Persécution6 min de lecture

La Malaisie doit-elle persécuter les partisans de la Religion ahmadie de la paix et de la lumière ?

Texte lu en français

La Malaisie est critiquée pour la persécution des membres de la Religion ahmadie de la paix et de la lumière, ce qui met en lumière des inquiétudes sur la liberté religieuse et les atteintes aux droits humains.

Par Maznan Othman Bin Ahmed · Traduit de l’anglais

Ma bibliothèque

Le soir du samedi 29 juillet 2023, le temps au cœur de Kuala Lumpur était lumineux et ensoleillé. Comme à l’accoutumée, les rues étaient bondées sur Tuanku Abdul Rahman Road. Au milieu de cette agitation, huit hommes se sont avancés avec audace vers l’esplanade du bâtiment Sogo. Personne ne soupçonnait que, ce soir-là, ils changeraient le destin de la Malaisie.

Ces huit hommes sont des partisans de la Religion ahmadie de la paix et de la lumière. Dans la capitale de la Malaisie, ils ont organisé un rassemblement pacifique pour défendre les droits de la communauté LGBTQ.

Ils ne se déclarent pas LGBTQ, mais ils estiment qu’en Malaisie cette communauté est opprimée et privée de ses droits fondamentaux. Ces huit hommes sont exaspérés par les autorités religieuses progouvernementales qui persécutent la communauté LGBTQ et d’autres groupes minoritaires. Ils estiment que les institutions religieuses ont injustement puni la communauté LGBTQ, faisant ainsi paraître la religion injuste. Ils savent aussi que les véritables adversaires de la religion et de la justice divine sont les savants religieux qui s’opposent à la souveraineté de Dieu et rejettent la direction des Ahlul-Bayt du Prophète.

Manifestants de l’AROPL en Malaisie

Tout en agitant une bannière noire portant le logo de l’« étoile de David » et les mots « La Religion ahmadie de la paix et de la lumière », les huit hommes ont crié : « On ne devrait pas persécuter les gens à cause de leur orientation sexuelle », « À bas, à bas le tribunal de la Charia ! » et « Dieu seul peut juger ». Leurs cris retentissants ont poussé la police de Dang Wangi à accourir et à mettre fin au rassemblement. Au milieu de la foule, les policiers ont agi promptement pour les arrêter et les placer dans un fourgon. Le chaos s’est ensuivi. En un instant, le temps naguère lumineux et ensoleillé est devenu lugubre et sombre. En un clin d’œil, la nouvelle de leur arrestation a commencé à se répandre. Les masses, influencées par des dirigeants religieux, se sont mises à maudire les porteurs de la bannière noire qui défendaient la communauté LGBTQ. Les réseaux sociaux se sont emplis de malédictions et de menaces, beaucoup appelant même à les exécuter.

Les huit hommes qui ont dénoncé avec audace les institutions religieuses et la Charia islamique de Malaisie sont Azizul bin Rebu, Muhammad Danial bin Azizul, Mohd Ramli bin Md Yusof, Maznan bin Othman, Mohamad Shahrunizam bin Ilias, Mohamad Safwan bin Ahmad, Muhammad Nasaie bin Abd Rahman et Ahmad Bukhari bin Bakkery. Tous ont été arrêtés et interrogés par la police et par le Département religieux des Territoires fédéraux.

8 Malaisiens arrêtés pour une manifestation pacifique
Photos d’arrestation des 8 manifestants pacifiques

Le 3 août 2023, le journal Harian Metro a rapporté que les muftis de Pahang et de Kelantan avaient déclaré la religion ahmadie hors des enseignements de l’islam et ses partisans apostats, en pressant les autorités d’infliger la peine la plus dure possible. Les communautés islamiques, suivant les savants religieux, ont immédiatement répandu la condamnation des défenseurs de la communauté LGBT et fait pression sur les autorités pour qu’elles infligent une sanction. Dans le même temps, des prédicateurs indépendants à travers le pays ont continué de répandre des calomnies incitant les gens à maudire la communauté LGBT et ceux qui la soutiennent. Ustaz Mat Ropa, prédicateur indépendant renommé en Malaisie, a décrit les huit hommes comme des agents étrangers recevant une rémunération substantielle des ennemis de l’islam pour saper la foi de son peuple. Ce savant religieux a appelé le public à rejeter une religion qui défend les droits LGBT, en soutenant qu’elle mine la stabilité et l’unité de la nation.

