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Top 10 des idées fausses sur le Mahdi

Texte lu en français

Une plongée dans les idées fausses courantes sur le Mahdi, qui traverse les mythes et met au jour le véritable récit derrière cette figure.

Par Ailia Muhammad · Traduit de l’anglais

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Top 10 des idées fausses sur le Mahdi

S’agissant du Mahdi, figure au centre de l’eschatologie islamique, bien des informations fausses circulent. Des apparitions spontanées à la Kaaba jusqu’au choix de sa tenue, ces idées fausses se sont enracinées dans beaucoup d’esprits. Mettons la vérité à l’épreuve : voici le Top 10 des idées fausses sur le Mahdi.

1) Le Mahdi et son armée apparaîtront à la Kaaba — c’est alors que je saurai que c’est lui

Imaginez la scène : le Mahdi surgit de façon spectaculaire à la Kaaba, entouré d’une armée de partisans sortie de nulle part, prêt à gouverner. Cela a l’air cinématographique, n’est-ce pas ? Malheureusement, ce n’est que cela : pure fiction. Aucune narration authentique, ni même faible, ne vient l’appuyer. Cette idée fantaisiste est plutôt une invention moderne, propagée par des savants qui seraient peut-être plus à l’aise pour écrire un scénario que pour interpréter des textes religieux.

L’apparition à la Kaaba n’est pas sa grande entrée, mais bien une part d’une phase ultérieure appelée l’« Émergence ». Or, avant que le Mahdi ne puisse émerger, et avant même qu’il ne puisse avoir une armée, ses véritables partisans doivent d’abord se rassembler. C’est la phase actuelle dans laquelle nous sommes, appelée l’« Apparition ». En elle, l’Imam Mahdi appelle et rassemble ses partisans. C’est un enchaînement logique.

2) Le Mahdi n’utiliserait jamais les réseaux sociaux, YouTube ou un téléphone

La plupart des musulmans s’attendent à ce que le Mahdi apparaisse en ayant l’air et en se comportant exactement comme le Prophète Mohammed il y a 1 400 ans. Mais cela n’a pas de sens. Après tout, chaque messager mentionné dans le Coran parlait aux gens dans la langue de son temps et se conduisait comme les gens de son temps. Le Mahdi est le messager des gens de la Fin des Temps : il utilisera donc la technologie de la Fin des Temps. À une époque où l’information voyage à la vitesse de la lumière, pourquoi le Mahdi n’utiliserait-il pas les outils disponibles pour atteindre les masses ? Qu’il s’agisse des réseaux sociaux, de YouTube ou même d’un simple téléphone intelligent, le Mahdi pourrait très bien se saisir de ces plateformes pour diffuser son message au loin et au large. Le but, après tout, est de sauver le monde entier, et il n’y a pas de meilleure manière de le faire que par la technologie même qui nous relie tous.

3) Quand le Mahdi viendra, la majorité des musulmans le suivront… et je pourrai le rejoindre à ce moment-là

Voici la dure réalité : le Mahdi ne sera pas accueilli à bras ouverts par tous les musulmans. En fait, la plupart le rejetteront, en particulier parmi les musulmans arabes. La mission du Mahdi se heurtera à la résistance, et il y aura des conflits. L’Imam Al-Sadiq a même dit que le Mahdi serait ouvertement défié par les savants arabes et perses, à qui l’on prête ces paroles : « Retourne, Fils de Fatima, nous n’avons pas besoin de toi ! » C’est une pensée qui donne à réfléchir, mais elle souligne les difficultés auxquelles le Mahdi fera face pour unir une oumma divisée.

Cela n’est pas si surprenant, lorsque la plupart des messagers ont été rejetés par les gens de leur temps. Noé n’eut guère que huit partisans, qu’il emmena avec lui dans l’Arche. Jésus eut douze vrais disciples, et beaucoup d’ennemis parmi les juifs. Le Mahdi ne sera pas différent. Il viendra en un temps où la majorité des musulmans se seront éloignés de l’islam et ne le soutiendront pas.

