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Quand Satan s’assied sur le droit chemin : la guerre cachée au sein de la religion

Texte lu en français

La plus grande tromperie de Satan n’est pas la rébellion : c’est l’égarement de l’intérieur de la religion. Ce texte explore comment une foi corrompue peut devenir son outil le plus puissant, détournant les croyants du chemin même qui mène à Dieu.

Par Alexandra Etheredge · Traduit de l’anglais

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Quand beaucoup de gens pensent à l’influence de Satan, ils imaginent l’immoralité affichée, la révolte ouverte contre Dieu, voire l’athéisme. On présuppose communément que, tant que l’on croit en Dieu et que l’on suit une religion conforme à ses propres vues, on est à l’abri de l’égarement. Mais c’est là l’une des plus grandes tromperies de l’histoire humaine. Et si le véritable danger ne se trouvait pas hors de la religion, mais en elle ? Et si la religion, une fois corrompue, devenait l’outil le plus efficace entre les mains de Satan ? Et si le chemin même auquel les gens se fient pour les mener à Dieu était l’endroit où Satan attend silencieusement, en embuscade ?

Il est dans le Coran un verset devant lequel peu s’arrêtent pour méditer en profondeur, et qui révèle pourtant une vérité profonde et dérangeante sur la nature de l’égarement. Il consigne un serment fait par Satan après son rejet hors de la miséricorde de Dieu — le serment d’égarer les gens non par le péché flagrant seulement, mais par une voie bien plus trompeuse. Satan dit :

« Puisque Tu m’as égaré, je m’assiérai pour eux sur Ton droit chemin. Puis je les assaillirai de devant, de derrière, de leur droite et de leur gauche, et Tu n’en trouveras pas la plupart reconnaissants. »Coran, chapitre 7 (Al-A‘raf), versets 16-17

Ce verset ne parle pas d’éloigner les gens de la religion, mais de les égarer à l’intérieur de celle-ci. Le « droit chemin » est celui de la révélation, de la foi et de l’obéissance à Dieu. C’est précisément le chemin que les croyants s’efforcent de suivre. Et c’est pourtant là — sur ce chemin sacré — que Satan promet de se tenir en embuscade, d’approcher l’humanité de toutes les directions et de corrompre la sincérité de sa quête. La plupart n’envisagent jamais cette possibilité. Ils s’imaginent que, tant qu’ils sont religieux, ils sont protégés. Mais Satan a promis de tordre la religion elle-même, pour en faire un véhicule de son égarement.

Observons un schéma récurrent dans l’histoire de la guidance divine : chaque fois que Dieu envoie un messager avec une révélation et une loi, le message se heurte au rejet. La plupart des gens le méprisent, raillent le messager, contestent son autorité et refusent de croire. Ses fidèles sont peu nombreux, souvent opprimés, ridiculisés ou dispersés. Ce schéma n’est propre à aucune époque : à travers l’histoire, chaque messager envoyé par Dieu a subi le même rejet, les mêmes moqueries et la même haine, ses véritables fidèles restant toujours peu nombreux. Lorsque ce messager disparaît — souvent tué par ses ennemis —, ce qui suit n’est pas la continuation d’une croyance pure, mais une grande corruption. La révélation à laquelle on avait résisté est saisie par Satan. Il prend l’Écriture, l’héritage et le nom du prophète — et en fait quelque chose de nouveau.

Avec le temps, cette religion nouvellement formée devient puissante. Elle rassemble des fidèles, bâtit des institutions et prétend être la seule voie vers Dieu. Mais en réalité, ce n’est plus le message initialement révélé. C’est un instrument de Satan — façonné par son serment d’égarer depuis l’intérieur du droit chemin. C’est ainsi que la majorité finit dans l’égarement tout en croyant suivre la vérité. Beaucoup, aujourd’hui, sont convaincus que leur religion est la bonne parce qu’elle est suivie par des millions — ou des milliards — de gens. Mais cette assurance est fausse. Chaque révélation a été rejetée. Chaque vérité a commencé petite. Et la popularité n’a jamais été un signe d’approbation divine. Comme le Coran en avertit :

« Et si tu obéis à la majorité de ceux qui sont sur la terre, ils t’égareront du sentier d’Allah. »Coran, chapitre 6 (Al-An‘am), verset 116

Ce que Satan a maîtrisé, ce n’est pas d’éloigner les gens de la religion : c’est de faire de la religion elle-même le véhicule de l’égarement. Voilà pourquoi chaque prophète est aimé après sa mort, mais haï de son vivant. Le message véritable est trop dérangeant, trop pur, trop exigeant pour l’ego. Mais une fois qu’il est mort, Satan peut le remodeler au gré des désirs des gens. Ce processus est illustré dans l’une des paraboles de Jésus, où il dit :

