Indignation autour de statues du Prophète Mohammed et de sa famille
Texte lu en français
Ces statues, commandées par Abdullah Hashem Aba Al-Sadiq pour la toute première fois de l’histoire, donnent à chacun la possibilité de jeter un regard sur le passé à travers des représentations grandeur nature de ces six figures historiques. Le monde a en effet été privé de contempler leurs images pendant environ 1 400 ans.
Par Sermad Al-Khafaji · Traduit de l’anglais

Le 11 février 2026 a marqué un moment historique. Le Riseur de la Famille de Mohammed, Abdullah Hashem Aba Al-Sadiq, a annoncé au monde sur sa chaîne YouTube, The Mahdi Has Appeared, son intention d’établir « Le Musée de Mohammed et de sa Maison », en indiquant que, dans les mois à venir, des œuvres d’art commémorant Mohammed, sa Maison, ainsi que les Prophètes et les Messagers, viendraient s’ajouter au trésor d’œuvres qui occupe déjà Webb House.
L’annonce, consignée dans une vidéo de 54 minutes intitulée The Mahdi opens the Museum of Mohammed & His Family, a été soulignée par la révélation de six représentations en marbre des membres de la famille de Mohammed : le Prophète Mohammed, Fatimah Al-Zahra la fille de Mohammed, Ali ibn Abi Talib le cousin et gendre de Mohammed, Al-Hassan le petit-fils de Mohammed, et enfin Al-Hussein avec son fils en bas âge Abdullah dans les bras, tous deux martyrisés à Kerbala.





A’isha a rapporté que l’Apôtre d’Allah sortit un matin en portant un manteau rayé en poil de chameau noir, et Al-Hassan ibn Ali vint. Il l’enveloppa dessous, puis Al-Hussein vint et il l’enveloppa dessous avec l’autre (Al-Hassan). Puis Fatimah vint et il la prit dessous, puis Ali vint et il le prit aussi dessous, et il dit alors : Allah ne veut que vous ôter toute souillure, ô gens de la maison, et vous purifier (d’une purification totale).Sahih Muslim, Muslim ibn Al-Hajjaj Al-Naysaburi, livre 44, hadith 91
Ces statues, commandées par Abdullah Hashem Aba Al-Sadiq pour la toute première fois de l’histoire, donnent à chacun la possibilité de jeter un regard sur le passé à travers des représentations grandeur nature de ces six figures historiques. Le monde a en effet été privé de contempler leurs images pendant environ 1 400 ans. Les musulmans ont adopté la croyance selon laquelle avoir des statues facilite et constitue le polythéisme et ne peut donc pas être permis en islam. Cette croyance repose sur des interprétations de narrations du Prophète Mohammed, qui tendent à servir à justifier une vision du monde très étroite et presque hypocrite. Par exemple :
Rapporté par Aisha : Um Habiba et Um Salama mentionnèrent une église qu’elles avaient vue en Éthiopie, et dans cette église il y avait des images. Lorsqu’elles en parlèrent au Prophète, il dit : « Ces gens sont tels que, si un homme pieux parmi eux mourait, ils bâtissaient un lieu de culte sur sa tombe et y peignaient ces images. Ces gens seront les pires créatures d’Allah au Jour de la Résurrection. »Sahih Al-Bukhari, Al-Bukhari, Livre des mérites des Auxiliaires de Médine, hadith no 3873
Anas b. Malik a dit : J’étais assis avec Ibn Abbas lorsqu’il rendait des avis religieux, mais il ne disait pas que c’était le Messager d’Allah qui l’avait dit. Cependant, lorsqu’un homme lui dit (à Ibn Abbas) : Je suis le peintre de ces images ; Ibn Abbas dit : J’ai entendu le Messager d’Allah dire : Celui qui a peint des images dans ce monde sera contraint de leur insuffler une âme au Jour de la Résurrection, mais il ne pourra pas leur insuffler d’âme.Sahih Muslim, Muslim ibn Al-Hajjaj Al-Naysaburi, livre 37, hadith 153
Les narrations qui traitent des peintures doivent être réexaminées à la lumière du monde dans lequel nous vivons, où nous disposons de représentations diverses de musulmans filmées dans toutes sortes de productions de cinéma et de télévision, et plus encore de l’usage généralisé de la photographie, personnelle ou non. Avec l’avènement des smartphones et des réseaux sociaux, cela est encore plus accentué et doit donc être traité pour que la vision endoctrinée, chez les musulmans, selon laquelle les images de personnes sont interdites ne se réduise pas à de l’hypocrisie. S’il est effectivement interdit d’exposer les images d’une personne, alors cela doit aussi s’appliquer à l’usage contemporain des technologies à cette fin même ; sinon, cela devient une règle dépourvue de sens, pertinente pour une époque ou un peuple seulement. Si le but de la règle est d’empêcher le culte des idoles, alors l’usage des technologies modernes pour capter les images (animées ou fixes) de personnes est encore plus propice à cette fonction. Certaines personnes de l’histoire ont été idolâtrées et, aujourd’hui, les musulmans regardent certaines personnes avec une grande révérence et une grande adoration, qu’il s’agisse de dirigeants, de clercs, de savants ou de philosophes ; cela doit être examiné avec une grande attention à la lumière du sujet de cet article.