« Et si tu obéis à la plupart de ceux qui sont sur la terre, ils t’égareront de la voie d’Allāh. Ils ne suivent que la conjecture et ils ne font que mal juger. »Coran, chapitre 6 (Al-An’am), verset 116

4) Le Mahdi ne saura pas qu’il est le Mahdi

Celle-ci laisse perplexe. Là encore, c’est une vision très répandue, entendue dans les sermons de divers savants islamiques. Était-ce un fait issu de narrations solides du Prophète Mohammed et de sa Famille ? Non — là encore, une opinion qui s’est répandue comme une traînée de poudre et qui a été prise pour un fait. Un phénomène inquiétant, qui nous invite à nous méfier de ce que nous entendons. Comment le Mahdi, le « bien guidé », pourrait-il ne pas savoir qu’il est le Mahdi ? C’est comme être guide touristique sans connaître la destination.

L’idée provient d’une mauvaise interprétation d’un hadith où le Prophète Mohammed mentionne que le Mahdi serait « redressé en une seule nuit ». Mais cela ne veut pas dire qu’il ignore tout pendant ses conquêtes ; cela signifie simplement qu’il recevra la confirmation divine de sa mission à un moment précis. Tout comme le fit le Prophète Mohammed. Il ne savait pas qu’il était le messager de Dieu avant d’avoir atteint l’âge de 40 ans.

Il n’est pas vrai que le messager sache toujours qu’il est le messager. Les messagers connaissent leur rôle quand le moment est venu. Mais cela signifie qu’ils doivent le connaître à un moment donné, en particulier lorsque leur mission divine est engagée. Imaginez que Dieu attende de vous que vous alliez rassembler des partisans qui se lèveraient pour la cause de Dieu, sans que vous connaissiez jamais votre propre identité. Cela n’a tout simplement pas de sens.

5) Le Mahdi sera soutenu par les savants — ils nous diront qui il est et quand le suivre

Voici une idée fausse dangereuse : celle selon laquelle le Mahdi serait appuyé par les savants religieux. En réalité, les savants des Temps de la Fin sont décrits en des termes radicalement négatifs : ils sont appelés les « pires savants sous le ciel » et même des « traîtres ». Ces savants, qui peuvent paraître pieux au dehors, sont dépeints comme les ennemis du Mahdi. Lorsqu’il émergera, il ne trouvera pas de plus grands adversaires que ces figures religieuses, plus soucieuses de maintenir leur pouvoir que d’embrasser la vérité. Les narrations sur ce point sont nombreuses, et troublantes. Car si les gens s’en remettent à ceux-là même que le Prophète Mohammed a décrits comme « plus dangereux pour mon oumma que l’Antéchrist Dajjal », alors il est peut-être temps de réexaminer la manière dont nous décidons, en tant que peuple de Dieu. De qui recevons-nous notre guidance ?

Historiquement, les Écritures nous montrent un schéma étrange et inquiétant : l’idée d’un messager de Dieu dont le message est combattu par les savants de son temps. Des hommes en habits de savants, qui n’aimaient pas que l’homme de Dieu remette en cause l’ordre établi. Le conflit constant de Jésus avec les pharisiens et les rabbins est un phénomène bien documenté — le cas classique d’un homme venu de Dieu qui change les normes et se voit défié pour cela par des savants plus anciens.

Et Jésus ne fut pas seul en cela : tous les Imams de la lignée du Prophète Mohammed ont affronté le même dilemme, la confrontation avec des savants qui s’opposaient à eux et ont finalement fondé leurs propres sectes, ce qui a conduit au problème que connaissent aujourd’hui les musulmans d’avoir plus de 70 sectes différentes.

Le rôle des savants dans le système du monde actuel est tout aussi évident : ils vont de pair avec des dirigeants tyranniques et corrompus, en particulier au Moyen-Orient. Les dirigeants d’États islamiques extrémistes qui mobilisent le peuple pour des lois impies ont besoin de l’appui d’hommes à turban, et ils l’ont. Ces loups à turban déguisés en brebis vont-ils soutenir la révolution spirituelle du Mahdi, qui remettra en cause toutes les idées injustes ? À vous de me le dire.

