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Des membres de l’AROPL arrêtés à Isparta, en Turquie

Texte lu en français

Ce matin, trois personnes ont été placées en garde à vue par la police en lien avec leurs activités missionnaires pacifiques.

Par Hadil El-Khouly · Traduit de l’anglais

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Sajjad, Ali et Mansour peu avant leur arrestation
Sajjad, Ali et Mansour peu avant leur arrestation

Isparta, Turquie – 3 février 2025 – Dans un acte troublant de persécution religieuse, des membres de la Religion ahmadie de la paix et de la lumière, une communauté religieuse pacifique, ont été pris pour cible par les autorités locales à Isparta, en Turquie. Ce matin, trois personnes — Sajjad Jafari, Ali Lakzaeian et Mansour Dehghan — ont été placées en garde à vue par la police en lien avec leurs activités missionnaires pacifiques, pleinement protégées par le droit international.

Vers 9 h 30, des policiers se sont présentés au domicile de Mansour Dehghan et y sont entrés de force après avoir frappé à la porte à plusieurs reprises. Les autorités l’ont interpellé et conduit au service de sécurité local. Les agents ont affirmé l’interroger en raison des activités de Sajjad et d’Ali, qui s’étaient rendus à la maison et auraient apposé des affiches faisant la promotion de leur foi.

Les membres de la Religion ahmadie de la paix et de la lumière ont le droit fondamental de manifester librement leur religion et leurs convictions, tel qu’il est garanti par l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, ce qui inclut la liberté de partager et de promouvoir leur foi par des activités pacifiques comme la distribution d’écrits et l’affichage. Ces droits ne dépendent d’aucune autorisation des autorités locales. La police d’Isparta a pourtant injustement visé ces personnes pour avoir exprimé pacifiquement leurs convictions religieuses.

Au cours de l’interrogatoire, les autorités ont révélé qu’elles surveillaient les activités du groupe depuis des semaines, ce qui illustre davantage le caractère ciblé de ce harcèlement. Dans une nouvelle tentative d’intimidation, elles ont fait pression sur ces personnes pour qu’elles signent des documents sans assistance d’un avocat. Lorsqu’un avocat a été appelé, les autorités ont révisé les documents, mettant au jour leurs tentatives de manipuler la situation.

Bien que les membres interpellés aient d’abord été relâchés, ils ont ensuite été transférés dans un centre de rétention où ils subissent de nouveaux interrogatoires. Sajjad et Ali, qui prévoyaient de quitter Isparta, n’ont pas pu partir et ont eux aussi été placés en détention. Les détenus attendent leur transfert vers un camp d’éloignement, où ils seront retenus jusqu’à ce qu’une décision soit prise quant à leur expulsion. S’ils étaient expulsés, ces membres risqueraient de longues peines de prison, voire l’exécution par le régime iranien, qui a déclaré hérétiques les membres de cette foi et prononcé des peines de prison à leur encontre.

Cet incident s’inscrit dans un schéma plus large de harcèlement subi par les membres de la Religion ahmadie de la paix et de la lumière en Turquie. Ces trois membres faisaient précédemment partie des 104 membres arbitrairement détenus pendant cinq mois en Turquie en 2023. Leur libération n’est intervenue qu’à la suite de fortes pressions internationales, dont l’intervention du Rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté de religion ou de conviction, appelant la Turquie à ne pas expulser les membres de cette foi.

La Religion ahmadie de la paix et de la lumière condamne ces actes comme une violation manifeste du droit à la liberté de religion et de conviction, qui comprend le droit de mener un travail missionnaire pacifique et de diffuser des messages religieux. Les actions des autorités turques contredisent à la fois le droit international et les obligations de la Turquie au titre des traités relatifs aux droits humains.

La Religion ahmadie de la paix et de la lumière appelle la communauté internationale à se tenir solidaire de celles et ceux qui sont injustement visés pour leurs convictions religieuses, et exige des autorités turques qu’elles mettent fin au harcèlement de ses membres, qu’elles suspendent l’expulsion prévue et qu’elles respectent le droit à la liberté religieuse comme un droit humain fondamental.