Ce que vos livres d’histoire ne vous diront pas
Texte lu en français
La corruption de l’histoire n’est pas une erreur : c’est un outil que les puissants emploient pour garder le contrôle.
Par Caroline Hoeren · Traduit de l’anglais

Le Vatican compte parmi les institutions les plus riches du monde, avec des milliards en biens de luxe, tandis que des millions de chrétiens affrontent la faim et la pauvreté. Des savants islamiques ont rendu des avis religieux étranges, comme interdire aux femmes de regarder le football ou de s’asseoir sur des chaises. En Birmanie, des bouddhistes ont mené des campagnes violentes et commis un génocide au nom du Bouddha, des enfants musulmans étant brûlés vifs.
Dans toutes ces confessions, le schéma est sans équivoque : la religion dominante est devenue une farce. Ceux qui détiennent le pouvoir déforment la religion au service de leurs propres fins, souvent au détriment de leurs fidèles. Mais comment en sommes-nous arrivés là ?
Pour comprendre le monde tel qu’il est aujourd’hui, nous devons accepter une vérité dérangeante : l’histoire — et par conséquent la religion — a été modifiée et déformée par les puissants à travers le temps. Des dirigeants ont délibérément altéré les archives pour cacher des vérités gênantes, effacer certaines personnes et protéger leur propre pouvoir.
Altérer les archives historiques, un outil pour les puissants
La reine Hatchepsout, dans l’Égypte antique, en est un exemple. Après sa mort en 1457 av. J.-C., son successeur, Thoutmôsis III, tenta de l’effacer de l’histoire. Il fit retirer son nom des monuments et marteler ses images, parce que son règne mettait en cause le rôle traditionnel des femmes au pouvoir. Pendant des siècles, le nom d’Hatchepsout fut oublié, jusqu’à ce que des archéologues la redécouvrent au XXe siècle.
Ce n’était pas une tactique propre à l’Égypte. Dans la Rome antique, le pouvoir disposait d’une procédure appelée damnatio memoriae : les personnes tombées en disgrâce voyaient leur nom gratté des archives et leur visage effacé des statues, comme si elles n’avaient jamais existé. Beaucoup de gens furent effacés de cette manière, et la plupart disparurent à jamais de l’histoire.

Même à une époque plus récente, nous voyons le même schéma. En Union soviétique, sous Joseph Staline, un homme nommé Nikolaï Iejov fut exécuté, et Staline fit retirer son image des photographies officielles. Iejov, autrefois proche de Staline, est devenu connu comme « le commissaire qui s’efface », parce qu’il a été effacé de l’histoire d’une manière semblable à Hatchepsout.
Changer l’histoire, changer la religion
Ce genre d’effacement ne touche pas que des figures politiques : il se produit aussi dans l’histoire religieuse. De nombreux prophètes et chefs religieux étaient des révolutionnaires qui se dressaient contre les systèmes puissants de leur temps. Ainsi, Moïse défia Pharaon, l’homme le plus puissant d’Égypte, et conduisit les Israélites hors de l’esclavage. Jésus-Christ critiqua durement les chefs religieux de son temps, les qualifiant de corrompus et les appelant « enfants du diable ». Il fit un tel scandale qu’il fut livré aux autorités romaines pour être exécuté. Le Prophète Mohammed fut aussi une figure radicale. Dans une société où l’usage de l’alcool était répandu et où les femmes n’avaient presque aucun droit, il interdit l’alcool, donna aux femmes le droit de divorcer et d’hériter, et combattit la pratique d’enterrer vivantes les filles nouveau-nées. Ses enseignements étaient révolutionnaires à l’époque et le rendirent très impopulaire auprès des élites dirigeantes.
Le schéma est clair : prophètes et révolutionnaires affrontent souvent, de leur vivant, une résistance brutale des puissants, et sont parfois emprisonnés ou tués. Après leur mort, leurs messages sont souvent déformés ou édulcorés pour répondre aux besoins de ceux qui détiennent le pouvoir.
