L’allégeance

La religion est un homme

Titre original : Religion is a Man

Qu’est-ce que la religion ? Quelle en est la définition selon le Leveur Abdullah Hashem Aba Al-Sadiq (de lui vient la paix) ? Découvrez la vérité universelle du sens de la religion auprès de Dieu.

4 935 mots · 25 min de lecture16 citationsAba Al-Sadiq · Dieu · Vérité · Qaim

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Qu’est-ce que la religion ?

Pour répondre à cette question, il nous faudrait revenir à la manière dont l’histoire de l’humanité a commencé.

Il importe d’abord de comprendre que l’histoire de l’humanité et l’histoire de la religion commencent en même temps. Il n’y a pas d’humanité sans Dieu, et il n’y a pas de religion sans un lien entre Dieu et l’humanité.

Si nous remontons à la Bible et au Coran, nous trouvons qu’une fois Adam (PSL) créé, Dieu l’établit comme autorité sur la terre (verset de la Bible et du Coran) comme Son Khalifa, Son Vice-Gérant, Son Représentant.

« Je vais établir sur la terre une autorité ˹humaine˺ qui succédera. »

Coran 2:30

« Puis Dieu dit : “Faisons l’homme à notre image, à notre ressemblance, afin qu’il domine sur les poissons de la mer et sur les oiseaux du ciel, sur le bétail et sur tous les animaux sauvages, et sur toutes les créatures qui se meuvent sur le sol.” »

Genèse chapitre 1, verset 26

Ainsi, la Religion a commencé avec un Homme — Adam (PSL) —, placé sur la terre par Dieu comme une Autorité, comme un Vice-Gérant et un Représentant désigné. Et l’obéissance à son égard était obligatoire et constituait le lien, l’Alliance entre les croyants et Dieu, la voie du salut… en un mot : la Religion.

Or, à l’évidence, la Religion ne s’est pas arrêtée à la mort d’Adam (PSL). Après la disparition d’Adam (PSL), l’obéissance devait être donnée à quelqu’un d’autre par qui Dieu parlerait et guiderait, quelqu’un d’autre qui représente Dieu, quelqu’un désigné par Dieu. Ce fut le fils d’Adam (PSL) : Seth (PSL).

Dès lors, la religion s’est poursuivie en une longue lignée de Successeurs et de Vice-Gérants que Dieu a désignés et inspirés de Son Esprit, jusqu’à ce jour même.

Ainsi, au cœur même de la Religion, et ce qui maintient vivante la Religion de Dieu, il y a ce lien entre Dieu et l’humanité par un homme désigné par Dieu.

Avec cette information et cette vérité, nous ne pouvons que reconnaître et comprendre qu’il n’existe en réalité qu’Une seule religion, qui ne cesse d’être actualisée et ravivée. Et que les sectes et la diversité des interprétations et des compréhensions du vrai Message et de la vraie Religion de Dieu ne sont que la preuve de l’égarement et de la perdition. Les différentes religions qui existent aujourd’hui ne sont que des méprises de savants égarés et égarants. Des systèmes de croyance conçus par les hommes, et l’ensemble des manières d’adorer tordues et modifiées, qui ne viennent pas de Dieu.

La Religion n’appartient pas aux moines, aux savants ni au clergé qui ont étudié dans des écoles religieuses. La Religion a commencé avec Dieu désignant un homme, et la Religion demeure vivante et vraie par l’homme que Dieu désigne en chaque jour et en chaque âge. La Religion appartient à Dieu seul. Et la seule personne qui ait autorité pour parler au Nom de Dieu est quelqu’un désigné par Dieu.

