Neuf choses que toutes les religions ont en commun
Texte lu en français
Et si le judaïsme, le christianisme, l’islam, le bouddhisme et d’autres encore n’étaient que des chapitres différents d’une même histoire divine ?
Par Alexandra Foreman · Traduit de l’anglais

La plupart des religions — judaïsme, christianisme, islam, bouddhisme, zoroastrisme, taoïsme, confucianisme, jaïnisme et manichéisme — font en réalité partie d’une même religion et ont toutes été fondées par un véritable prophète de Dieu. Si ces religions peuvent sembler différentes en apparence, elles partagent de nombreuses similitudes.
1. Le monothéisme
Un trait commun à la plupart des religions existantes est l’insistance sur l’adoration d’un seul Dieu suprême — Allah en islam, « Votre Dieu est un Dieu unique : il n’y a de dieu que Lui, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux » (Coran 2:163), et Yahvé dans le judaïsme —, tout-puissant, compatissant et source de la guidance morale.
L’hindouisme est souvent perçu comme polythéiste, mais c’est fondamentalement une religion monothéiste. S’il existe d’autres dieux et déesses, ils sont considérés comme subordonnés au Dieu ultime, Brahman, et ne sont pas adorés à ses côtés comme ses égaux.
« L’Être suprême est rayonnant, sans forme et impérissable. Il est au-dedans et au-dehors, non né, sans souffle vital ni mental, pur et existant par soi. »Mundaka Upanishad 2.1.2
Le bouddhisme est souvent vu comme une religion sans Dieu, mais c’est une idée fausse. Cette religion comporte des dieux et des déesses partagés avec l’hindouisme, ainsi qu’un Dieu ultime, Brahma, qui réside dans un domaine appelé Brahmaloka, le plus haut des mondes célestes.
2. L’appel à la prière
L’appel à la prière dans le judaïsme et dans l’islam présente des similitudes. En islam, l’adhan est un appel vocal qui invite les croyants aux cinq prières quotidiennes. Dans le judaïsme, le chofar (corne de bélier) sert à rassembler la communauté pour la prière, en particulier pendant les Grandes Fêtes, et certains psaumes font office d’invocations préparatoires en contexte communautaire. Les deux insistent sur l’appel au culte comme rappel de Dieu et sur l’importance du rite de la prière
Dans les vidéos suivantes, vous pouvez comparer à quel point l’appel juif à la prière ressemble à l’appel arabe :
3. Les prières quotidiennes
La prière est une pratique centrale dans de nombreuses religions ; elle met l’accent sur la dévotion, la gratitude et le lien spirituel. Les musulmans accomplissent cinq prières quotidiennes (salat), tandis que les juifs récitent trois prières quotidiennes (Chaharit, Minha et Maariv) ; les unes et les autres comportent des ablutions rituelles (woudou en islam, netilat yadayim dans le judaïsme) et des postures précises comme l’inclinaison et la prosternation.
Dans ces vidéos, vous pouvez voir à quel point les mouvements de la prière juive ressemblent à ceux de la prière musulmane :
De même, les zoroastriens observent cinq prières quotidiennes (gahs), alignées sur des moments précis de la journée, accompagnées d’ablutions et tournées vers une source de lumière, symbole du divin.
Les manichéens pratiquent eux aussi la prière quotidienne, quatre fois par jour, tournés vers des corps célestes comme le soleil et la lune, avec souvent des ablutions rituelles et des jeûnes. Ces traditions partagent de nombreux éléments communs : horaires structurés, récitations sacrées et pureté rituelle.
4. Le renoncement à soi
Le But des sages affirme que « tout prophète et tout messager ayant jamais foulé la terre a enseigné une doctrine de renoncement à soi, de lutte contre le moi, contre les penchants mauvais, ou d’anéantissement de l’ego ». L’écrasement de notre propre ego est un thème central que l’on retrouve dans toutes les religions, parce qu’il est un obstacle sur notre chemin vers Dieu.
Jésus a enseigné :
« Renonce à toi-même. »Bible, Évangile de Matthieu, chapitre 16, verset 24
Le Prophète Mohammed a dit :
« Le plus grand djihad est celui que l’on mène contre soi-même. »Mizan Al-Hikmah, Mohammed Al-Reyshahri, vol. 1, p. 453 ; Sharh Nahj Al-Balagha, Ibn Abi Al-Hadid, vol. 20, p. 292
Dans l’hindouisme, l’ego (ahamkara) est vu comme une construction illusoire qui masque l’unité de l’âme avec la réalité divine (Brahman). La libération (moksha) s’obtient en dissolvant l’ego par des pratiques comme la méditation et l’action désintéressée. Le bouddhisme voit de même l’ego comme une illusion, enracinée dans la notion d’anatta (non-soi). Se détacher des attachements dictés par l’ego, par la pleine conscience et la méditation, est la clé de l’éveil (nirvana).
