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Manifestation pacifique à Genève pour la liberté religieuse

Texte lu en français

Des adeptes de l’AROPL venus d’Europe francophone se rassembleront à Genève pour protester contre la persécution des membres de l’AROPL en Jordanie.

Par Hadil El-Khouly · Traduit de l’anglais

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Genève, Suisse — Le 20 décembre, des adeptes de la Religion ahmadie de la paix et de la lumière venus de toute l’Europe francophone se rassembleront à Genève pour protester pacifiquement contre la persécution continue des membres de la Religion ahmadie de la paix et de la lumière en Jordanie. Cette démonstration de solidarité vise à mettre en lumière les graves injustices subies par les communautés ahmadies dans les pays à majorité musulmane et à demander des comptes aux autorités jordaniennes pour la violation de la liberté religieuse.

La Religion ahmadie de la paix et de la lumière, mouvement religieux dont les croyances divergent des vues musulmanes traditionnelles, est la cible d’une répression et d’intimidations systématiques en Jordanie. Cette oppression a atteint un point critique le 25 juillet 2024, lorsque six membres de la communauté ahmadie ont été arrêtés alors qu’ils menaient paisiblement un travail missionnaire dans le quartier de Tla Ali, à Amman.

Les détenus — Issa Mahmoud Abd Al-Rahman Abu Shahin, Fadi Mostafa Mohamad Alyan, Yahya Hassan Abdullah Jabir, Omar Mahmoud Abd Al-Rahman Abu Shahin, Yahia Abedelmajeed Mahmoud Berjawi et Maryam Jabir Sabir Al-Debaji — ont été poursuivis au titre de l’article 150 du Code pénal jordanien pour « atteinte aux sentiments religieux d’autrui » et « incitation à la discorde confessionnelle ». Selon les informations disponibles, ils ont subi des interrogatoires éprouvants, des menaces de perte d’emploi et une mise à l’isolement dans des conditions carcérales épouvantables, le tout pour réprimer leurs convictions. Des autorités religieuses les ont dénoncés comme « hérétiques », ce qui a conduit l’appareil de sécurité nationale à imposer des mesures de surveillance strictes. Il leur est interdit de se réunir, de communiquer entre eux ou d’exprimer publiquement leur foi, ce qui réduit de fait leur pratique religieuse au silence.

Le sort de Maryam Jabir Sabir Al-Debaji est particulièrement préoccupant. D’abord sur le point d’être libérée, elle a vu sa libération reportée après avoir affirmé sa foi, avant d’être finalement poursuivie aux côtés de ses compagnons. Ces arrestations, s’ajoutant à une répression plus large, témoignent d’un schéma inquiétant de discrimination et de harcèlement qui viole les engagements constitutionnels et internationaux de la Jordanie en matière de liberté religieuse.

En 2020, les autorités jordaniennes avaient même fermé la chaîne satellitaire de la Religion ahmadie de la paix et de la lumière, privant de voix des centaines de milliers de téléspectateurs au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Les manifestants de Genève appellent le gouvernement jordanien à :

  1. Abandonner toutes les charges retenues contre les six détenus arrêtés le 25 juillet 2024 et mettre fin à leurs poursuites.
  2. Garantir le libre exercice de la religion pour la communauté ahmadie, tel qu’il est prévu par les articles 6 et 14 de la Constitution jordanienne.
  3. Respecter l’article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) des Nations unies, qui protège la liberté de religion ou de conviction.

Cette affaire a déjà été soulevée lors de la cinquante-septième session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, en septembre 2023, dans une déclaration écrite soumise par la Coordination des associations et des particuliers pour la liberté de conscience, organisation non gouvernementale dotée du statut consultatif spécial. Plusieurs organisations de défense des droits humains de premier plan, des défenseurs de la liberté religieuse, des universitaires et des spécialistes des études religieuses en Europe et au Royaume-Uni ont condamné cette persécution religieuse visant les membres ahmadis en Jordanie, dans une lettre ouverte adressée aux autorités jordaniennes.

Comme l’a déclaré avec émotion un membre ahmadi : « Nous ne demandons pas un traitement de faveur. Nous demandons simplement le droit de pratiquer notre foi en paix, sans crainte de persécution ni d’emprisonnement. Est-ce trop demander au XXIe siècle ? »