,
Extrait :
« Si un individu digne, possédant ces deux qualités (c’est-à-dire la capacité de gérer et de diriger), se lève et établit un gouvernement, il possédera la même autorité que le très noble Messager (PSL et sa famille) dans l’administration de la société, et il sera le devoir de tous les gens de lui obéir. »
—Fin de l’extrait—
Ce sont des déclarations comme celles-là qui sont employées pour prouver l’autorité suprême d’hommes faillibles sur le peuple. Ironique, puisqu’il est largement admis que ces qualités appartiennent aux Ahlul-Bayt infaillibles de Mohammed, et que ceux qui doivent obéir sont, de fait, le reste de la nation musulmane, savants compris.
C’est par l’influence du peuple d’Iran que cette forme de gouvernement du Wilayat Al-Faqih fut fermement fondée. Elle implique le gouvernement du peuple par un État dans lequel des jurisconsultes gouvernent les gens. C’est une innovation absolue et une forme d’usurpation des droits de notre calife présent, l’élu d’Allah, l’Imam Mohammed Al-Mahdi (PSL et sa famille).
Du prophète Mohammed (PSL et sa famille) :
« Les jurisconsultes (Fuqaha’) sont les dépositaires des prophètes, tant qu’ils ne se préoccupent pas du monde (dunya). » On demanda au Prophète : « Quel est le signe de leur préoccupation pour ce monde ? » Il répondit : « Suivre les sultans (les rois). S’ils font cela, alors craignez pour votre religion. »
Al-Kafi, Muhammad ibn Yaqub Al-Kulaini, vol. 1, p. 46, hadith 5
De la série de conférences de Khumayni sur le Wilayat Al-Faqih :
Extrait :
« …Cela étant, les véritables dirigeants sont les fuqaha eux-mêmes, et la direction devrait leur revenir officiellement, s’appliquer à eux, et non à ceux qui sont obligés de suivre la guidance des fuqaha du fait de leur propre ignorance de la loi. »
—Fin de l’extrait—
C’est une contradiction absolue avec les paroles du prophète Mohammed (PSL et sa famille).
De Wilayat e Faqih, de Mishkini : il cite l’Imam Hussain (de lui vient la paix) puis interprète ses paroles comme il l’entend…
Extrait :
L’Imam Al-Hussain dit : « L’administration de toutes les affaires de la société est dans les mains des hommes de la connaissance divine, qui sont les fidèles dépositaires de Ses commandements et de Ses instructions sur ce qui est licite et illicite (Halal) et sur ce qui est (Haram). (Tuhaf al-‘uqal).
L’expression al-‘umur (les affaires), qui doit être administrée par les savants dignes de confiance, renvoie aux affaires générales de la société, lesquelles comprennent tous les aspects, majeurs et mineurs, de sa gestion.
—Fin de l’extrait—
De nouveau, nous voyons encore et encore comment les savants tordent les paroles des Ahlul-Bayt pour les faire désigner eux-mêmes, alors qu’en réalité ceux de la connaissance mentionnés dans les paroles de nos Imams (PSE) sont les Imams eux-mêmes, ceux qui sont guidés directement par le Créateur tout-puissant — et non par l’ignorance.
Al-Fudayl ibn Yasar a rapporté :
« J’ai entendu l’Imam Al-Sadiq (de lui vient la paix) dire : “Lorsque notre Qa’im se lèvera, il affrontera l’ignorance des gens plus sévèrement que ce que le Messager d’Allah (PSL et sa famille) a affronté de la part des ignorants de la Jahiliyya (avant l’islam).” Je demandai : “Comment cela se ferait-il ?” Il (PSL) dit : “En vérité, le Messager d’Allah (PSL et sa famille) est venu à des gens qui adoraient des pierres, des rochers et du bois sculpté ; et lorsque notre Qa’im se lèvera, il viendra aux gens, tous interprétant le Livre d’Allah et protestant contre son interprétation. Puis il dit : Par Allah, sa justice (c’est-à-dire celle du Qa’im) entrera à l’intérieur de leurs maisons, tout comme la chaleur et le froid y entrent.”