Ce genre de déformation n’est propre à aucune religion ni à aucune culture. Le philosophe grec Platon a évoqué un problème semblable dans son allégorie de la caverne. Dans ce récit, un homme s’échappe d’une caverne où les gens n’ont jamais vu que des ombres sur la paroi, et il découvre le monde réel. Lorsqu’il revient leur dire la vérité, ils se moquent de lui et rejettent ses paroles. Platon écrit :
« Ne serait-il pas ridicule ? Les hommes diraient de lui qu’il est monté et qu’il est redescendu sans ses yeux… et si quelqu’un essayait de conduire un autre vers la lumière, qu’ils s’emparent seulement du coupable, et ils le mettraient à mort. »Politeia, livre 7, 106
Le message est simple : lorsque des gens avancent des idées nouvelles qui mettent en cause la manière dont la société est gouvernée, ils se heurtent souvent au rejet ou à l’hostilité. Les puissants utilisent l’histoire, la religion et la culture pour protéger leur statut et maintenir les choses en l’état, quand bien même cela suppose de déformer la vérité.
Dans le Coran, nous lisons :
« Et si tu obéis à la plupart de ceux qui sont sur la terre, ils t’égareront de la voie de Dieu. Ils ne suivent que la conjecture et ne font que falsifier. »Coran, chapitre 6 (Al-An’am), verset 116
La corruption de l’histoire n’est pas une erreur : c’est un outil que les puissants emploient pour garder le contrôle. Si nous voulons comprendre le présent, nous devons mettre au jour les vérités qui ont été cachées et interroger les systèmes qui ont façonné notre regard sur le monde. Alors seulement pourrons-nous commencer à contester les structures qui nous retiennent.
La corruption du christianisme — de Paul au concile de Nicée
Après la mort de Jésus, les forces qui s’opposaient à lui ont pris le contrôle de son message et, aujourd’hui, l’Église catholique est une institution religieuse d’une immense richesse, tandis que des millions de personnes souffrent de la faim.
La transformation des enseignements de Jésus a commencé très tôt, en particulier par l’œuvre de l’apôtre Paul, figure qui a eu une influence profonde sur le christianisme tel que nous le connaissons aujourd’hui. Paul, qui a écrit près de la moitié du Nouveau Testament, n’a jamais rencontré Jésus. De fait, du vivant de Jésus, Paul, alors nommé Saul, était un ennemi des adeptes de Jésus. Il persécutait activement les chrétiens, les tirant de leurs maisons et les jetant en prison. Paul admet lui-même avoir été obsédé par la traque des adeptes de Jésus, jusqu’à prendre part à leurs exécutions.
« Bien des fois je suis allé d’une synagogue à l’autre pour les faire punir, et j’ai tenté de les contraindre à blasphémer. J’étais si obsédé par leur persécution que je les ai même traqués dans des villes étrangères. »Bible, livre des Actes, chapitre 26, verset 11
La conversion soudaine de Paul serait venue d’une vision de Jésus sur le chemin de Damas. Après cela, il est devenu un dirigeant de l’Église chrétienne primitive, et ses écrits ont façonné une grande part de la doctrine chrétienne. Mais les enseignements de Paul entrent souvent en conflit avec ce qu’enseignait Jésus. Cela soulève une question : Paul était-il un homme qui s’était sincèrement repenti, ou a-t-il poursuivi de l’intérieur sa mission de saper les enseignements de Jésus ?
Les exemples sont nombreux où les vues de Paul contredisent directement les enseignements de Jésus. Une différence essentielle porte sur leur rapport aux lois de Moïse. Jésus a déclaré clairement qu’il n’était pas venu abolir la Loi de Moïse mais l’accomplir. Il a insisté sur le fait que pas même la plus petite partie de la loi ne devait être écartée. Paul, lui, affirmait que le Christ était la fin de la loi, en encourageant ses adeptes à abandonner des pratiques comme la circoncision, qui étaient fondamentales dans la loi juive.
Le plus troublant est peut-être la position de Paul au sujet des dirigeants de ce monde. Alors que Jésus avait dit clairement que son royaume n’était pas de ce monde, Paul enseignait que toutes les autorités qui gouvernent avaient été établies par Dieu et devaient être obéies. Cet enseignement a donné aux premiers chrétiens une raison de se soumettre à des dirigeants oppressifs et a servi depuis à justifier la collaboration entre l’Église et des pouvoirs politiques corrompus. De plus, Paul venait de voir Jésus exécuté par les Romains. Comment pouvait-il soutenir les dirigeants de ce monde après avoir vu cela ?
