Une autre victime de la persécution irano-turque dénonce contraintes et abus
Texte lu en français
Moi, Mehdi Akbari, né le 31 janvier 1993, je suis originaire d’Iran. J’ai embrassé la Religion Ahmadie de la Paix et de la Lumière en 2021. En 2022, après l’arrestation de mes frères et de leurs familles près de la frontière, sous l’accusation d’avoir tenté de fuir le gouvernement, j’ai été convoqué au bureau idéologique par M. Tajari, qui était mon supérieur pendant mon service dans les forces de l’ordre. Il m’a reproché de ne pas avoir signalé les croyances religieuses de mon frère et m’a ordonné d’espionner mon frère.
Par Sermad Al-Khafaji · Traduit de l’anglais
Le magazine The Divine Just State a reçu un nouveau témoignage d’un autre ressortissant iranien, Mehdi Akbari, dans lequel il nous raconte ce qu’il a vécu sous les régimes oppressifs d’Iran et de Turquie pour avoir cru en la Religion Ahmadie de la Paix et de la Lumière. Le témoignage suivant, dans ses propres mots, met en lumière quelques-unes seulement de ses épreuves des dernières années.
« Moi, Mehdi Akbari, né le 31 janvier 1993, je suis originaire d’Iran. J’ai embrassé la Religion Ahmadie de la Paix et de la Lumière en 2021. En 2022, après l’arrestation de mes frères et de leurs familles près de la frontière, sous l’accusation d’avoir tenté de fuir le gouvernement, j’ai été convoqué au bureau idéologique par M. Tajari, qui était mon supérieur pendant mon service dans les forces de l’ordre. Il m’a reproché de ne pas avoir signalé les croyances religieuses de mon frère et m’a ordonné d’espionner mon frère. Il m’a également averti des conséquences d’une désobéissance à cet ordre et a menacé ma vie.
Après que mon frère se soit à nouveau évadé avec succès pendant le Norouz de 2023, six agents de sécurité sont entrés de force chez nous pendant les fêtes. Ils m’ont insulté, moi et mon ami, m’ont agressé physiquement, ont fouillé la maison, volé nos téléphones et sont partis. Le lendemain, nous sommes allés à notre hôtel rural, pour découvrir qu’il avait lui aussi été perquisitionné par les forces de sécurité et que tout avait été mis à sac. En conséquence, j’ai développé des maladies à la fois psychologiques et physiques. En raison de mon état physique consécutif à un bypass gastrique (chirurgie de l’obésité), mon système digestif était devenu très sensible. Sous le stress et la pression, j’ai développé des ulcères à l’estomac, des troubles digestifs, et j’ai souffert de vomissements de sang à répétition.
J’ai fui ma ville natale, Gorgan, sans téléphone, par peur d’être pisté par les forces de sécurité. Je suis allé à Karaj, au début de la route de Chalous, où j’ai commencé à travailler dans un restaurant appelé Tirozh Restaurant (chef de cuisine Ham) et où je logeais aussi. Mon état s’aggravant, je ne pouvais plus faire mon travail correctement, aussi mon employeur m’a-t-il proposé un travail plus léger. Je suis devenu le gardien de sa maison.
En août 2023, mon compte bancaire a été bloqué. Lorsque je me suis renseigné dans une agence locale de la Bank Melli, on m’a dit que c’était parce que mon défunt père s’était porté garant d’un prêt pour quelqu’un d’autre. Or cette mesure était contraire aux procédures légales en Iran, car normalement les biens du défunt sont d’abord répartis entre les héritiers, puis les dettes sont déduites. Dans mon cas, aucune succession n’avait encore été répartie, et pourtant mon compte a été bloqué. Par peur d’être poursuivi par les forces de sécurité, je ne suis pas retourné à Gorgan pour régler la question ; et j’ai survécu environ un an en utilisant des cartes bancaires appartenant à des parents éloignés.
Au bout d’un an environ, j’ai décidé de retourner brièvement à Gorgan pour débloquer mon compte, puis de repartir à Karaj. J’ai contacté ma mère et lui ai dit que j’étais en route pour la maison et que je n’avais pas ma clé. À mon arrivée devant la maison, trois individus sont sortis d’une voiture particulière, m’ont forcé à monter dans le véhicule et m’ont conduit dans un bâtiment non identifié à la périphérie de la ville. Ils m’ont retenu dans une pièce pendant environ une heure. Puis une personne est entrée, m’a battu et a dit que je le méritais pour ne pas les avoir informés de l’endroit où je me trouvais. Après lui, une autre personne est venue, a pris l’adresse et le numéro de téléphone de mon employeur, et m’a menacé en disant que si je ne me livrais pas au tribunal et ne me repentais pas de ma foi, mon sort serait la mort. Quelques jours plus tard, j’ai été convoqué par le Tribunal spécial du clergé. Pour échapper à ces individus, j’ai été contraint de faire un faux repentir.
Les perquisitions, le harcèlement et les menaces ont cependant continué. Ils faisaient irruption chez nous à n’importe quelle heure — de jour comme de nuit — fouillant, menaçant et m’insultant. Bien des fois, ils sont venus tard le soir ou tôt le matin. Finalement, ils m’ont dit que bientôt ils me convoqueraient de nouveau pour enregistrer une déclaration vidéo contre la Religion Ahmadie de la Paix et de la Lumière. Après cela, je suis resté la plupart du temps chez des parents et des amis et je rentrais rarement chez moi. J’ai décidé de fuir le pays.
Lorsque je me suis rendu au bureau Police +10 pour demander un passeport, j’ai découvert que j’avais interdiction de quitter le pays et que je ne pouvais pas obtenir de passeport. J’ai contacté une personne nommée Mahdavi, que j’avais connue pendant mon service dans une unité de forces spéciales à Varamin. Il était le chef de la section idéologique de la police des passeports à Téhéran. Je l’ai rencontré à Téhéran et lui ai demandé de régler ma situation de passeport afin que je puisse fuir le pays. Le lendemain, il m’a dit qu’il pouvait résoudre le problème et m’envoyer un passeport. Il a demandé 2 000 dollars américains, ce qui représentait la majeure partie des économies de ma vie, et je l’ai payé. À l’automne 2025, j’ai reçu mon passeport.
Sans dire adieu à ma mère, je suis parti pour la Turquie, en voiture jusqu’à Téhéran, puis en bus jusqu’à Ourmia, et de là en voiture jusqu’à Van. Mon état physique était extrêmement mauvais, je pensais être près de la mort. Mon frère a pris grand soin de moi, il m’a emmené chez des médecins, a organisé des examens et fourni mes médicaments, me sauvant finalement la vie. Ils ont aussi menacé mon frère de mort en Turquie, ce qui constitue un dossier distinct dans le système d’immigration turc.
Après mon départ d’Iran, ils ont continué à harceler et à menacer ma famille et mes proches. »

Ce bref témoignage montre que des êtres humains innocents ont été traités comme de grands criminels par le régime iranien et qu’ils continuent de subir une persécution et un harcèlement extrêmes de la part de leurs poursuivants, par-delà les frontières. Non seulement cela, mais ils sont aussi visés par les autorités d’autres pays comme la Turquie, pour nulle autre raison que la croyance à laquelle ils se tiennent. Une croyance qui enseigne que l’humanité vient avant la religion. Une croyance qui affirme que Dieu seul a le droit de désigner un dirigeant.
Ce magazine continuera de mettre en lumière le sort de tous ceux qui sont persécutés pour avoir cru en la Religion Ahmadie de la Paix et de la Lumière.