Al-Ghayba, Ibn Abi Zainab Al-No’mani, p. 307, hadith 1 (livre en ligne : p. 305) ; Mo’jam Ahadeeth Al-Imam Al-Mahdi, Ali Al-Korani, vol. 3, p. 500, hadith 1072 (livre en ligne : p. 493)
L’Imam Ahmed Al-Hassan (de lui vient la paix) a complètement nié l’idée d’une fausse autorité appartenant à des savants faillibles, et a dit :
« Quiconque savait que le Taqlid est faux et imitait encore, alors oui, ceux-là sont pour le feu de l’enfer. Et ceux d’entre eux qui ne savaient pas, alors les savants qu’ils ont imités sont pour le feu de l’enfer ; ils portent leur propre péché et les péchés de ceux qui les ont imités, vers le feu de l’enfer, la plus misérable des destinations. Quiconque dit aux gens “Je suis un savant” ou “Je suis le plus savant”, et dit aux gens “Imitez-moi”, ou accepte le Taqlid, celui-là est dans le feu de l’enfer. Que Dieu les maudisse tous sans exception. Tous, sans aucune flatterie ni hypocrisie. Quiconque reconnaît/approuve le Taqlid est dans le feu de l’enfer. Le plus grand étonnement est surtout à votre sujet, ô Mutashayia’ (ceux qui prétendent être chiites) d’Irak ! Je vous le demande, par Allah, ne voyez-vous pas leurs actes et leur rapine ? »
Paroles de l’Imam Ahmed Al-Hassan (de lui vient la paix), p. 57, hadith 164
Il est aussi logique que l’acceptation d’un tel système comme absolu – un système d’hommes faillibles – nie le concept de la parole du Prophète (PSL et sa famille) :
« De quiconque je suis le Maître, Ali est le Maître. »
Bihar Al-Anwar, Muhammad Baqir Al-Majlisi, vol. 37, p. 126, hadith 24
C’est le principe fondamental sur lequel l’école de pensée chiite diffère des autres écoles de pensée. Se ranger du côté d’une quelconque autorité complète sur les gens, simplement au motif que ces hommes ont appris une connaissance fondée sur des sciences structurées par des hommes faillibles pour des hommes faillibles, est complètement contraire au principe de base du chiisme, à l’imamat, et même à la raison de la création de l’humanité elle-même.
Pourtant, la nation musulmane semble si malheureuse qu’elle s’est privée de ce grand privilège. Pendant les années qui suivirent la triste disparition de notre prophète Mohammed (PSL et sa famille), nous voyons le chaos général qui s’ensuivit pour les gens. L’établissement d’une nation musulmane gouvernée sous l’autorité de l’Imam Ali (de lui vient la paix) ne devait pas se produire sans l’obligation divine, pour les gens, de se tenir pour leur Imam contre toutes les autres forces extérieures. Hélas, l’histoire nous montre comment l’Imam fut abandonné par les gens et, en vérité, comment les gens attirèrent sur eux-mêmes un renversement de la bonne fortune qu’Allah leur avait accordée. Son autorité usurpée, une hache était tombée sur le peuple, et dans leur rejet de leur calife, les ténèbres se répandirent au fil des années, génération après génération, avec la domination tyrannique des Omeyyades et des Abbassides sur le peuple.
L’Imam Ahmed Al-Hassan (de lui vient la paix) s’est adressé aux savants de la déviance en disant :
« Vous, ô étudiants des sciences religieuses, et savants musulmans (chiites et sunnites), pensez-vous que tout ce dont vous êtes chargés est la collecte des sciences mentales et le transport, sans œuvrer et sans la promotion des vertus et l’empêchement du mal, à l’intérieur de ce dont vous êtes chargés, qui est la réparation de la nation, l’information et l’avertissement de ses enfants et le jihad pour l’amour d’Allah chèrement ?!
Si c’est là ce que vous pensez, alors la vérité, je vous le dis : « Vous avez tort. »
Le Veau, Imam Ahmed Al-Hassan (de lui vient la paix), vol. 1, p. 6
Et selon les mots de notre pasteur, l’Imam Ahmed Al-Hassan (de lui vient la paix) :
« …Parce que les Prophètes, lorsque les choses leur sont réglées, ne se satisferont pas sans arracher les tyrans et établir le gouvernement divin sur la terre, et donc sans la disparition de l’autorité du tyran et de son gouvernement, et la disparition de l’autorité et de la position des savants qui n’œuvrent pas, qui ont corrompu/déformé la Sharia (la Loi d’Allah) et se sont faits eux-mêmes les héritiers des Prophètes et des Gardiens (PSE), cherchant leurs places dans les cœurs des gens… »
Le Veau, Imam Ahmed Al-Hassan (de lui vient la paix), vol. 1, p. 41
L’Imam Ahmed Al-Hassan (de lui vient la paix) est ici pour verser de l’eau sur les feux destructeurs de l’égarement qui ont été allumés. Il est apparu pour ramener l’homme au credo du but de la création — tout le chemin depuis la création d’Adam — jusqu’à ce jour. C’est toujours le même appel.
Il a placé Son Vice-gérant sur la terre, et il nous a libérés des chaînes de la fausse autorité.
L’Imam Ali (de lui vient la paix) a dit : « Ne sois l’esclave de personne alors que Dieu t’a créé libre. »
Bihar Al-Anwar, Muhammad Baqir Al-Majlisi, vol. 74, p. 226