« … depuis que Dieu a insufflé Son esprit en Adam, Il ne nous a jamais quittés. Son Esprit est toujours demeuré parmi nous sur la Terre. Adam meurt mais Dieu vit, car Son esprit passe à Seth. Noé meurt mais Dieu vit, car l’Esprit de Dieu qui était en Noé est passé à Sem. Abraham meurt mais Dieu vit, car l’Esprit de Dieu qui était en Abraham est passé à Isaac. Moïse meurt mais Dieu vit, car l’Esprit de Dieu qui était en Moïse est passé à Josué. Jésus meurt mais Dieu vit, car l’Esprit de Dieu qui était en Jésus est passé à Pierre. Mohammed meurt mais Dieu vit, car l’Esprit de Dieu qui était en Mohammed est passé à Ali. »

Aba Al-Sadiq (de lui vient la paix), Sermon de l’Invitation à la Septième Alliance

Les juifs, par exemple, sont sortis de la religion de Dieu et ont créé ce que l’on pourrait appeler le « judaïsme » au moment où ils ont rejeté Jésus-Christ (PSL), leur propre Messie.

De même pour les chrétiens : saviez-vous que les premiers chrétiens n’appelaient pas leur religion le christianisme, mais « la voie » ? Le « christianisme » a été créé comme une religion isolée au moment où ils ont refusé le Consolateur, le Prophète Mohammed (PSL et sa famille), et il n’était dès lors plus la Religion vivante de son temps.

Chaque fois qu’une communauté de croyants ne reconnaît pas l’homme envoyé par Dieu après le prophète en qui elle croit, elle isole sa religion de l’unique Religion éternelle et perpétuelle de Dieu et devient, au fond, mécréante.

Ils s’arrêtent en chemin, ils se séparent et prennent une autre direction, ils créent leurs propres manières d’adorer et inventent une façon de se rapporter à Dieu qui leur plaît à eux, mais non à Dieu.

Et c’est la raison pour laquelle, par exemple, les juifs n’ont pas vu de prophète au milieu d’eux depuis que Jésus fut mis en croix. Parce que la Religion a continué sans eux — ou plus exactement, ils ont cessé de suivre la vraie Religion de Dieu en n’acceptant pas le véritable successeur désigné par Dieu.

Les hommes de religion, prêtres, rabbins, moines et savants ont coutume de s’accrocher au Livre et aux pratiques religieuses, et d’y réduire la religion. Mais aucune écriture sainte n’est jamais venue seule, tombée du ciel ou apparue par magie dans les mains des croyants. L’homme envoyé par Dieu a apporté le livre, a apporté les lois, a apporté les rites et les pratiques, a apporté la morale et les manières. Et c’est pourquoi, une fois mort le prophète qui l’a apporté, son enseignement et son livre meurent en quelque sorte avec lui, à moins qu’il n’y ait un autre homme, avec l’esprit de Dieu, son successeur, qui puisse l’interpréter, l’expliquer, le continuer, et en extraire la sagesse et la connaissance divines.

La Religion a toujours été une, et ce qui fait son unité, ce ne sont ni les livres, ni les lois, ni la manière de prier, ni le système de croyance, mais une seule et unique chose : la succession des hommes désignés par Dieu, autrement dit le passage de l’Esprit de Dieu d’un vice-gérant à un autre sans discontinuité.

Cet Esprit que Dieu a insufflé en Adam (PSL), et qui ne meurt jamais, qui n’a jamais quitté la terre, qui a demeuré en tous les prophètes et messagers, les a inspirés, a parlé par eux, et a appelé l’humanité vers la suprématie de Dieu.

Cet homme qui, en chaque jour et en chaque âge, est habité par l’esprit de Dieu, EST la RELIGION. Il est ce lien entre les hommes et Dieu, comme le dit l’étymologie même du mot religion : du latin « religare » — relier. Cet homme est le lien, mais aussi la porte, la corde de Dieu.

« Jésus dit dans la Bible : “Je suis la lumière de ce monde.” Jésus (que la paix soit sur lui) dit dans la Bible : “Je suis le chemin, et je suis la vérité, et je suis la vie. Nul ne vient au Père que par moi.”