Dans le manichéisme, l’ego est lié au domaine des ténèbres, qui maintient l’âme prisonnière des désirs matériels. Surmonter l’ego par le renoncement et les pratiques spirituelles permet à l’âme de retourner à la lumière divine.
Le zoroastrisme inscrit l’ego dans la lutte cosmique entre le bien (asha) et le mal (druj), en encourageant chacun à purifier son ego par la pratique de la vérité, de l’humilité et de la droiture.
5. Le monde est une illusion
Certains groupes croient que nous vivons dans une réalité simulée ou illusoire, semblable à une matrice, où le monde que nous percevons est une construction plutôt qu’une existence véritable. Cette idée est aussi un thème central de nombreuses religions, énoncé dans leurs livres saints, explicitement ou allégoriquement.
En islam, le monde (dunya) est décrit comme une illusion temporaire, une réalité trompeuse au regard de l’Au-delà éternel (akhira). Le Coran rappelle fréquemment aux croyants que les plaisirs de ce monde sont des distractions, en insistant sur la recherche de la guidance de Dieu et la préparation au Jour du Jugement. L’Imam Ali a dit cette parole célèbre :
« Les gens dorment ; lorsqu’ils meurent, ils s’éveillent. »
De même, la Bible invite les croyants à se tourner vers le divin :
« Attachez-vous aux choses d’en haut, et non à celles qui sont sur la terre. »Bible, Épître aux Colossiens, chapitre 3, verset 2
L’hindouisme et le bouddhisme partagent la croyance en la Maya, la nature illusoire du monde, qui masque l’existence véritable. Dans le bouddhisme, la libération de cette illusion passe par l’éveil, tandis que l’hindouisme insiste sur le dépassement de l’ignorance pour réaliser la vérité ultime.
Dans la Bhagavad Gita, Krishna déclare :
« Cette Maya divine qui est Mienne, composée des trois gunas (qualités), est difficile à surmonter. Mais ceux qui se réfugient en Moi seul peuvent la franchir. »Bhagavad Gita, chapitre 7, verset 14
6. Le karma
« Ni dans le ciel, ni au milieu de la mer, ni en pénétrant dans une faille de montagne, nulle part au monde il n’est de lieu où l’on puisse échapper aux fruits du mauvais karma. »Dhammapada, verset 127
Beaucoup de religions partagent la croyance que les actes ont des conséquences, en insistant sur la responsabilité morale. Le bouddhisme enseigne que les bonnes actions apportent la joie et conduisent à des royaumes de félicité, tandis que les mauvaises actions causent la souffrance, dans cette vie comme dans la suivante.
De même, la notion hindoue de karma reflète la loi de cause à effet : les actions justes produisent des issues positives, et les actions nuisibles engendrent des conséquences négatives, qui influent sur les réincarnations. La libération de ce cycle s’obtient par des actions désintéressées, la dévotion et la sagesse spirituelle.
La Bible fait écho à ce principe en Galates 6,7-8 : « ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi », soulignant les récompenses des bonnes actions et les conséquences du péché.
L’islam, sans enseigner explicitement le karma, met en avant une notion semblable de justice divine, où chaque acte est consigné et jugé par Allah, comme l’affirme le Coran :
« Quiconque fait un atome de bien le verra, et quiconque fait un atome de mal le verra. »Coran, chapitre 99 (Al-Zalzalah), versets 7-8
7. La réincarnation
L’hindouisme et le bouddhisme enseignent tous deux la notion de réincarnation, où l’âme traverse un cycle de naissance, de mort et de renaissance (samsara). Dans l’hindouisme, ce cycle est régi par le karma — les conséquences morales des actes —, et la libération (moksha) s’obtient en le transcendant par la sagesse spirituelle et une vie droite. Dans le bouddhisme, la réincarnation est de même liée au karma, le but ultime étant l’éveil (nirvana), qui met fin au cycle des renaissances et libère de la souffrance.
Bien qu’on ne la tienne pas traditionnellement pour une croyance abrahamique, de nombreuses preuves montrent que la réincarnation est une notion présente dans le judaïsme, le christianisme et l’islam. Dans la Bible, dans l’Évangile de Matthieu, une conversation entre Jésus et ses disciples montre que les gens croyaient au retour des âmes à l’époque de Jésus.