Ou bien nous pouvons interroger les Imams de la lignée du Prophète : ils ont dit de savoir que ces savants sont « les pires de la création » (voir Mo’jam Al-Hadith de Korani). Les pires de la création ne vous guideront pas vers le Mahdi.

représentation traditionnelle des Imams
Représentation traditionnelle des Imams

6) Le Mahdi ne portera pas un jean et un bonnet noir

Abordons une question plus terre à terre : comment le Mahdi sera-t-il vêtu ? Certains supposeront qu’il sera drapé de robes traditionnelles, dégageant une aura classique et prophétique. Mais qui dit que le Mahdi ne peut pas porter un jean et un bonnet noir ? L’idée qu’il doive respecter un code vestimentaire précis relève davantage de nos attentes culturelles que d’une quelconque prescription religieuse. La mission du Mahdi porte sur la justice, non sur la mode. Ne soyez donc pas surpris s’il se fond davantage parmi les gens de son temps — quoi que cela puisse donner.

Le Messager vient aux gens et il est vêtu comme les gens se vêtent. Il ne porte pas les vêtements d’une autre époque.

7) Le Mahdi prêche le même islam et n’apporte rien de nouveau

Si vous attendez du Mahdi qu’il prêche l’islam qui nous est familier aujourd’hui, vous pourriez être surpris. Le Prophète Mohammed lui-même a dit que l’islam redeviendrait quelque chose d’« étrange » aux Temps de la Fin. Cela suggère que la version de l’islam du Mahdi sera un retour à sa forme originelle, peut-être inconnue — quelque chose qui pourra paraître étranger à la compréhension dominante actuelle.

Et voici un retournement : le Coran que nous avons aujourd’hui n’est pas non plus la version complète de ce qui fut originellement révélé. Choquant, n’est-ce pas ? Des historiens sunnites comme chiites ont souligné que des parties du Coran ont été perdues au fil du temps. Prenez les paroles d’Ibn Omar : « Comment sait-il ce qu’est le tout, quand une grande partie du Coran a disparu ? » Ce n’est pas une spéculation oisive, c’est une inquiétude documentée. Entre alors le Mahdi, qui, selon les traditions, apportera un « livre nouveau ». (Voir Ghaybat Al-Nomani.) Ce n’est pas une suite quelconque, mais bien une restauration de ce qui a été perdu — une affaire nouvelle, une jurisprudence nouvelle qui remettra en cause l’ordre établi, en particulier pour les Arabes. Mais c’est un autre sujet.

8) Le Mahdi doit parler arabe au monde, et non anglais

Voici un retournement linguistique : le Mahdi doit parler arabe, n’est-ce pas ? C’est après tout la langue du Coran. Mais considérez ceci : la mission du Mahdi est mondiale, elle n’est confinée à aucune race ni à aucune région. De nombreuses narrations soulignent qu’il remplira la Terre entière de justice et d’équité, et non seulement un coin particulier. Sunnites et chiites s’accordent pour dire que le Mahdi apportera justice et lumière à un monde assombri par l’injustice et l’oppression.

Il ne vient pas seulement pour les arabophones, mais pour le monde entier. Dans le monde interconnecté d’aujourd’hui, l’anglais est souvent la langue véhiculaire, celle qui jette des ponts entre des cultures diverses. Il n’est donc pas invraisemblable d’imaginer le Mahdi s’adressant au monde en anglais ou en toute autre langue qui atteigne efficacement les masses. C’est le message qui compte, et le moyen doit être mondialement recevable.