« Le royaume des cieux est semblable à un homme qui a semé une bonne semence dans son champ. Mais, pendant que les gens dormaient, son ennemi vint, sema de l’ivraie parmi le blé, et s’en alla. Lorsque l’herbe eut poussé et donné du fruit, l’ivraie parut aussi… Les serviteurs lui dirent : “Veux-tu que nous allions l’arracher ?” “Non, dit-il, de peur qu’en arrachant l’ivraie vous ne déraciniez en même temps le blé. Laissez croître ensemble l’un et l’autre jusqu’à la moisson.” »Bible, livre de Matthieu, chapitre 13, versets 24-30

Dans cette parabole, l’ennemi ne sème pas le mal dans un champ lointain, mais en plein milieu du bon grain. La corruption pousse à côté de la vérité, presque indiscernable jusqu’au temps de la moisson. Cela reflète ce qui se produit après chaque révélation. Quand le message est neuf, Satan l’infiltre. L’ivraie pousse parmi le blé. Elle se multiplie et étouffe ce qui pousse autour d’elle, accaparant les ressources destinées à la vie. De même, la fausse religion submerge la foi véritable. Mais quand une nouvelle révélation survient avec un messager vivant, elle fait office de moisson. C’est au temps du messager vivant qu’une distinction nette est faite entre l’ivraie et le blé. Cette distinction repose sur l’acceptation ou le rejet du message qui, bien qu’il paraisse nouveau, est en vérité le message originel perdu et étouffé. La sincérité de chaque croyant est éprouvée par la révélation. Elle sépare ceux qui acceptent la vérité vivante de ceux qui s’accrochent à une tradition corrompue. Ce faisant, elle révèle qui a vraiment suivi le messager, et qui a en réalité suivi Satan au nom du messager. Ceux qui croyaient véritablement au prophète originel reconnaissent le nouveau message, parce qu’ils aimaient la vérité — et pas seulement la personne.

Chaque génération est éprouvée non par sa capacité à honorer un prophète du passé, mais par sa disposition à suivre la vérité vivante. Ainsi, si vous regardez autour de vous et vous découvrez sur le même chemin que des milliards de gens qui vénèrent un prophète mort tout en rejetant un prophète vivant, il est temps de vous interroger, vous et votre religion.

Pour ceux qui connaissent la Bible, c’est un reproche bien connu que Jésus adressait aux pharisiens : « Pourquoi transgressez-vous les commandements de Dieu au profit de vos traditions ? » Cette parole puissante révèle une vérité constante : Dieu et Ses messagers ont toujours condamné l’abandon des commandements divins au profit de traditions religieuses fabriquées par les hommes.

Au temps de Jésus, les pharisiens avaient de nombreux fidèles, et de nombreuses synagogues avaient été bâties au nom de Dieu. Ils se disaient fièrement enfants d’Abraham, alors que leurs actes contredisaient la foi même dont ils se réclamaient. Ces traditions, défendues et propagées par les autorités religieuses, dénaturaient le message originel. Le mépris manifeste de Jésus pour cette pratique est un avertissement à toutes les générations. Et si un véritable messager apparaissait aujourd’hui avec le même appel intransigeant à revenir aux commandements de Dieu, il serait lui aussi combattu — non parce que son message serait faux, mais parce que l’histoire montre que la vérité est rarement bien accueillie par la majorité.

L’arrogance joue un rôle crucial dans ce processus : elle est l’outil qui aveugle une personne au point de lui faire croire qu’elle ne peut pas être égarée. C’est cette arrogance même qui empêche les individus de reconnaître qu’ils sont sur la mauvaise voie, puisqu’ils sont convaincus de leur propre droiture. C’est cette même arrogance qui a conduit Satan à refuser d’honorer Adam, persuadé que son opinion et sa nature étaient supérieures, voire infaillibles. Ce même esprit vit encore aujourd’hui dans l’orgueil religieux.

Les gens rejettent les révélations nouvelles non par manque de preuves, mais parce qu’ils estiment que leurs croyances actuelles sont trop sacrées pour être questionnées. Ils prétendent honorer leurs prophètes, mais rejettent le message même que ces prophètes ont apporté. Lorsqu’ils s’accrochent à un prophète disparu, ce n’est pas par révérence pour son message, mais parce qu’ils se sont façonné de lui une image qui convient à leurs propres désirs et inclinations. Ils modèlent cette version du prophète selon leurs préférences personnelles et, ce faisant, ils rejettent le messager vivant qui incarne l’essence du prophète originel. Bien qu’on leur présente une guidance divine nouvelle, ils refusent obstinément tout messager sinon celui qu’ils ont idéalisé, résistant ainsi à la vérité vivante. Au lieu d’honorer le message véritable, ils ne font que suivre leurs propres désirs, cramponnés à une version déformée du passé. C’est exactement ce que Satan voulait obtenir. En vérité, s’ils rencontraient aujourd’hui le prophète dont ils se réclament, ils ne trouveraient pas en lui ce qu’ils désirent, tout comme ceux qui les ont précédés n’ont pas su l’accepter.