« Jésus, étant arrivé dans la région de Césarée de Philippe, demanda à ses disciples : “Qui dit-on que le Fils de l’homme est ?” Ils répondirent : “Les uns disent Jean-Baptiste ; d’autres, Élie ; d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes.” “Et vous, leur demanda-t-il, qui dites-vous que je suis ?” Simon Pierre répondit : “Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant.” »Bible, Évangile de Matthieu, chapitre 16, versets 13-16
Ici, les disciples attendent clairement le retour de divers prophètes et messagers dans des corps différents. Dans l’Évangile de Jean, nous trouvons une autre mention claire de la réincarnation, où Jésus déclare qu’il faut naître de nouveau pour entrer dans le royaume de Dieu :
« Or, il y avait un pharisien nommé Nicodème, membre du conseil dirigeant juif. Il vint de nuit auprès de Jésus et lui dit : “Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu, car nul ne pourrait accomplir les signes que tu fais si Dieu n’était avec lui.” Jésus répondit : “En vérité, en vérité, je te le dis, nul ne peut voir le royaume de Dieu s’il ne naît de nouveau.” “Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? demanda Nicodème. Peut-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère pour naître ?” Jésus répondit : “En vérité, en vérité, je te le dis, nul ne peut entrer dans le royaume de Dieu s’il ne naît d’eau et d’Esprit. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne t’étonne pas que je t’aie dit : ‘Il vous faut naître de nouveau.’” »Bible, Évangile de Jean, chapitre 3, versets 1-7
Les récits islamiques indiquent eux aussi clairement que la croyance en la réincarnation fait partie de la religion : la notion de Raj’a (le Retour) en islam désigne en réalité la réincarnation d’une âme dans un corps nouveau, et non des corps sortant de la tombe comme on l’a cru jusqu’ici.
L’Imam Ja’far Al-Sadiq a dit : « Quiconque ne croit pas à notre Retour n’est pas des nôtres. »Al-Muhtadir, Al-Hassan ibn Sulayman Al-Hilli, p. 33
Abi Baseer a dit : Abu Ja’far, c’est-à-dire l’Imam Al-Baqir (PSL), me dit : « Les gens d’Irak nient-ils la Raj’a (le Retour) ? » Je répondis : oui. Il dit alors (PSL) : « N’ont-ils pas lu le Coran : {Et le Jour où Nous rassemblerons de chaque communauté un groupe} ? » (Le saint Coran, An-Naml, verset 83).Bihar Al-Anwar, Al-Allamah Al-Majlisi, vol. 53, p. 40, hadith 6
8. Un sauveur du monde à la fin des temps
Beaucoup de religions partagent l’idée d’un sauveur du monde qui paraît en des temps de décadence morale pour rétablir la paix, la justice et la droiture. Dans le judaïsme, le Messie est un dirigeant humain de la lignée de David qui inaugure une ère messianique d’harmonie. De même, le Mahdi de l’islam est un guide bien dirigé qui établit la justice avant le Jour du Jugement, souvent aux côtés de Jésus. Le bouddhisme parle de Maitreya, un bouddha à venir qui apporte sagesse et renouveau. Le Kalki de l’hindouisme, dernier avatar de Vishnou, rétablit le dharma à la fin du Kali Yuga. Dans le zoroastrisme, le Saoshyant conduit le triomphe final du bien sur le mal, aboutissant à un monde purifié et éternel.
9. La religion est un homme
Comment, dès lors, toutes ces religions différentes peuvent-elles avoir tant de pratiques et d’enseignements semblables ? La raison de toutes ces similitudes est qu’elles proviennent en définitive du même Dieu ; et si leurs rites et leurs enseignements peuvent différer, elles partagent toutes un trait fondamental : chacune a été fondée par un homme désigné par Dieu pour guider l’humanité et transmettre la connaissance divine. D’Adam à Noé, Krishna, Moïse, Bouddha, Abraham, Jésus, Aristote, Mohammed et les 124 000 prophètes et messagers envoyés aux hommes, ces vicaires divinement choisis ont porté la religion aux peuples.
Les règles et les pratiques destinées à l’humanité peuvent changer avec le temps, adaptées à ce qui profite le plus à la société d’une époque donnée. De même, la connaissance révélée par Dieu varie selon la capacité de l’humanité à la comprendre. Dès lors, la vraie religion ne se définit pas par une jurisprudence ou des enseignements particuliers, mais par le fait de suivre le représentant choisi par Dieu à chaque époque.