Si beaucoup de savants musulmans refusent de l’admettre, ils nourrissent un mépris constant et autosatisfait pour toutes les cultures et toutes les langues autres que celles qui sont centrées sur l’arabe. Leur vision du Mahdi et de ses enseignements est d’un égocentrisme inquiétant : il semble que son devoir, à leurs yeux, soit de valider leur compréhension de la vie, de l’univers et de tout le reste.

représentation traditionnelle des Imams
Représentation traditionnelle des Imams

9) Le Mahdi vient sur un cheval et a une lueur blanche sur le visage, comme dans les films

Soyons clairs : le Mahdi ne va pas arriver sur un cheval blanc, entouré d’une lueur mystique, comme dans une scène de peinture médiévale ou de film. Cette image relève plus du conte de fées que de la réalité. La venue du Mahdi sera ancrée dans le monde réel et affrontera des difficultés réelles. Il n’est pas une figure de folklore, mais un dirigeant prêt à répondre à la complexité d’une société moderne. Attendez-vous à un dirigeant prêt à se mesurer au monde tel qu’il est, et non tel qu’il est dépeint dans des superproductions romancées.

10) Le nom du Mahdi doit être précisément « Mohammed fils d’Abdullah »

Voici une idée fausse courante : le Mahdi doit s’appeler « Mohammed Ibn Abdullah », sans exception. Les narrations du Prophète Mohammed sont pourtant bien plus souples que cette interprétation rigide. Le Prophète a dit que le Mahdi aurait un nom comme son nom et un nom de père comme celui de son père. Rappelez-vous que le Prophète avait de nombreux noms, dont Mohammed et Ahmed, et qu’il se désignait souvent lui-même comme le « serviteur d’Allah », ce qui se traduit par « Abdullah ».

Fait intéressant, le Douzième Imam, central dans ces prophéties, s’appelle Mohammed. Et les deux premiers Mahdis, qui sont de ses douze chefs, s’appellent Ahmed et Abdullah.

Et le nom du père du Mahdi, qui devrait être le même que celui du père du Prophète Mohammed ?

Eh bien, le seul père du Prophète n’était pas Abdullah : c’était aussi le prophète Ismaël, son aïeul, et il était issu de la tribu des Bani Hashim — Hashem était donc son nom de famille. Il se trouve que le père du Premier Mahdi s’appelle Ismaël et que le père du Second Mahdi s’appelle Hashem. Les critères correspondent donc.

Il paraît désormais très clair que les musulmans ont beaucoup d’idées sur la manière d’identifier le Mahdi. Il apparaît aussi que ces raisons, lorsqu’on les examine, ne sont pas des critères solides pour l’identifier. Nous ne pouvons donc pas nous appuyer sur des détails de ce genre pour savoir que Dieu a envoyé le Mahdi. Ce qui nous conduit à la question la plus importante :

Un instant — comment suis-je censé le reconnaître, si aucune de ces idées tenues pour vraies n’est le moyen de connaître le Mahdi ?

Excellente question. La réponse est simple et merveilleuse : le Mahdi vient de Dieu. C’est donc Dieu qui se porterait garant de lui. Et Il l’a fait. Par les paroles de son Messager, le Prophète Mohammed, Dieu a autorisé par leurs noms les Lieutenants qui devaient venir après Mohammed — et Il a fait écrire ces noms par Mohammed dans son Testament final. Après tout, la fonction de Lieutenance appartenait à Mohammed, et il lui revenait de l’attribuer à qui il choisissait pour héritage.

Le Prophète Mohammed a écrit les noms de ses successeurs dans son Testament. Pour trouver le Mahdi, nous n’avons pas besoin de chercher des chevaux blancs, de grandes récitations coraniques ou une apparition cinématographique à la Kaaba. Il nous suffit de suivre les paroles de Mohammed : son successeur désigné s’appelle Abdullah. Et l’« Abdullah » qu’il a désigné s’est révélé être le Mahdi. Il a montré son nom dans le Testament et désigne la Souveraineté de Dieu seul par sa connaissance divinement inspirée.

Ainsi, la prochaine fois que vous entendrez parler du Mahdi, souvenez-vous que la vérité est bien plus simple et directe que les mythes compliqués. La mission du Mahdi porte sur la restauration, la justice et une direction universelle — rien de moins. Ne vous embarrassez pas des opinions de savants à turban. Penchez-vous sur les narrations de Mohammed et de sa Famille, et identifiez-le comme ils ont dit de le faire : par leur propre désignation de lui dans le Testament final du Prophète Mohammed.