Ainsi Jésus, que la paix soit sur eux, dit qu’il est la lumière. Et en même temps, il dit que nul ne mourra dans la vérité et n’entrera au ciel, sinon s’il croit en lui, cette lumière. Les chrétiens ont tendance à comprendre cela pour tous les temps. Si vous ne croyez pas en Jésus, et que vous n’acceptez pas Jésus, alors vous irez au feu de l’enfer. Et cela est certainement vrai. Mais Jésus dit ailleurs dans la Bible quelque chose de très important. Il dit : “Pendant que je suis dans ce monde, je suis la lumière de ce monde.”

Ainsi Jésus dit en réalité : tant que je suis vivant, je suis la lumière de ce monde. Quand je mourrai, je ne serai plus la lumière de ce monde. Car il en fait une condition. Il dit : “Pendant que je suis dans ce monde, je suis la lumière du monde.” Il n’a pas dit : pour tous les temps, je suis la lumière du monde — seulement tant qu’il est dans le monde, seulement tant qu’il est vivant.

Cela signifie donc l’une de deux choses : lorsqu’il sort du monde, lorsqu’il meurt, ou bien il n’y a plus de lumière dans le monde, ou bien quelqu’un d’autre est la lumière du monde. Et ainsi, en réalité, Jésus dit : tant que je suis dans ce monde, je suis l’Imam de ce monde. Et quiconque meurt sans avoir prêté allégeance à moi est mort de la mort de l’ignorance. Mais quand je serai sorti de ce monde, il y aura une nouvelle lumière, un nouvel Imam, et il est obligatoire pour quiconque est croyant en Dieu de trouver cette lumière du monde et de croire en lui. »

Aba Al-Sadiq (de lui vient la paix)

Il y a ici deux points importants que Jésus (PSL) met en lumière : le vice-gérant de Dieu du temps présent, qui maintient la religion vivante et qui représente la Religion et Dieu.

Et deuxièmement, c’est par lui et par lui seul que le croyant peut trouver le salut et aller au Père.

La Religion est un Homme dans les religions orientales et occidentales

Même si elle est souvent déformée et comprise un peu différemment, vous trouverez aussi, dans tous les cercles mystiques et ésotériques — qu’il s’agisse des gnostiques issus des chrétiens, des pythagoriciens, des manichéens, des milieux mithriaques ou hermétiques, des soufis, des mystiques hindous ou des bouddhistes zen —, qu’ils savent tous qu’atteindre Dieu n’a pas d’autre voie que par un maître, un illuminé.

Le problème qu’ont aujourd’hui toutes ces écoles de pensée et ces groupes ésotériques, c’est que leur maître est soit mort, soit, s’il est vivant, qu’il n’est pas désigné par Dieu.

Dans le principal livre saint de l’hindouisme, la Bhagavad-Gita, chapitre 12, versets 6 et 7, Krishna dit :

« Ceux qui M’adorent, M’abandonnant toutes leurs activités et M’étant dévoués sans dévier, engagés dans le service de dévotion et méditant toujours sur Moi, ayant fixé leur esprit sur Moi, ô fils de Pṛthā — pour ceux-là Je suis le prompt libérateur de l’océan de la naissance et de la mort. »

Si nous savons que Bouddha (PSL) fut ce maître même qui montra à ses élèves que Dieu doit être trouvé au-dedans, l’obéissance lui était pourtant due, et il a, comme tout bouddhiste le sait fort bien, désigné un successeur : Ananda (PSL), le Gardien du Dharma.

Nul ne peut contester que Platon (PSL), qui dicta les paroles de Socrate (PSL), fut son successeur direct. Et le livre La République est l’une des manifestations les plus précises et les plus explicites de ce que la religion devrait être. L’homme désigné par Dieu, le Roi-Philosophe, est celui qui conduit à Dieu et qui organise la société pour que l’humanité vive dans un état de justice et de paix.

Lao Tzu (PSL), dans son livre le Tao Te Ching, est lui aussi très clair sur ce fait. Seul un homme véritable, ou celui qui est aligné sur le Tao — c’est-à-dire une personne qui ne fait qu’un avec Dieu et manifeste la volonté de Dieu —, devrait conduire. Même si le Tao est partout, sans forme et éternel, il lui faut un homme pour l’incarner et conduire l’humanité selon lui, afin que chacun vive en harmonie, de la manière dont Dieu veut que l’humanité vive.