Le 4 août 2023, cependant, le chef de la police de Kuala Lumpur a annoncé que le dossier d’enquête avait été préparé et transmis au Procureur général pour suite à donner. De ces développements, il est devenu clair que le sort des huit hommes défendant les droits de la communauté LGBT était gravement menacé. Sur le conseil d’avocats d’ONG, ils ont été contraints de quitter sur-le-champ leurs enfants, leurs épouses et leurs familles bien-aimées, émigrant hors du pays pour leur sécurité et pour leur foi.

Un croyant de l’AROPL et sa famille

Fils aîné, Ramli, 55 ans, a quitté avec tristesse sa mère âgée, dont il s’était occupé près de 30 ans. Il a dû demander à son frère de prendre le relais. Shahrunizam, 47 ans, a lui aussi versé des larmes d’être séparé de ses deux parents souffrants. Safwan, 39 ans, a subi des violences physiques de son père pour avoir refusé de revenir à l’islam sunnite. Sa femme et ses cinq enfants étant à la charge de ses parents, Safwan n’a eu d’autre choix que de les laisser derrière lui. De même, Bukhari, 39 ans, s’est retrouvé dans la même situation, laissant sa femme et ses cinq enfants. De même encore, Nasaie, 35 ans, et Maznan, 57 ans, ont dû faire leurs adieux à leurs familles bien-aimées, comprenant que « la vérité coûte cher ».

Le ministre malaisien des Affaires religieuses dénonce l’AROPL et interdit des plateformes de réseaux sociaux
Le ministre malaisien des Affaires religieuses dénonce l’AROPL et la MCMC interdit des plateformes de réseaux sociaux

Plus récemment, le gouvernement malaisien, par l’intermédiaire de la MCMC (Malaysian Communications & Multimedia Commission), a bloqué l’accès au site de la religion, à son principal réseau social en malais (TikTok) et à des vidéos sur YouTube, privant son peuple du droit de recevoir le message universel de la Religion ahmadie. À l’évidence, un gouvernement sunnite qui prétend défendre la liberté d’expression a imité les gouvernants mêmes qui se sont opposés par le passé à des prophètes comme Noé, Abraham et le prophète Mohammed. Le ministre du Département du Premier ministre (Affaires religieuses), Datuk Dr Mohd Na’im Mokhtar, a tenté de « boucher les oreilles » des Malaisiens pour les empêcher d’entendre le message de l’Imam Al-Mahdi, qui répand la vérité et la justice dans le monde entier. Les actes du gouvernement malaisien et des savants religieux ressemblent à ceux du peuple du prophète Noé, qui se bouchait les oreilles parce qu’il détestait entendre la vérité.

Le gouvernement malaisien doit-il continuer de persécuter les partisans de la Religion ahmadie de la paix et de la lumière, qui obéissent à la direction des successeurs de la Sainte Maison du Prophète et défendent « L’humanité avant la religion » ? La Malaisie doit-elle continuer d’excommunier les amoureux de la vérité et de la justice pour les empêcher d’obéir à l’Imam Mahdi, dont la venue a été prophétisée par toutes les religions abrahamiques ? La Malaisie doit-elle continuer de bloquer les voix d’Aba Al-Sadiq sur TikTok et YouTube ?

Abdullah Hashem, qui appelle l’humanité à monter dans l’arche du salut des Ahlul-Bayt, alors que le monde est sur le point d’affronter le désastre final des temps de la fin ? Toutes les prophéties sur la venue du désastre ne sont-elles pas consignées dans tous les livres religieux du monde ? Et enfin, les savants religieux de Malaisie, qui connaissent la gloire des Ahlul-Bayt et la venue de l’Imam Mahdi, doivent-ils continuer de dissimuler la vérité et de tenter de faire prévaloir le mensonge, pour la seule raison de ne pas perdre leurs gains de ce monde ? Le doivent-ils ?