Cette dernière narration sert à justifier la vision musulmane sunnite selon laquelle toutes les statues doivent être détruites, puisqu’elles constituent automatiquement du polythéisme du fait que des gens, dans le passé, adoraient les statues au lieu de Dieu. Cette supposition n’est corroborée nulle part dans le Coran. Plus important encore, là où les musulmans ont pris les narrations du Prophète Mohammed pour appuyer cette vision, il n’existe aucune preuve convaincante que cela ait jamais fait partie de la doctrine. Le seul épisode connu où le Prophète Mohammed a adopté une position ferme est celui où nous le voyons entrer dans la Kaaba à son retour à La Mecque et détruire les idoles que les gens de l’époque avaient prises pour des dieux à adorer. La Mecque était bien connue pour le culte de toutes sortes d’idoles et, de fait, les élites de La Mecque avaient fait fortune grâce au commerce lié aux différents pèlerinages des différents groupes qui adoraient ces idoles, quelle que fût la matière dont elles étaient faites. Ces idoles étaient aussi fabriquées et vendues à La Mecque aux touristes religieux qui affluaient dans la ville pour leurs pèlerinages respectifs. L’une des principales raisons pour lesquelles les élites de La Mecque entrèrent en guerre contre le Prophète Mohammed est qu’il appelait à un Dieu unique, tout-puissant et invisible, et cela à lui seul démantelait leur héritage commercial vieux de plusieurs générations et leurs monopoles à La Mecque.
Tout cela étant à l’esprit, nous avons vu — dans le prolongement de cette conception — des réactions suscitées par cette vidéo et par les extraits qui en ont été tirés sur les réseaux sociaux, réactions assez agressives, et c’est un euphémisme. Certains ont jugé approprié de déclarer leurs intentions violentes, et certains vont même jusqu’à proférer des menaces de mort.


En réponse à ces commentaires, à ces messages et à toutes les autres opinions soi-disant musulmanes sur ce sujet et sur bien d’autres auxquels ils tendent à s’opposer, comme la question du port du hijab entre autres, nous disons ce que la Famille du Prophète Mohammed a clairement établi en cette matière. Voici quelques exemples de ce que les Imams ont dit ; et le fait que la même chose soit réaffirmée de tant de manières différentes la rend incontestable.
L’Imam Al-Sadiq a déclaré : « Si le Riseur se lève, il appellera les gens à un nouvel islam, et il les guidera vers une affaire qui était perdue et dont les gens s’étaient égarés ; et en vérité, le Riseur a été appelé Mahdi [un Guide] parce qu’il guide vers une affaire qui est perdue, et il a été appelé Riseur parce qu’il se lève avec la vérité. »Bihar Al-Anwar, Al-Allamah Al-Majlisi, vol. 51, p. 30
L’Imam Al-Baqir a dit : « Si le Riseur/Qaim se lève, il détruira tout ce qui l’a précédé, tout comme l’a fait le Prophète d’Allah, et il établira un nouvel islam. »Kitab Al-Ghayba (Livre de l’occultation), Al-Numani, vol. 1, p. 236
Toutes ces narrations indiquent que les musulmans perdront l’essence et le sens de leur religion — l’islam. Cela est également confirmé par une narration du Prophète Mohammed, dans laquelle il confirme que les musulmans perdent complètement leur religion et qu’il n’en reste qu’une coquille.