Et Lao Tzu (PSL), comme la plupart des prophètes, ne put gouverner et fut relégué au rang de conseiller et d’ermite. Il laissa néanmoins son message et laissa un successeur : Zhuangzi.

Jésus (PSL) lui-même désigna quelqu’un pour le moment où il ne serait plus dans le monde, afin que la communauté de Dieu eût un chef divin, et ce fut Simon Pierre (PSL). Et Jésus (PSL) lui-même fut désigné par Jean le Baptiste (PSL). Et Moïse (PSL) désigna Josué fils de Noun (PSL). Et Abraham (PSL) désigna Isaac (PSL). Et David (PSL) désigna Salomon (PSL).

C’est clair comme le soleil : la Religion vivante par un homme et maintenue vivante par une lignée de successeurs se retrouve partout, et elle est le cœur même de la Religion.

Les successeurs après le Prophète Mohammed (PSL et sa famille)

La plupart des musulmans, en particulier ceux de l’école sunnite, soutiendraient qu’il n’est pas vrai que le Prophète Mohammed (PSL et sa famille) ait eu des successeurs. Ils croient que le Prophète Mohammed (PSL et sa famille) a achevé la religion avec le Coran.

Il est en effet courant d’entendre que le Coran est protégé de la corruption, qu’il est une lumière par lui-même et qu’il suffit comme guidance. On croit aussi que le Prophète Mohammed (PSL et sa famille) fut le dernier prophète et que, par conséquent, nul après lui ne fut envoyé par Dieu. Pas de successeur. Pas de messager. Pas d’homme de Dieu. La porte de la Révélation est close et verrouillée jusqu’au Jour du Jugement. L’islam étant parfait et complet. Pour toujours. Et ils l’étayent par des versets du Coran et des narrations du Prophète.

La plupart des musulmans diraient ici, comme le fit leur chef de pensée au temps du Prophète : le Coran nous suffit ! Ou encore que le Prophète Mohammed (PSL et sa famille) nous a laissé le Coran et sa Sunna.

Et cela demande un peu de réflexion. Arrêtons-nous un moment et examinons cet argument plus en profondeur.

Il est rapporté que le Prophète Mohammed (PSL et sa famille) a dit :

Ibn Abbas a rapporté : lorsque approcha le moment de la mort du Prophète (PSL et sa famille), alors qu’il y avait des hommes dans la maison, et parmi eux Umar bin Al-Khattab, le Prophète (PSL et sa famille) dit : « Approchez, que je vous écrive un écrit après lequel vous ne vous égarerez jamais. » Umar dit : « Le Prophète (PSL et sa famille) est gravement malade, et vous avez le Coran ; le Livre d’Allah nous suffit donc. » Les gens présents dans la maison divergèrent et se disputèrent. Certains d’entre eux dirent : « Approchez, afin que le Messager d’Allah (PSL et sa famille) vous écrive un écrit après lequel vous ne vous égarerez pas », tandis que d’autres dirent ce que disait Umar. Lorsqu’ils firent beaucoup de bruit et divergèrent fortement devant le Prophète, il leur dit : « Allez-vous-en et laissez-moi. » Ibn Abbas avait coutume de dire : « Ce fut un grand désastre (une grande calamité) que leur dispute et leur bruit aient empêché le Messager d’Allah (PSL et sa famille) de leur écrire cet écrit.

Sahih Muslim 1637a

Et c’était sur son lit de mort. Et que fait un prophète sur son lit de mort ?

Il écrit un testament, il désigne son successeur.

