Tribune : vos pensées créent-elles votre paradis ou votre enfer ?
Texte lu en français
Regardons les choses en face : nous vivons dans un monde saturé d’informations — tweets, TikToks, conférences TED et nouvelles terrifiantes. Nous nous noyons dans les données mais mourons de faim de sagesse. Le monde moderne fonctionne selon une règle simple : qui contrôle le récit contrôle le monde. Mais qu’est-ce que cela signifie pour vous ? Et qui devriez-vous écouter ?
Par Klara Kassem · Traduit de l’anglais

Regardons les choses en face : nous vivons dans un monde saturé d’informations — tweets, TikToks, conférences TED et nouvelles terrifiantes. Nous nous noyons dans les données mais nous mourons de faim de sagesse. Le monde moderne fonctionne selon une règle simple : qui contrôle le récit contrôle le monde.
Mais voici le plus savoureux : cela n’a rien de nouveau.
Il y a des milliers d’années, la Bible s’ouvrait sur une affirmation énigmatique et pourtant profonde :
« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. »Bible, Évangile de Jean, chapitre 1, verset 1
Ce n’est pas seulement de la théologie ; c’est de la métaphysique avec un soupçon de logique quantique. Votre historique de navigation n’est pas qu’une traînée de vidéos de chats et de « comment faire du pain au levain » : c’est le plan de la réalité que vous contribuez à créer.
Le code source de la réalité
À la lumière de l’œuvre d’Aba Al-Sadiq Abdullah Hashem, il apparaît clairement que toute information provient en dernier ressort de Dieu, ou de la conscience ultime et éternelle, mais qu’en entrant dans la création, elle est canalisée, interprétée, influencée et transmise par deux forces opposées : l’Esprit de Dieu, qui apporte la lumière, la clarté et l’élargissement de la conscience ; et Iblis, le trompeur, qui déforme et restreint la vérité pour préserver le pouvoir et le contrôle.
Au fond, la guerre ne porte pas sur la source de l’information — elle porte sur son interprétation et sa transmission.
Comme le Coran le rapporte dans les paroles du Prophète Mohammed, Iblis lui-même fait cet aveu après le jugement dernier :
« En vérité, Allah vous a fait une promesse véridique, et moi aussi je vous ai fait une promesse, mais je vous ai trompés. Je n’avais aucun pouvoir sur vous, sinon que je vous ai appelés et que vous m’avez répondu. Ne me blâmez donc pas ; blâmez-vous vous-mêmes… »Coran, chapitre 14 (Ibrahim), verset 22
L’implication est brutale : la vérité est toujours présente — mais la tromperie aussi. Et la plupart d’entre nous, pris dans le chaos des récits concurrents, suivent souvent la voix la plus forte plutôt que la plus vraie.
Et c’est précisément pourquoi nous avons besoin de l’« Imam du Temps » — un guide divinement mandaté qui connaît le code source derrière l’information que nous consommons. Il ne s’agit pas de contrôle ni d’autoritarisme. Il s’agit de responsabilité. Si l’information est une puissance créatrice, il faut bien que quelqu’un sache s’en servir de manière responsable et pour le bien de toute la création.
Rembobinons l’histoire.
- Ève et le serpent ? Une campagne de désinformation.
- Pharaon contre Moïse ? De la rétention de données dans les règles de l’art.
- Jésus contre le Sanhédrin ? La vérité mise en procès.
- Mohammed contre les Quraych ? Une guerre de l’information révolutionnaire.
Les Écritures des traditions abrahamiques se lisent moins comme des histoires de catéchisme que comme des notes confidentielles de la CIA : des batailles à hauts risques pour savoir qui contrôle le récit. Parce que celui qui contrôle l’information contrôle les peuples. Et celui qui contrôle les peuples peut façonner le monde.
En termes d’aujourd’hui : si vous croyez que les chambres d’écho algorithmiques sont une nouveauté, détrompez-vous. Elles ont simplement remplacé les prêtres du temple par des entrepreneurs de la tech et les messagers par des influenceurs. Mais le jeu, lui, n’a pas changé.
Qui se sert des données ?
Nous sommes obsédés par la question de savoir qui collecte nos données, mais nous demandons rarement qui les interprète — et à quelle fin.
- L’information est-elle utilisée pour libérer ou pour dominer ?