Ali a rapporté que le Messager de Dieu a dit : « Un temps vient bientôt pour les hommes où il ne restera de l’islam que son nom et où il ne restera du Coran que sa forme écrite. Leurs mosquées seront en bon état, mais dépourvues de guidance ; leurs savants seront les pires gens sous le ciel, la corruption sortant d’eux et revenant parmi eux. »Mishkat Al-Masabih, Muhammad ibn ʻAbd Allah Khatib al-Tibrizi, hadith no 276
Il est amplement clair, à la lecture de toutes ces narrations, que ce que nous avons aujourd’hui est un ensemble de doctrines déformées qui poussent des gens à s’offusquer sur la base d’opinions et de compréhensions erronées. Cette dernière narration donne en particulier une indication de l’état des gens qui suivent l’islam : là où elle dit « il ne restera de l’islam que son nom et il ne restera du Coran que sa forme écrite », cela indique que ce que les musulmans invoquent comme fondement doctrinal n’est rien de plus que superficiel et dépourvu de sens. Plus accablant encore est le passage de la narration qui renvoie à leurs « ulama » en arabe — traduit par « les savants », c’est-à-dire les docteurs de la religion ; il dit « leurs savants seront les pires gens sous le ciel, la corruption sortant d’eux et revenant parmi eux » : c’est une condamnation claire de ceux-là mêmes que les musulmans considèrent comme leurs guides et comme leurs sources de compréhension de la religion dans son ensemble. Cela étant dit, le Coran donne un avertissement très clair sur cette question même.
Le Jour où leurs visages seront tournés et retournés dans le Feu, ils diront : « Comme nous aurions voulu obéir à Allah et obéir au Messager. » Et ils diront : « Notre Seigneur, nous avons obéi à nos maîtres et à nos notables, et ils nous ont égarés de la [bonne] voie. »Coran, chapitre 33 (Al-Ahzab), versets 66-67
Pourquoi est-ce pertinent ? Quelle est l’importance de relever tout cela dans le contexte de cet article et de la question du Qaim révélant les statues dont les musulmans se sont offusqués ?
Ironiquement, aujourd’hui, les idoles adorées par les musulmans se sont métamorphosées en idoles vivantes et parlantes, en démons déguisés en savants et en clercs, que les musulmans considèrent comme une sorte d’autorité sur eux en matière de religion et auxquels ils se sont donc soumis par l’obéissance, accomplissant de ce fait la description contenue dans les versets du Coran. Cette obéissance à ces gens les fait entrer dans le polythéisme (shirk), car le Dieu Tout-Puissant dit à répétition « obéissez à Allah et obéissez au Messager », ce que l’on peut vérifier par une simple recherche. Pourquoi le mentionner ? Parce qu’à l’évidence, le Messager a averti contre ceux qui parlent faussement au nom de la religion. De fait, nous voyons une multitude de Prophètes et de Messagers répéter ce même message. Jésus a fustigé les pharisiens. Abraham a parlé et agi contre son propre père, Térah, et contre le roi de l’époque, Nemrod. Ces histoires sont bien connues, et le Coran renforce les Prophètes et les Messagers par ce commandement d’obéir au Messager. Le Messager, en toute époque, n’ira jamais contre la Volonté de Dieu, et l’obéissance à son égard est donc obéissance à Dieu. Les musulmans ont perdu le contact avec cette notion, et c’est pour cette raison même que le Prophète Mohammed est bien connu pour avoir dit :
Quiconque meurt sans Imam meurt de la mort de l’ignorance.Musnad Ahmed ibn Hanbal, vol. 28, pp. 88-89
Quiconque meurt sans connaître l’Imam de son temps meurt de la mort de l’ignorance.Bihar Al-Anwar, Al-Allamah Al-Majlisi, vol. 23, p. 78
L’importance et l’insistance placées sur ce serment d’allégeance à l’Imam du temps sont clairement un moyen par lequel on peut s’assurer la guidance et éviter de s’égarer. L’avertissement clair au sujet de la mort de l’époque de l’ignorance porte à l’évidence sur le fait de ne pas être dans l’islam, et cela ne peut être évité qu’en connaissant l’Imam du temps, en lui prêtant serment d’allégeance et en obéissant à ce dirigeant. C’est la question la plus importante que les musulmans doivent traiter ; sinon, ils ne sont pas dans l’islam comme ils le croient.