Dans cette déclaration, ou testament, qu’il écrivit, il est dit :

« Ô Père d’Al-Hassan, apporte-moi une plume et du papier » ; et le Messager d’Allah (PSL et sa famille) dicta son Testament jusqu’à parvenir à ce passage où il dit : « Ô Ali, il y aura douze Imams après moi, et après eux il y aura douze Mahdis… Ainsi toi, ô Ali, tu es le premier des douze Imams… »

Ghaybat Al-Toosi, vol. 1, p. 174 ; Bihar Al-Anwar, Al-Allamah Al-Majlisi, vol. 53, p. 148

Et la narration se poursuit jusqu’à ce qu’il donne le nom du Mahdi.

Ainsi, dans ce document, il mentionne la liste des successeurs qui viendront après lui, tous issus de sa famille. Et s’y tenir fermement préservera les croyants de l’égarement !

Nous avons donc ici un premier élément qui montre que le Prophète Mohammed (PSL et sa famille) a bien désigné un successeur, et non seulement son successeur direct, mais tous les successeurs après lui jusqu’au Mahdi promis. Et le Prophète a dit que ce testament protège de l’égarement. Pourquoi ? Parce que l’esprit de Dieu passant d’un homme à l’autre et étant le lien entre Dieu et l’humanité EST la religion et EST la guidance. Et connaître par leur nom les hommes qui seront le voile derrière lequel l’esprit de Dieu parlera et conduira, c’est une protection contre l’égarement.

Mais ce document n’est pas la seule source d’information qui prouve que le Prophète Mohammed (PSL et sa famille) a bien désigné un successeur, et que ce fut bien Ali (de lui vient la paix).

Il existe une multitude de narrations recueillies à ce sujet, et la plus célèbre d’entre elles est la narration de l’événement de Ghadir Khumm :

Al-Baraa’ ibn Azeb a rapporté :

« Nous voyagions avec le Messager d’Allah (PSL et sa famille), puis nous nous arrêtâmes à Ghadir Khumm, et nous fûmes appelés à la prière. Le Messager d’Allah (PSL et sa famille) s’assit sous deux arbres, puis il accomplit la prière du Dhuhr (prière de midi) et prit la main d’Ali (de lui vient la paix) et dit : « N’ai-je pas plus de droit sur les croyants qu’ils n’en ont sur eux-mêmes ? » Ils dirent : « Oui. » Il dit : « N’ai-je pas plus de droit sur chaque croyant qu’il n’en a sur lui-même ? » Ils dirent : « Oui. » Il dit : « Celui dont je suis le mawla (le maître), Ali (de lui vient la paix) est son mawla. Ô Allah, sois l’ami de qui est son ami et prends pour ennemis ceux qui le prennent pour ennemi. » Alors Umar alla vers lui après cela et lui dit : « Félicitations, ô fils d’Abi Talib, tu es devenu le “Mawla” de tout croyant et de toute croyante. »

Musnad Ahmad, Ahmad ibn Hanbal, vol. 4, p. 28 (version arabe)

Ainsi, le Prophète Mohammed (PSL et sa famille) a très clairement désigné Ali (de lui vient la paix) comme son successeur. Et il a dit que le suivre, lui et les imams après lui, est la source de la Guidance, parce que Dieu se fait l’ami de ceux qui se font leurs amis. Confirmant que la religion est un homme. Et que la succession est au cœur de la Religion, et qu’elle ne s’est pas achevée avec le Prophète Mohammed (PSL et sa famille).

Et si l’on dit que la seule chose que le Prophète Mohammed (PSL et sa famille) nous a ordonné de suivre était le Coran et la Sunna ?

Eh bien, ce mythe selon lequel le Prophète aurait dit que sa nation devait se tenir fermement au Coran et à la Sunna doit être éclairci une fois pour toutes.

Ce qui est intéressant au sujet de cette narration, c’est que, selon leur propre science du hadith inventée par les hommes et non par Dieu, cette narration même est faible, et contredite par le Coran ainsi que par une multitude d’autres narrations authentiques affirmant en réalité que le Prophète a dit avoir laissé à sa Nation : le Coran et sa famille.