« Que chacun se soumette aux autorités qui gouvernent, car il n’y a d’autorité que celle que Dieu a établie. Les autorités qui existent ont été établies par Dieu. Par conséquent, quiconque se rebelle contre l’autorité se rebelle contre ce que Dieu a institué, et ceux qui le font attireront le jugement sur eux-mêmes. »Bible, livre des Romains, chapitre 13, versets 1-2
Paul a aussi introduit, au sujet des femmes, des idées qui contredisaient les enseignements de Jésus. Alors que Jésus traitait les femmes avec respect et les associait même à son ministère, Paul a limité leur rôle, en interdisant aux femmes de parler dans les églises et d’exercer une autorité sur les hommes. Il a aussi introduit le couvre-chef religieux pour les femmes et promu le célibat, posant les bases de nombre des pratiques les plus contestées de l’Église catholique, qui ont conduit à des scandales d’abus au cours des siècles. Paul écrit :
« Que les femmes se taisent dans les églises. Il ne leur est pas permis de parler ; elles doivent être soumises, comme le dit la loi. Si elles veulent s’informer de quelque chose, qu’elles interrogent leur propre mari à la maison, car il est inconvenant qu’une femme parle dans l’église. »Bible, livre de 1 Corinthiens, chapitre 14, versets 34-35
L’influence de Paul ne s’est pas arrêtée à la modification des enseignements de Jésus. Plusieurs siècles plus tard, le concile de Nicée, en 325 apr. J.-C., a encore déformé le message chrétien. Le concile, conduit par le pape d’Alexandrie, a introduit la doctrine de la Sainte Trinité, qui affirmait que Jésus n’était pas seulement le Fils de Dieu mais Dieu lui-même. Cette notion, aujourd’hui centrale dans la croyance chrétienne, n’était pas quelque chose que Jésus avait jamais enseigné. De fait, de nombreux savants chrétiens des premiers siècles, comme Arius, s’y sont fermement opposés. Arius et ses adeptes soutenaient que Jésus était un prophète, non Dieu, mais ils furent exilés et leurs écrits détruits.

La manipulation des enseignements de Jésus dépasse les déformations théologiques : elle s’étend aux coutumes et aux traditions chrétiennes, souvent enracinées dans des pratiques païennes. Un exemple bien connu est le sapin de Noël. Bien avant la naissance du christianisme, décorer les maisons de branches de sapin était une pratique courante dans les traditions païennes. Les Romains, par exemple, ornaient leurs maisons de branches de sapin pendant les Saturnales, fête célébrée en l’honneur de Saturne, qui se tenait entre le 17 et le 23 décembre. Cette pratique n’avait aucun lien avec Jésus ni avec la Bible.
En raison de ces origines païennes, certains États des États-Unis sont allés jusqu’à interdire les décorations de Noël, dont les sapins, au XVIIIe siècle, en les qualifiant de « parodie païenne » de la fête. Pourtant, avec le temps, ces coutumes ont été intégrées aux célébrations chrétiennes, sans qu’on réfléchisse guère à leurs origines non chrétiennes.
La corruption du judaïsme — le culte des idoles païennes
Le judaïsme, tel qu’il est consigné principalement dans la Torah, retrace l’histoire des « enfants d’Israël », descendants d’Abraham par Isaac, qui se voyaient comme le peuple choisi de Dieu. Mais la Torah consigne aussi les luttes internes des enfants d’Israël — contre des ennemis politiques comme contre leur propre désobéissance aux commandements de Dieu.
Un schéma frappant de la Torah est la rébellion répétée des Israélites contre leurs propres prophètes et leur tendance à adopter des dieux étrangers. Comme le consignent les Psaumes, le prophète juif David déplorait au sujet de ses ancêtres :
« Que de fois ils se rebellèrent contre lui dans le désert et l’affligèrent dans la steppe ! »Bible, livre des Psaumes, chapitre 78, verset 40
Cette désobéissance, loin d’être occasionnelle, semble avoir façonné une grande part de l’histoire juive.
Un exemple vient du livre d’Ézéchiel. Dieu y dit :
« Mais ils se rebellèrent contre moi et ne voulurent pas m’écouter ; ils ne se débarrassèrent pas des images infâmes sur lesquelles ils avaient fixé les yeux, ni n’abandonnèrent les idoles d’Égypte. Alors j’ai dit que je déverserais ma fureur sur eux et que j’épuiserais ma colère contre eux en Égypte. »Bible, livre d’Ézéchiel, chapitre 20, verset 8
Les Israélites, bien que conduits hors d’Égypte par Moïse, n’ont pas pu se défaire entièrement des influences culturelles et religieuses égyptiennes qu’ils avaient absorbées au cours de leurs siècles de captivité. Un symbole frappant en est l’Arche d’alliance, l’un des artefacts juifs les plus importants, qui présente clairement des éléments de facture égyptienne. La Torah elle-même prouve que des influences étrangères se sont glissées dans les coutumes juives, façonnant la religion avec le temps.

