Quand croire devient un crime : documenter les sévices infligés à des membres de l’AROPL en Iran
Texte lu en français
Nos membres en Iran subissent une persécution continue de la part des autorités iraniennes. Bien que le gouvernement prétende être le véritable adepte de l’Imam Al-Mahdi et gouverner selon les enseignements du prophète Mohammed et de sa maison, il a rejeté l’apparition du Qa’im, Abdullah Hashem Aba Al-Sadiq, en 2015, alors même que celui-ci remplissait les critères et les prophéties reconnus. Depuis lors, les autorités s’en prennent avec acharnement à nos Ansar.
Par Hamidreza Saghari · Traduit de l’anglais


Nos membres en Iran subissent une persécution continue de la part des autorités iraniennes. Bien que le gouvernement se présente comme le véritable partisan de l’Imam Al-Mahdi et prétende gouverner selon les enseignements du Prophète Mohammed et des siens, il a rejeté l’apparition du Qa’im, Abdullah Hashem Aba Al-Sadiq, en 2015, alors même que celui-ci satisfaisait aux critères et aux prophéties reconnus. Depuis lors, les autorités s’en prennent avec acharnement à nos Ansar. Aucun autre gouvernement n’a manifesté une hostilité comparable envers notre religion pacifique.
En Iran, les autorités ont maltraité nos membres à maintes reprises : passages à tabac sévères, menaces de violences sexuelles (y compris contre des mineurs), destruction d’entreprises et de matériel, et demandes de caution atteignant 100 000 dollars américains. Deux cas récents, tous deux survenus en juin 2025, m’ont été rapportés directement et ont été documentés.
Le cas de MHR
MHR est enseignant et cinéaste, originaire de Qom, en Iran. Il est marié et père de famille. Il enseigne l’anglais et a acheté une caméra de cinéma pour se lancer dans la réalisation de films. Avant de tourner, il a choisi de narrer et de traduire des textes religieux liés à la famille du Prophète Mohammed.
Alors qu’il travaillait sur ces documents, YouTube lui a suggéré une vidéo dans laquelle il a vu Abdullah Hashem Aba Al-Sadiq pour la première fois. Après avoir lu et regardé davantage, MHR est devenu convaincu que la Religion Ahmadie de la Paix et de la Lumière était vraie. Il a décidé d’en parler sur son compte Instagram, qui comptait alors plus de 100 000 abonnés. Il s’exprimait souvent en anglais afin de toucher les chrétiens et les musulmans anglophones.
Environ une semaine plus tard, la guerre entre l’Iran et Israël a éclaté. MHR a été convoqué devant le Tribunal spécial du clergé. Il rapporte que des responsables lui ont ordonné de désavouer le prétendant yamani et la Religion Ahmadie de la Paix et de la Lumière. Ils l’ont averti que, s’il continuait à promouvoir l’appel, il pourrait être poursuivi pour « corruption sur terre », « affaiblissement du système » et « trouble à l’ordre et à la sécurité publics ». Il affirme que les autorités présentaient l’appel comme un piège israélien et qualifiaient Aba Al-Sadiq d’agent israélien, en partie à cause du symbole de l’étoile de David et de la revendication de l’héritage du prophète David.
MHR indique être désormais placé sous une forme de contrôle judiciaire. Un juge l’appelle par moments, lui demande des résumés de livres et exige parfois la présence de son père. Il dit avoir été poussé à admettre des choses auxquelles il ne croit pas. Il affirme également que le juge prétendait détenir un enregistrement d’Aba Al-Sadiq lui dictant ce qu’il devait dire, ce qu’il conteste. De fait, MRH n’a jamais parlé directement à Aba Al-Sadiq.

Cette pression a modifié ses projets. Il voulait quitter le pays avec sa famille, mais il pense aujourd’hui devoir partir seul, et rapidement. Il estime que ses appels sont surveillés et ses déplacements suivis. Il rapporte que des personnes liées au gouvernement l’ont accusé d’être un agent israélien entraîné ou un acteur rémunéré, financé par la Religion Ahmadie de la Paix et de la Lumière. Il rejette ces accusations.
En somme, MRH est un jeune père de famille et enseignant qui s’est exprimé publiquement au sujet d’un message auquel il croit. Il dit que ce choix lui a valu des convocations, des menaces de poursuites, la supervision d’un juge et des rumeurs à son encontre. Il espère toujours raconter des histoires comme cinéaste, mais pour l’instant, c’est cette histoire-là qu’il vit.