« … Je suis sur le point de recevoir un messager de mon Seigneur (l’ange de la mort) et je répondrai à l’appel d’Allah (je prendrais congé de vous), mais je laisse parmi vous deux choses de poids : l’une étant le Livre d’Allah, dans lequel il y a guidance et lumière ; tenez-vous donc fermement au Livre d’Allah et attachez-vous-y. » Il (nous) exhorta (à nous tenir fermement) au Livre d’Allah, puis dit : « La seconde, ce sont les membres de ma maison (Ahlulbayt). Je vous rappelle (vos devoirs) envers les membres de ma famille » (il le répéta trois fois)…

Sahih Muslim (Abi Al-Hussein Muslim ibn Al-Hajjaj ibn Muslim, 2ᵉ éd., livre 44 : Livre des Mérites des Compagnons, p. 782, hadith 2408a)

Le Prophète (PSL et sa famille) a dit ici clairement : je laisse avec vous deux choses qui ne vous égareront jamais — le Coran et ma famille.

Alors pourquoi le Prophète (PSL et sa famille) dit-il : « je vous laisse ma famille » ?

Est-ce parce que ce sont de braves gens ? Ou parce que la religion de Dieu par l’islam est désormais destinée à être une religion tribale et monarchique ?

À l’évidence, non.

Il laisse sa famille comme son gardien, comme une corde à laquelle se tenir fermement, parce que ses successeurs viendront de sa famille, comme le confirment les nombreux hadiths énumérant les noms des 12 imams après lui, et comme l’a confirmé le saint Testament que le Prophète Mohammed (PSL et sa famille) écrivit avant sa mort : après moi, il y aura 12 imams et 12 mahdis. Et ces successeurs sont bien de sa famille.

Ainsi, l’une des deux choses de poids ne suffit pas. Le Coran seul ne suffit pas. Et la seconde chose de poids n’est pas la sunna, mais les successeurs du Prophète Mohammed (PSL et sa famille), qui tous viennent de sa famille.

Il semble donc désormais très clair que le Prophète Mohammed (PSL et sa famille) ne fut pas la fin de la religion et que la succession s’est poursuivie. Le Prophète Mohammed (PSL et sa famille) est bien le dernier des prophètes envoyés par Allah, mais non le dernier des vice-gérants de Dieu.

Dans le Coran, Allah dit en effet :

Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, J’ai accompli sur vous Mon bienfait, et J’ai agréé pour vous l’islam comme religion

Sourate Al-Maida verset 3

Lisons un tafsir généralement admis par le grand public et donné par un savant sunnite renommé, Ibn Kathir. Il a dit :

« … (il) fut révélé durant le grand jour du Hajj (le Jour d’Arafah, le neuvième jour de Dhul-Hijjah), Umar pleura. Le Prophète (PSL et sa famille) dit : “Qu’est-ce qui te fait pleurer ?” Il dit : “Ce qui me fait pleurer, c’est que notre religion est en train d’être parachevée pour nous. Maintenant elle est parfaite ; rien n’est parfait sans être voué à se détériorer.” Le Prophète (PSL et sa famille) dit : “Tu as dit vrai.” Et ce qui appuie le sens de ce hadith, c’est le hadith authentique :

(L’islam était étranger à ses débuts et redeviendra étranger. Aussi, bénédictions, Tuba, pour les étrangers.)

Ainsi, ce verset fut révélé après l’événement de Ghadir Khumm lors du Hajj, que nous avons mentionné plus haut, comme l’indique ici ce tafsir.

Ghadir Khumm est la désignation d’Ali (de lui vient la paix) comme successeur du Prophète Mohammed (PSL et sa famille). Et cette désignation, cette annonce de la succession, a rendu la religion parfaite, parce qu’elle est le cœur et l’essence de la religion, ce qui la fait et ce qui la maintient vivante.

Ainsi, l’islam fut complet lorsque Ali (de lui vient la paix) fut désigné. C’est-à-dire lorsque la succession fut assurée.