En définitive, la promesse que Satan a faite à Dieu — égarer l’humanité depuis l’intérieur du droit chemin — s’est accomplie maintes et maintes fois à travers l’histoire. Cette promesse n’est pas un événement lointain du passé : c’est une réalité continue, qui se rejoue à chaque génération. Dans toutes les religions, Satan n’a pas besoin d’éloigner complètement les gens de la foi. Il corrompt plutôt la religion elle-même, la tordant jusqu’à la rendre très éloignée de sa pureté originelle.

La majorité peut croire suivre la vérité, simplement parce qu’elle suit ce qui a été transmis de génération en génération. Mais ce faisant, elle suit ses propres inclinations, et non le message originel de Dieu. L’arrogance qui pousse à refuser tout changement, à s’accrocher à ce que l’on a toujours connu, l’aveugle à la vérité vivante. C’est précisément le piège que Satan a tendu à l’humanité : transformer les traditions religieuses en idoles qui masquent le chemin véritable.

La réalité, c’est qu’il n’existe qu’une seule vérité qui dure : la révélation vivante qui nous rappelle au message pur de Dieu, débarrassé de siècles de déformation. La véritable épreuve consiste à savoir si l’on reconnaît le messager vivant ou si l’on s’accroche à une image sans vie du passé.

La tâche du croyant n’est pas de suivre la foule, ni d’hériter d’une religion façonnée par la tradition et l’ego. Elle est de chercher la vérité vivante que détient le messager de son temps. De même qu’Adam fut la voix vivante de Dieu sur terre, et que Satan reçut l’autorité d’égarer avec sa propre voix, de même aujourd’hui, les voix demeurent. L’une appelle à Dieu. L’autre appelle au désir, à l’orgueil et à l’illusion. Et comme auparavant, ce n’est pas l’absence de religion qui égare le plus grand nombre : c’est la présence d’une religion déformée.

Le Coran formule un avertissement clair sur la nature de l’inimitié de Satan envers l’humanité. Dieu ordonne aux croyants de ne pas suivre les pas d’Iblis, rejeté pour son arrogance et son refus de se soumettre à l’ordre divin. Mais Dieu ne se contente pas d’avertir : Il donne des récits détaillés de la façon dont des nations passées sont tombées dans le même péché. Ce n’étaient pas des sociétés sans Dieu ; elles avaient des Écritures, des lieux de culte et une vie religieuse structurée. Leur chute est venue lorsqu’elles se sont détournées de la guidance vivante qui leur était envoyée, choisissant plutôt de maintenir l’autorité de leurs propres traditions et de leurs propres chefs.

Le prophète Mohammed nous a donné un avertissement sans détour au sujet des savants de la fin des temps. Il a dit qu’ils seraient les pires créatures sous le ciel, et qu’ils seraient les ennemis les plus dangereux du Mahdi. Ces savants se présentent comme les défenseurs de la religion, mais ils en sont en vérité le plus grand obstacle : ils s’accrochent à un savoir hérité tout en s’opposant à la révélation vivante.

Cette réalité trouve son écho dans le Coran, où Dieu décrit le regret de ceux qui sont jetés en Enfer : ils confessent que des messagers étaient venus à eux, mais qu’ils n’ont pas su écouter — ou qu’ils ont été égarés par leurs chefs. Ces aveux exposent l’erreur fatale qui consiste à faire confiance à une autorité corrompue plutôt qu’à la vérité divine. Chaque nation, même celles qui prétendaient suivre Dieu, avait des chefs religieux qui rejetaient les messagers envoyés pour renouveler Sa voie. Et de même que Pharaon utilisait la religion pour justifier son règne, de même les dirigeants d’aujourd’hui font du langage sacré une arme pour protéger leur propre statut. Mais la religion de Dieu ne se conserve pas dans des institutions : elle se renouvelle par le messager vivant, le guide de chaque temps. À cette époque, ce rôle revient au Mahdi.