- Pour éduquer ou pour manipuler ?
- Pour créer l’unité ou le chaos ?
Aba Al-Sadiq renverse ici la perspective. Il nous met en garde non seulement contre le volume des données, mais contre leur origine et leur orientation. Sans discernement, nous devenons des chambres d’écho pour Iblis — propageant la peur, la division, le consumérisme et l’illusion de l’autonomie individuelle, alors qu’en réalité nous ne faisons que copier-coller le code de quelqu’un d’autre.
Supprimer l’information n’est pas seulement gênant : c’est un crime théologique. Selon Aba Al-Sadiq, la suppression de l’information est une rébellion contre la volonté du Créateur. La source la plus haute de l’information — Dieu — est ouverte à tous, mais il nous appartient de choisir avec sagesse le transmetteur de cette information. Seul le Messager de Dieu a autorité pour transmettre cette information, car lui seul sait la placer correctement — de sorte qu’elle engendre la prospérité, la justice et la liberté.
Vous souvenez-vous que les prophètes étaient toujours détestés par les élites ? Ce n’était pas parce qu’ils portaient des sandales ou refusaient de payer l’impôt. C’était parce qu’ils perturbaient l’économie de l’information. Ils démasquaient des récits corrompus et en introduisaient de radicalement nouveaux : justice, unicité, miséricorde, libération. Et les puissants détestent cela.
En physique quantique, l’observateur influence le résultat. En cosmologie divine, le penseur crée le résultat. Voilà pourquoi la pensée est sacrée. Chaque croyance que vous adoptez est une brique dans l’architecture du monde que nous habitons.
Votre esprit n’est pas neutre. C’est une usine. La question est : produisez-vous du poison ou du paradis ?
Pour transformer véritablement le monde, il nous faut revenir à la Source. Non pas à une source — à la Source. Et c’est là qu’Aba Al-Sadiq offre plus qu’un simple commentaire. Il fournit une feuille de route. Sa mission n’est pas seulement d’interpréter le monde, mais de restaurer la structure divine, en faisant de l’information un outil d’équilibre, de justice et de paix.
Alors, qui a le droit de parler ?
La question ultime devient : à qui pouvons-nous nous fier pour apporter une information libératrice ?
La réponse, pour peu que l’on accepte de dépasser le cynisme et de prendre du recul sur le vacarme, est claire dans toute tradition prophétique : une voix divinement désignée — choisie non par des sondages, des abonnés ou une image de marque, mais par le Créateur de tout ce qui existe. Le Verbe qui, dès le commencement, a fait venir toutes choses à l’existence.
Aba Al-Sadiq se présente dans cette tradition — non comme un gourou qui vend l’illumination, mais comme un dépositaire de l’information divine, venu aider l’humanité à recâbler ses circuits intérieurs vers la lumière, exactement comme Jésus le disait : « Je ne suis pas venu abolir la Loi, mais l’accomplir » (Matthieu 5:17).
Aba Al-Sadiq ne cherche pas à écarter les fondements de la vérité divine, mais à les éclairer et à les accomplir dans le contexte qui leur revient à notre époque. Si « la justice est le principe qui consiste à mettre chaque chose à sa juste place », comme le disait Platon, alors l’information doit elle aussi être placée justement. Et pour cela, il nous faut plus que de l’intelligence — il nous faut un discernement divin.
Il ne s’agit pas de foi contre science, ni de tradition contre modernité. Il s’agit de reconnaître que, sans guidance divine, notre intelligence peut devenir une forme très sophistiquée d’autodestruction. Alors la prochaine fois que vous lisez, publiez ou même pensez, demandez-vous : d’où vient cette information ? À qui profite le fait que j’y croie ? Et qui me guide pour en faire bon usage ?
Toutes les voix ne se valent pas, et tout savoir n’est pas neutre. Dans un monde câblé de bruit et de désinformation, une voix perce avec clarté — non parce qu’elle est plus forte, mais parce qu’elle parle depuis la Source.
Une seule voix peut mettre chaque chose à sa place. Et à notre époque, cette voix est celle d’Aba Al-Sadiq — le Verbe vivant, désigné pour accomplir ce qui fut dit au commencement. Peut-être n’est-il pas seulement temps que nous écoutions. Peut-être est-il temps que nous nous rappelions à quoi ressemble la vérité.