Même après leur Exode, les Israélites ont continué de tomber dans le culte des idoles. Ils ont adopté le dieu « Baal », comme le mentionne Osée : « Je la punirai pour les jours où elle brûlait de l’encens aux Baals ; elle s’était paré d’anneaux et de bijoux, et elle allait après ses amants, mais moi, elle m’a oublié », déclare le Seigneur (La Torah : Osée 2). Le culte de Baal, avec des pratiques comme le sacrifice de nouveau-nés, représente l’une des premières infiltrations dans la foi juive.
Les chercheurs modernes s’accordent largement à dire que Moïse n’a pas écrit la Torah. Le texte porte la marque de plusieurs auteurs sur des périodes différentes. De fait, la langue, le ton et même des sections entières de la Torah sont parfois répétés, ce qui suggère que deux versions d’un même récit ont été fusionnées. De nombreux historiens désignent l’exil babylonien, vers 450 av. J.-C., comme un moment crucial où les écrits juifs ont presque été perdus. C’est le prêtre Esdras qui aurait « rapporté la Torah moderne à Jérusalem » après l’exil, ayant réécrit une grande part du texte qui avait été corrompu au cours des siècles d’influence babylonienne.
Même la plupart des rabbins reconnaissent aujourd’hui que la Torah a subi des modifications, et il existe un large consensus sur le fait que de nombreux passages ont été altérés. Le judaïsme est donc une autre religion qui a été corrompue au cours de l’histoire.
La corruption de l’islam — la lutte de pouvoir après la mort du Prophète
Comme pour le judaïsme, le christianisme et d’autres fois, l’islam a été altéré après la mort de son prophète, Mohammed. Imputer l’extrémisme, la violence et l’intolérance modernes à Mohammed lui-même équivaudrait à imputer à Jésus les scandales de maltraitance d’enfants de l’Église catholique. Les enseignements fondamentaux ont été transformés, mal compris et exploités par des individus qui voulaient remodeler la religion à leurs propres fins. Et l’islam d’aujourd’hui est totalement différent de ce qu’il fut.
Avant sa mort, Mohammed a dit clairement qui devait guider la communauté musulmane après lui. Selon le Sahih Muslim, Mohammed a laissé aux croyants deux choses essentielles :
« Je vous laisse deux choses précieuses. La première, le livre de Dieu, dans lequel il y a lumière et guidance. L’autre, ce sont mes Ahlul-Bayt. »Sahih Muslim, Muslim ibn Al-Hajjaj Al-Naysaburi, vol. 4, p. 1873, hadith 36
C’était une directive claire : la famille de Mohammed, les Ahlul-Bayt, dont son cousin et gendre Ali ibn Abi Talib, devait poursuivre son œuvre. Il y eut toutefois une résistance de compagnons de Mohammed, qui cherchaient le contrôle après sa disparition. Un moment bien documenté survint lorsque Mohammed, sur son lit de mort, demanda de quoi écrire pour laisser des instructions finales. Umar, l’un de ses proches compagnons, s’y opposa et écarta la demande du Prophète.
« Lorsque le Messager de Dieu était sur son lit de mort… Le Prophète dit : “Laissez-moi vous écrire une déclaration après laquelle vous ne vous égarerez jamais.” Umar dit : “Le Prophète est gravement malade et vous avez le Coran ; le Livre de Dieu nous suffit donc.” Les gens présents dans la maison se divisèrent et se querellèrent. »Sahih Al-Bukhari, Al-Bukhari, livre des Malades, hadith 5669
À cause de cet épisode tragique, les instructions de Mohammed restèrent inachevées, et sa famille fut mise à l’écart.