Le message est sans équivoque : la guidance divine n’est jamais figée dans le passé. Elle est vivante, renouvelée et pertinente pour chaque génération. Le Mahdi, promis pour la fin des temps, n’est pas une figure de mythe ni un espoir lointain : c’est un guide vivant, et la reconnaissance de son rôle est une épreuve divine. Comme l’a déclaré le prophète Mohammed : « Quiconque meurt sans connaître l’Imam de son temps meurt de la mort de l’ignorance. » Ce n’est pas une formule poétique : c’est un avertissement. La religion de Dieu n’a jamais été conçue comme un musée de rituels ni comme la célébration de défunts. C’est une réalité vivante, et ignorer le guide de son propre temps, c’est rejeter l’essence même du lien divin.

Dans ce monde, il y a deux voix : celle qui parle de la part de Dieu, et celle qui l’imite pour égarer. Les religions d’aujourd’hui, si nombreuses soient-elles, sont devenues les échos de la seconde. Leurs traditions, leurs chaires et leurs foules servent souvent non pas à guider, mais à couvrir la Voix qui mène véritablement à Dieu.

Cette Voix n’est pas dans le passé. Elle vit aujourd’hui, dans le message de la Religion Ahmadie de la Paix et de la Lumière, et dans la personne d’Aba Al-Sadiq — la preuve vivante de la guidance de Dieu en ce temps. Aba Al-Sadiq, avec son Père Ahmed Al-Hassan, sont les deux seules personnes de l’histoire à avoir revendiqué être explicitement mentionnées dans le testament du prophète Mohammed. Ce testament sacré, conservé entre les mains des hommes depuis plus de 1 400 ans, les nomme tous deux : d’abord Ahmed Al-Hassan comme le Yamani promis qui lèverait la bannière « L’allégeance est à Dieu », puis Aba Al-Sadiq comme son successeur désigné. Les traditions avertissent clairement que quiconque revendiquerait faussement cette affaire serait retranché par Dieu.

« J’ai entendu Abou ‘Abdallah dire : “Nul ne revendique cette affaire (la Direction dotée de l’autorité divine), hormis celui qui possède l’autorité divine, sans qu’Allah n’abrège sa vie.” »Al-Kafi, Al-Shaikh Al-Kulayni, vol. 1, livre 4, chapitre 85, hadith 5

Les deux hommes ont levé la même Bannière divine et porté le même message : l’allégeance et la loyauté n’appartiennent qu’à Dieu — non aux savants, ni aux dirigeants de ce monde, ni aux traditions héritées. Aba Al-Sadiq appelle à la suprématie absolue de Dieu, exhortant les gens à abandonner l’adoration et l’obéissance de faux dieux et de dirigeants tyranniques pour revenir à l’adoration pure de Dieu seul. Il a révélé une connaissance divine qui dépasse l’entendement des savants les plus instruits de l’islam, du christianisme et d’autres religions. Bien qu’il n’ait jamais fréquenté d’école religieuse ni étudié auprès d’un savant, il s’en est remis uniquement à Dieu comme Maître et Guide, recevant de Lui la connaissance de la Vérité.

Aba Al-Sadiq a accompli de nombreuses prophéties et a dévoilé les sens cachés des Écritures par la sagesse divine qu’il apporte. Il porte la Bannière annoncée il y a 1 400 ans, apparaissant précisément au moment prédit par le saint prophète Mohammed. Les signes de Dieu sont manifestes pour qui a des yeux pour voir et des oreilles pour entendre. Quiconque nie l’apparition du Mahdi, Aba Al-Sadiq — que ce soit par moquerie ou par loyauté aveugle envers de faux chefs religieux —, reproduit le comportement de ceux qui ont rejeté les prophètes et les messagers du passé.

De même, les chrétiens professent attendre le retour de Jésus, mais donnent entre-temps leur loyauté à d’autres à sa place. Ils défendent les enseignements de Paul, un pape choisi par les hommes, et des prédicateurs qui répandent des doctrines contredisant ce que Jésus lui-même a enseigné. Tout en prétendant attendre le Messie, ils délaissent ses commandements et sa guidance. Satan a trompé ceux qui professent la foi dans les prophètes du passé, en les aveuglant à la Parole vivante de Dieu qui se tient aujourd’hui devant eux.

Et si les musulmans ne croient pas aux paroles du Prophète même dont ils se réclament, ils sont sortis du giron de l’islam. Leur chahada — témoignant d’Allah et de Son Messager — ne pèse pas plus lourd que la proclamation, par les chrétiens, de Jésus comme leur Seigneur, tandis qu’ils font fi de son message et obéissent à d’autres à sa place.

La voix de Satan se fait forte à travers des religions qui ont perdu leur âme. Mais la voix de Dieu parle toujours. La question n’est pas de savoir si Dieu appelle ; la question est : êtes-vous prêt à écouter ?