Aujourd’hui, si nous regardons l’état des nations islamiques dans leur ensemble : divisées, souffrantes, attachées à la dunya, aux séductions de ce monde, à l’ignorance, à l’oppression, aux tyrans et au terrorisme, se combattant les unes les autres, et sans chef désigné par Dieu. Leur islam, en effet, n’est pas un homme. Et l’esprit de Dieu n’habite aucun de leurs chefs religieux.

Ce qui restait de la religion après la disparition du Prophète n’aurait pu être protégé de la corruption et de la détérioration que si l’Oumma s’était tenue fermement aux deux choses de poids. Mais l’Oumma dans son ensemble a choisi d’obéir à ses propres chefs élus, et de rassembler les siens et de faire ses propres versions du Coran.

La nation du Prophète Mohammed (PSL et sa famille) a trahi son Prophète et a abandonné la Religion tout entière. Et cela sans parler de l’oppression persistante imposée à la Famille du Prophète après sa mort, du meurtre de tous les véritables successeurs du Prophète Mohammed (PSL et sa famille), de tous les hommes désignés par Dieu.

Le Prophète Mohammed (PSL et sa famille) a d’ailleurs dit :

Vous emprunterez le même chemin que ceux qui vous ont précédés, pouce par pouce et pas à pas, au point que s’ils étaient entrés dans le trou d’un lézard, vous les y suivriez aussi. Nous dîmes : Messager d’Allah, veux-tu dire les juifs et les chrétiens (par tes paroles) « ceux qui vous ont précédés » ? Il dit : Qui d’autre (que ces deux groupes religieux) ?

Sahih Muslim 2669a, livre 47 hadith 7

La nation islamique a en effet rompu son alliance avec Dieu et est sortie de la religion de Dieu comme l’ont fait les juifs et les chrétiens. Le lien a été rompu et la corde d’Allah a été coupée.

Et cela montre combien il est dangereux de négliger et de ne pas suivre l’homme désigné par Dieu.

La miséricorde du Prophète fut grande : sachant même que sa nation s’égarerait, il tenta encore de la sauver en lui laissant une trace, une clé, en plus de son saint Testament et de son annonce publique d’Ali (de lui vient la paix) comme son successeur :

Le Prophète Mohammed (PSL et sa famille) a dit : « Quiconque meurt sans prêter allégeance à l’Imam de son temps est mort de la mort de l’ignorance. »

Al-Aql wa Al-Jahl fi Al-Kitab wa Al-Sunnah, Mohammed Al-Reyshahri, p. 275

Dans une autre narration :

Le Messager d’Allah Mohammed (PSL et sa famille) a dit :

« Quiconque retire sa main de l’obéissance n’aura aucun argument devant Allah au Jour de la Résurrection. Quiconque meurt sans une allégeance sur son cou mourra de la mort de la jahiliyya, l’ignorance. »

Sahih Muslim livre 33, hadith 90

« … le Prophète Mohammed a posé cette condition qu’il fallait connaître l’Imam de son temps, qu’il fallait prêter allégeance à un Imam du temps. Alors, comment savons-nous quel est l’Imam du temps, qui est l’Imam du temps ?

C’est là le devoir qui incombe à chaque croyant, et c’est ce que nous appelons la vraie religion : trouver le Messager vivant du temps. Nous disons que le Prophète Mohammed (sallalhu alayhi wa ale), dans ce hadith, a dit qu’il y a un imam en tout temps, et que c’est une condition préalable de la foi qu’un croyant trouve d’abord et avant tout cet homme — parce que c’est cet homme, l’Imam du temps, qui va trancher toutes les questions sur lesquelles les gens divergent et montrer aux gens la vraie religion. »

Abdullah Hashem Aba Al-Sadiq (de lui vient la paix)

Avec ces deux narrations, qui sont entre parenthèses largement reconnues par les sunnites et les chiites, il devient clair que l’islam, tel qu’il est descendu, n’était pas censé être la fin de la religion, ni que la succession des hommes désignés par Dieu s’arrêterait.