Cette question a été rendue parfaitement claire par Abdullah Hashem Aba Al-Sadiq, qui a levé en 2015 l’unique bannière noire de toute l’histoire islamique après Ali ibn Abi Talib, portant l’inscription « L’allégeance est à Allah ». Quant à sa démarche sans équivoque d’être le premier à établir « Le Musée de Mohammed et de sa Maison » avec la révélation des six statues, ce n’est pas un acte de polythéisme : c’est au contraire le renouveau d’une pratique d’un Prophète antérieur, Salomon.
Et à Salomon [Nous avons soumis] le vent — son [trajet du] matin était d’un mois et son [trajet de l’]après-midi d’un mois — et Nous avons fait couler pour lui une source de cuivre [en fusion]. Et parmi les djinns, certains travaillaient pour lui par la permission de son Seigneur. Et quiconque parmi eux déviait de Notre ordre, Nous lui ferons goûter au châtiment de la Flamme. Ils faisaient pour lui ce qu’il voulait : des chambres élevées, des statues, des bassins comme des réservoirs et des chaudrons fixés. [Nous avons dit :] « Travaillez, ô famille de David, en signe de gratitude. » Et rares sont ceux de Mes serviteurs qui sont reconnaissants.Coran, chapitre 34 (Saba), versets 12-13
Par conséquent, puisque Salomon est bien un prophète, le fait d’ériger des statues n’est pas en soi un acte de polythéisme, et ne le sera jamais. C’est le fait d’adorer les statues au lieu du Dieu unique et véritable qui constitue le polythéisme. En outre, nous avons déjà établi, à partir du Coran et des narrations, que l’un des aspects clés du culte est l’obéissance, et que c’est là la véritable forme de polythéisme lorsqu’elle s’applique à quiconque n’est pas désigné par le Dieu Tout-Puissant. Le polythéisme est le seul acte que Dieu ne pardonne pas.
Pour souligner l’hypocrisie des musulmans sur ce point précis, nous avons déjà mentionné l’usage d’images animées et d’images fixes de personnes fortement révérées, comme des dirigeants religieux ou politiques. Nous avons aussi un exemple flagrant de leur hypocrisie dans l’exemple donné par les musulmans chiites d’Irak, avec la glorification de leurs savants, poètes et figures du séminaire de Najaf par des statues de cire au Musée de cire des Figures, au Palais de la Culture, dans le centre de Koufa. Cela paraît être la répétition de ce qui avait été établi à l’origine en 2012, comme cela a été plus largement rapporté auparavant, avec le même genre d’objections que celles que nous voyons dirigées aujourd’hui contre la Religion Ahmadie de la Paix et de la Lumière. C’est un reflet très triste de l’état des musulmans qu’ils s’offusquent de statues commémorant le Prophète Mohammed et sa Famille, mais qu’ils soient fiers d’exposer des statues de personnes moins importantes de leur histoire, comme le rapporte cet article de Millenium News 24/7. Selon leur propre logique, ils acceptent le culte ou le polythéisme par la statue lorsque la statue représente un dirigeant politique comme Gamal Abdel Nasser ou Mustafa Kemal Atatürk ; mais c’est impardonnable si elle représente le Prophète Mohammed ou des membres de sa Sainte Maison.
Le magazine The Divine Just State souhaite profiter de cette occasion pour déclarer ouvertement et clairement qu’il ne fait pas partie de la croyance de la Religion Ahmadie de la Paix et de la Lumière d’adorer quoi que ce soit ou qui que ce soit d’autre que le Dieu Tout-Puissant ; et c’est sur cette prémisse même que la bannière de cette religion est la bannière de Mohammed et de sa Famille, la bannière de « L’allégeance est à Allah ». L’allégeance est à Allah seul.