MK : un témoignage de foi, de détention et de pressions
MK, une Iranienne, raconte que son cheminement a commencé dans l’incrédulité et s’est achevé dans la conviction. Après avoir regardé une vidéo complète d’Aba Al-Sadiq et lu « Le But du Sage », elle dit que sa foi s’est approfondie et qu’elle a prêté allégeance, rejoignant les Ansar. Ses options étant limitées à l’intérieur de l’Iran, elle a commencé à distribuer des tracts pour partager ce qu’elle décrit comme la bonne nouvelle de l’apparition de l’Imam Al-Mahdi.
Selon MK, trois hommes — l’un d’eux se présentant comme un commandant du renseignement — se sont présentés au domicile de son frère et l’ont emmenée dans une base, sans qu’aucune femme officier ne soit présente. Elle fait état de conditions déplorables, d’une chaleur et d’une puanteur qui l’ont rendue malade, et de menaces proférées par le personnel. Après des heures passées seule, elle a été conduite dans une salle d’interrogatoire en présence d’une femme officier et des trois hommes.
MK rapporte que le commandant a exigé de savoir pourquoi elle distribuait des tracts, qui la payait et avec qui elle était en lien, en criant qu’il allait la « remettre dans le droit chemin ». Elle déclare qu’ils ont examiné son compte Instagram et l’ont pressée de questions sur ses « complices », ce qu’elle a nié, affirmant avoir agi seule. Lorsqu’elle a invoqué le testament du Prophète et la bannière « Al-Bay‘ah lillah », on lui a répondu que le testament n’était pas accepté et on lui a demandé comment elle pouvait prouver autrement sa prétention. Elle a répondu que, depuis l’enfance, elle souhaitait voir l’Imam et qu’elle croyait désormais ce souhait exaucé. Elle dit avoir ensuite été envoyée dans un centre de détention.
MK rapporte que son état de santé s’est dégradé en détention ; elle a pleuré, a reçu une perfusion après plusieurs heures et n’a pas pu dormir. Elle affirme que des agents lui ont extorqué le mot de passe de son téléphone, puis l’ont conduite au tribunal, où un juge a répété l’interrogatoire et l’a inculpée de « trouble à l’opinion publique » (et d’un autre chef dont elle ne se souvient pas). On lui a annoncé qu’il lui fallait 300 millions de tomans de caution pour une libération provisoire. Faute de fonds, elle a été renvoyée en détention, où, dit-elle, ses douleurs se sont aggravées et ses appels sont restés sans réponse.
Sa famille a cherché une garantie ; une licence de pêche a été refusée. C’était un jeudi (le vendredi étant férié) et, à ce qu’elle raconte, le tribunal a finalement saisi la voiture de son frère comme garantie et l’a acceptée. Ce soir-là, un juge est venu au centre de détention et a autorisé sa libération, en lui ordonnant de se présenter au tribunal.
MK raconte qu’au tribunal, le juge a fait évacuer la salle, lui a dit qu’un autre juge la condamnerait à l’exécution, tandis que lui ramènerait la peine à cinq ans d’emprisonnement, puis l’« aiderait » en l’abaissant à « deux ans, plus trois ans de “service” ». Elle allègue que le juge lui a saisi la main, l’a fixée dans les yeux, l’a accusée de ne manifester aucun remords et — sous prétexte de vérifier qu’elle ne portait pas d’appareil d’enregistrement — l’a touchée de l’épaule à la cheville. Elle décrit un sentiment de sidération et de détresse, et dit avoir redouté ce que pouvaient recouvrir ces « trois ans de service ». « Je n’ai pas fui la prison », a-t-elle déclaré par la suite. « J’ai fui une agression. »
Tout au long de son récit, MK se présente comme une croyante dont l’expression de la foi — regarder des contenus religieux, lire un livre, distribuer des tracts — a conduit à la détention, à l’interrogatoire, à la contrainte et à l’intimidation. Elle soutient avoir agi seule, n’avoir nui à personne et n’avoir cherché qu’à partager un message. Son témoignage comporte de graves allégations de mauvais traitements et de manquements judiciaires qui, si elles étaient vérifiées, soulèveraient de lourdes inquiétudes quant au respect des droits de la défense, aux conditions de détention et au traitement des femmes en garde à vue.
La déclaration de MK laisse entendre qu’elle a été libérée sous caution, garantie par le véhicule de son frère, et qu’elle demeure exposée à de nouvelles poursuites. Elle dit craindre de retourner en détention, compte tenu des manquements allégués et des menaces implicites entourant ce « service ».