Nous voyons que l’islam ne fait pas exception à la règle. La religion du Prophète Mohammed (PSL et sa famille) pointe très clairement vers cette vérité : la Religion est un homme.

Le Prophète Mohammed (PSL et sa famille) a même dit :

« Allah enverra à cette Oumma, au début de chaque siècle, celui qui renouvellera sa religion. »

Selselet Al-Ahadith Al-Sahiha (Mohammad Nasser El-Din Al-Albany), volume 2, page 148, hadith n° 599

Comment la religion pourrait-elle être renouvelée ou ravivée si elle était parfaite et complète et n’avait besoin d’aucun successeur après le Prophète Mohammed (PSL et sa famille) ?

Cette simple narration a de grandes conséquences. Cela signifie que si la succession des vice-gérants ne s’arrête jamais, et que Dieu a promis d’envoyer quelqu’un pour renouveler et raviver la religion en chaque jour et en chaque âge, y compris après Mohammed (PSL et sa famille), alors cela signifie que le devoir du croyant EST de trouver cet homme désigné par Dieu, cet imam, ce vice-gérant de Dieu, et de lui prêter allégeance.

Et si vous comprenez vraiment que cet homme est la seule porte vers Dieu, et que ce n’est qu’en franchissant cette porte que le salut peut être atteint, la question qui devrait maintenant bouillonner dans votre cœur et votre esprit est : « Comment pouvons-nous trouver cet homme ? » Où est cet homme, aujourd’hui ?

Nous avons dit que cet homme doit être désigné par Dieu, comme le furent tous les vice-gérants de Dieu avant lui.

Noé (PSL), Abraham (PSL), Moïse (PSL), le roi David (PSL), Platon (PSL), Bouddha (PSL), Krishna (PSL), Jésus (PSL), Mohammed (PSL et sa famille), tous.

Tous ont affirmé être celui qui avait été mentionné par la bouche de leur prédécesseur, dans une longue lignée de successeurs remontant à Adam (PSL) et à Dieu. Tous ont répandu la connaissance divine et tous ont appelé à la suprématie de Dieu, c’est-à-dire que nul autre que celui qui est envoyé par Dieu n’est capable de conduire vers Dieu, et que nul autre que lui n’a d’autorité sur la terre ni le droit de gouverner.

Cet homme doit être un successeur dans la lignée des successeurs de Mohammed (PSL et sa famille). Comment pouvons-nous trouver cette lignée de successeurs ? Où est-elle ? Qui était le vice-gérant de Dieu précédant celui d’aujourd’hui ?

Vous souvenez-vous que nous avons mentionné le Testament du Prophète Mohammed (PSL et sa famille) ? C’est là que vous trouverez le successeur, car c’est en réalité la seule source existant aujourd’hui sur terre qui mentionne les successeurs de Mohammed (PSL et sa famille). Et nul aujourd’hui, hormis ceux qui suivent ce Testament, ne sait où est l’esprit de Dieu, en quel homme l’Esprit de Dieu habite.

Et il n’y a aujourd’hui qu’un seul homme qui appelle à la suprématie de Dieu, un seul homme qui affirme être Abdullah (de lui vient la paix) dans le Saint Testament du Prophète Mohammed (PSL et sa famille), un testament qui protège de l’égarement et qui ne peut être revendiqué par un faux prétendant, sans quoi il ne serait plus une protection contre l’égarement.

Un seul homme qui répand une connaissance qui réconcilie et éclaire la religion tout entière, et qui vient avec la connaissance même qui fut donnée à Adam (PSL) : la connaissance de l’âme. L’héritier légitime du Prophète Mohammed (PSL et sa famille), l’agneau promis de Dieu dont parle la Bible, le Qaim, celui qui se lèvera et établira la paix et la justice sur la terre. Cet homme est la religion d’aujourd’hui.

Cet homme qui voile l’Esprit de Dieu. Ce souverain, Imam, Roi, désigné par Dieu, est l’homme que nous devons trouver.

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