L’ONU ordonne à la Turquie de suspendre l’expulsion de membres de l’AROPL
Texte lu en français
Le Comité des droits de l’homme des Nations unies a rendu une décision ordonnant à la Turquie de suspendre l’expulsion de deux membres iraniens de la Religion ahmadie de la paix et de la lumière, dans un contexte d’inquiétudes croissantes pour la sécurité du groupe et de signalements de graves persécutions religieuses dans leur pays d’origine. L’intervention du Comité survient après que les deux hommes, Ali Lakzaeian Teimour et Jafari Sajjad, ont été placés en détention par les autorités turques et se sont trouvés sous la menace d’une expulsion imminente pour avoir distribué des tracts religieux.
Par Noor Fatimah Ali · Traduit de l’anglais
Le Comité des droits de l’homme des Nations unies a rendu une décision ordonnant à la Turquie de suspendre l’expulsion de deux membres iraniens de la Religion Ahmadie de la Paix et de la Lumière, sur fond d’inquiétudes croissantes pour la sécurité du groupe et de signalements de graves persécutions religieuses dans leur pays d’origine.
L’intervention du Comité fait suite à la détention des deux hommes, Ali Lakzaeian Teimour et Jafari Sajjad, par les autorités turques et à la menace d’expulsion imminente qui pesait sur eux pour avoir distribué des tracts religieux. Le duo, qui avait fui l’Iran pour échapper à une persécution menée par l’État, a été arrêté et visé par des arrêtés d’expulsion, alors même qu’aucune charge pénale n’avait été retenue contre eux pour leurs activités religieuses pacifiques.
Dans sa décision, le Comité des droits de l’homme des Nations unies a rappelé les obligations de la Turquie au regard du droit international, en soulignant que l’État ne doit pas expulser Teimour et Sajjad vers l’Iran tant que leurs dossiers sont à l’examen. Un troisième croyant iranien, Mansour Dehgan, est également détenu avec les deux hommes. Son dossier d’expulsion est actuellement examiné par la Cour constitutionnelle turque.
La décision de l’ONU s’inscrit dans un ensemble plus large d’inquiétudes quant au traitement réservé aux membres de la Religion Ahmadie de la Paix et de la Lumière en Turquie. En mai 2023, plus de cent membres du groupe, dont des femmes et des enfants, avaient été détenus à la frontière turco-bulgare alors qu’ils cherchaient l’asile en Bulgarie. La police turque avait fait un usage excessif de la force pour empêcher le groupe de passer, blessant au moins trente personnes. Les personnes détenues ont subi des coups, du harcèlement sexuel et des privations de sommeil pendant leur garde à vue.
Le ministère turc de l’Intérieur a ensuite émis des arrêtés d’expulsion contre 101 membres du groupe. L’ONU a averti que renvoyer ces personnes vers leur pays d’origine pourrait les exposer à de graves violations des droits humains, notamment à l’emprisonnement, à la torture et même à l’exécution, en particulier dans des pays comme l’Iran.
Les membres de l’AROPL font face à de sévères persécutions dans plusieurs pays à majorité musulmane. Ils y sont souvent qualifiés d’hérétiques et de mécréants, et subissent menaces, violences et détentions arbitraires. Beaucoup ont fui vers la Turquie depuis des pays comme l’Algérie, le Maroc, l’Égypte, l’Iran, l’Irak et la Malaisie, pour échapper à la persécution religieuse et aux lois sur le blasphème qui criminalisent leurs convictions.
L’ONU a réitéré son appel à la Turquie pour qu’elle procède à des évaluations équitables et indépendantes des besoins de protection de chaque demandeur d’asile et qu’elle s’abstienne d’expulser des personnes susceptibles de courir un grave danger dans leur pays d’origine.
La Religion Ahmadie de la Paix et de la Lumière salue la décision du Comité des droits de l’homme des Nations unies et exprime sa gratitude à la Rule 39 Pro Bono Initiative et à AsyLex pour les efforts qu’elles ont consacrés à l’obtention de ce résultat. L’AROPL appelle à une vigilance constante pour protéger les droits de ses membres et des autres demandeurs d’asile vulnérables en Turquie.