L’ascension d’Abu Bakr et d’Umar
Immédiatement après la mort de Mohammed, deux de ses compagnons, Abu Bakr et Umar, prirent le contrôle et s’instituèrent eux-mêmes dirigeants. Abu Bakr devint le premier calife, alors qu’il n’était pas le successeur désigné par Mohammed. Dans un geste controversé, Abu Bakr alla jusqu’à refuser à Fatima, la fille du Prophète, l’héritage qui lui revenait. L’atteinte à la justice était flagrante, d’autant plus au regard des paroles de Mohammed au sujet de sa fille :
« Fatima est une part de moi : ce qui la contrarie me contrarie, et ce qui la blesse me blesse. »Sahih Al-Bukhari, Al-Bukhari, livre des Compagnons du Prophète, hadith 3714
Les premiers actes de ces soi-disant « califes bien guidés » ont conduit à de profondes fractures dans la communauté musulmane. Les campagnes agressives d’Abu Bakr contre ceux qui refusaient de payer l’impôt et son déni envers la famille du Prophète ont marqué le début d’une longue ère de corruption et de violence au nom de l’islam.
Uthman et la corruption du Coran
Le troisième calife, Uthman, est souvent retenu pour son rôle dans la normalisation du Coran, mais cette action a aussi conduit à des altérations importantes du texte. La découverte du manuscrit de Sanaa en 1979, l’une des plus anciennes versions du Coran, a révélé des différences notables avec la version actuelle, ce qui met en cause l’exhaustivité du Coran d’aujourd’hui. Ce manuscrit, écrit en graphie « rasm » avec seulement 18 lettres distinguables, précède l’alphabet arabe de 28 lettres du Coran actuel. Avec le temps, cela a entraîné des erreurs importantes, comme on le voit dans le verset controversé sur le châtiment du vol. Le mot « faqata’u » signifie « couper », mais, avec le changement d’une seule lettre, il pourrait signifier « décolorer », ce qui indiquerait que les mains des voleurs devaient être teintes, non amputées.
Des questions se posent aussi sur l’ordre des versets dans le Coran, les premiers versets révélés étant placés dans la sourate 96 plutôt que dans la sourate 1. Et sur des traditions islamiques sahih affirmant que des versets ont été mangés par des chèvres :
« Le verset de la lapidation et de l’allaitement d’un adulte dix fois fut révélé, et la feuille était auprès de moi, sous mon oreiller. Lorsque le Messager de Dieu mourut, nous étions accaparés par sa mort, et un mouton apprivoisé entra et la mangea. »Sunan Ibn Majah, Ibn Majah, livre du Mariage, hadith 1944
De plus, le troisième calife de l’islam, Uthman, ordonna de brûler les versions du Coran qu’il n’approuvait pas — ce qui présente une similitude frappante avec ce qui s’est passé après le concile de Nicée.
« Uthman envoya à chaque province musulmane un exemplaire de ce qu’ils avaient copié, et ordonna que tous les autres matériaux coraniques, qu’ils fussent écrits sur des manuscrits fragmentaires ou en exemplaires entiers, soient brûlés. »Sahih Al-Bukhari, Al-Bukhari, livre des Mérites du Coran, hadith 4987
La division de l’islam
Cette tentative de déformer le message de Mohammed a provoqué la scission de l’islam en deux grandes branches : les sunnites, qui soutenaient le pouvoir des califes, et les chiites, qui voulaient empêcher la corruption de l’islam et suivre les successeurs que Mohammed avait désignés dans son testament. Le conflit entre ces groupes s’est aggravé, jusqu’au massacre du petit-fils de Mohammed, Hussein, à Karbala, par les forces de Yazid, le souverain de la dynastie omeyyade.
Charles Dickens, méditant sur le martyre de Hussein, a dit un jour :
« Si Husain avait combattu pour étancher ses désirs de ce monde… alors je ne comprends pas pourquoi sa sœur, sa femme et ses enfants l’accompagnaient. Il est donc raisonnable de penser qu’il s’est sacrifié purement pour l’islam. »
Comment de soi-disant musulmans ont-ils pu justifier le meurtre brutal du petit-fils du Prophète, que celui-ci avait lui-même décrit comme « le maître de la jeunesse du paradis » ?
Ce qui est advenu à Hussein a aussi été infligé à ses descendants. Selon les traditions chiites duodécimaines, presque tous les Imams ont été assassinés sur ordre de califes autoproclamés. La plupart auraient été tués par le poison. Certains ont été enlevés et emprisonnés des années avant leur mort.
Nous pouvons le voir : l’histoire de l’humanité est l’histoire d’une bataille entre l’oppresseur et l’opprimé. Ceux qui gagnent écriront l’histoire et imposeront leur récit comme « vérité historique ». Seuls ceux qui questionnent, cherchent et vérifient les faits par eux-mêmes pourront comprendre le tableau d’ensemble.